La formation des mots

Bibliographie raisonnée

Michèle FRUYT

Université de Paris-Sorbonne (Paris 4)


§ 20. Les suffixes formant à la fois des substantifs et des adjectifs

20.1. Le suffixe -nus < *-no-

  • KIRCHER-DURAND Chantal, 1982 : Les noms en -nus, -na, -num du latin classique, Université de Nice, Centre de Recherches sur les langues de la Méditerranée ancienne, document n°7. Thèse de l’Université de Nice (Publication de la thèse de Doctorat d’Etat soutenue à Nice en juin 1981).
  • KIRCHER-DURAND Chantal, 2002 : “Les dérivés en -nus, -na, -num”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), Création lexicale: la formation des noms par dérivation suffixale, = Grammaire fondamentale du latin tome IX, Louvain-Paris, Peeters, p. 125-151.

20.2. Le suffixe de "diminutif"

Voir ci-dessus les suffixes formant des substantifs et les suffixes formant des adjectifs.

  • HANSSEN Jens S., 1952 : Latin Diminutives : A Semantic Study, Bergen.
  • ZUCHELLI B., 1969 : Studi sulle formazioni latine in -lo- non diminutive e sui loro rapporti con i diminutivi, Parma.
  • ZUCHELLI B., 1969 : “Sull’origine della funzione diminutiva del suffisso -lo- in latino”, in Studi linguistici in onore di V. Pisani, Brescia, p. 1075-1100.
  • GAIDE Françoise, 1988 : “Les ‘formes élargies’ du ‘latin vulgaire’ : un cas très particulier de dérivation”, Latomus 47, p. 584-592.
  • FRUYT Michèle, 1989 : “Etude sémantique des ‘diminutifs’ latins : les suffixes -ulus, -culus, - ellus, -illus désubstantivaux et déadjectivaux”, in M. Lavency & D.Longrée (éds.), Actes du 5e Colloque international de Linguistique latine, Louvain-la-Neuve et Borzée (31 mars-4 avril 1989), Louvain-la-Neuve, Cahiers de l’Institut de linguistique de Louvain n° 15, Louvain, Peeters, p. 127-138.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 107. Cet ouvrage cite les adjectifs : aureolus (aureus), misellus (miser), bellus, pulchellus (pulcher), tenellus (tener).
  • GAIDE Françoise, 1992 : “Les diminutifs en -lus, -la, -lum”, Revue de Philologie 66, p. 15-27.
  • GAIDE Françoise, 2002 : “Les diminutifs en -lus, -la, -lum”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), 2002, Création lexicale : la formation des noms par dérivation suffixale, = Grammaire fondamentale du latin tome IX, Louvain-Paris, Peeters, p. 111-123.
  • LOPEZ-GREGORIS M. del Rosario, 2005 : “El uso del diminutivo en el lenguaje técnico latino”, Revista de Estudios Latinos 5 (Sociedad de Estudios Latinos), p. 75-96.
  • LOPEZ-GREGORIS M. del Rosario, 2005 : “El diminutivo en el lenguaje mágico y sus implicaciones en el uso prescrivo de la lengua”, communication au 13e Colloque international de Linguistique latine, en 2005 à Bruxelles (en attente de publication).
  • FRUYT Michèle, 2005 : “La (dés)-intensification dans les adjectifs latins : les morphèmes de degré”, in G. Calboli (éd.), Papers on Grammar 9, 1, Roma, Herder Editrice, p. 231-243.
  • LÓPEZ-GREGORIS M. del Rosario, 2012 : “El uso del ‘diminutivo’ como recurso expresivo, de Poenulus a Querolus”, in F. Biville, M.-K. Lhommé & D. Vallat (éds.), Latin vulgaire - latin tardif X (Actes du 10e Colloque international sur le latin vulgaire et tardif, Lyon, 2-6 septembre 2009), Lyon, Maison de l’Orient et de la Méditerranée (n°49, Série linguistique et philologique n° 8), p. 679-691.
  • BIVILLE Frédérique, 2014 : “Du sens des diminutifs dans le lexique latin de l’instrumentum medicum”, in I. Boehm & N. Rousseau (éds.), L’expressivité du lexique médical en Grèce et à Rome. Hommage à Françoise Skoda, Paris, PUPS (collection Hellenica), p. 87-99.
  • FRUYT Michèle, 2014 : “Aspects de la phytonymie en latin”, in I. Boehm & N. Rousseau (éds.), L’expressivité du lexique médical en Grèce et à Rome. Hommage à Françoise Skoda, Paris, PUPS (collection Hellenica), p. 101-114.

20.3. Le suffixe -ārius, -a, -um et -ārius, -i

  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 108. Cet ouvrage cite les termes : argentarius (argentum), ferrarius (ferrum), frumentarius (frumentum).
  • ARIAS-ABELLAN Carmen, 2002 : “Les dérivés latins en -arius”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), 2002, Création lexicale : la formation des noms par dérivation suffixale, = Grammaire fondamentale du latin tome IX, Louvain-Paris, Peeters, p. 161-184.
  • GARCIA-HERNANDEZ Benjamin, 2006 : “L’évolution du suffixe -arius vers l’expression du destinataire dans la langue juridique”, in J.-P. Brachet & C. Moussy (éds.), 2006 : Latin et langues techniques, Paris, PUPS, p. 221-231.
  • KIRCHER-DURAND Chantal, 2015 : “Les formations latines en -arius et les formations françaises en -ier”, in G. Haverling (éd.), Latin Linguistics in the Early 21st Century (Acts of the 16th International Colloquium on Latin Linguistics, Uppsala, June 6th-11th 2011), Uppsala, Acta Universitatis Upsaliensis, Studia Latina Upsaliensia 35, p. 96-107.

20.4. Le suffixe agentif -lus / -ŭlus (adjectifs et adjectifs substantivés)

Il s’agit du type bibulus, -a, -um “qui boit” (à côté de bibere “boire”), fĭgŭlus, -i M. “potier, celui qui travaille l’argile” (à côté de fingere “façonner, modeler”) est formé à partir d’un suffixe agentif en *-lo-.

  • ZUCHELLI B., 1969 : “Sull’origine della funzione del suffisso -lo- in latino”, in Studi linguistici in onore di V. Pisani, Brescia, p. 1075-1100.
  • ZUCHELLI B., 1970 : Studi sulle formazioni latine in -lo- non diminutive e sui loro rapporti con i diminutivi, Parma, Istit. di letter. lat. Parma. (Cet ouvrage traite du lien entre le type bibulus et le type anniculus et introduit une comparaison avec des formations analogues dans d’autres langues i.-e.).
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 109. Cet ouvrage cite : bibulus (bibere), credulus (credere).

20.5. Substantifs et adjectifs en -āster : un suffixe atténuatif ou dépréciatif

Voir ci-dessus le suffixe -aster formant des substantifs et le suffixe -aster formant des adjectifs. Ce suffixe ne change pas la catégorie grammaticale de sa base de suffixation. Il forme un substantif sur un autre substantif et un adjectif sur un autre adjectif. Il a donc une fonction sémantique et il est porteur de sèmes. Il s’agit essentiellement d’un sème d’approximation. Pour un substantif, il signifie littéralement « sorte de X ». Et il est péjoratif puisqu’une entité qui est une sorte de X n’est pas un X et qu’elle est seulement une mauvaise imitation de X. Sur un substantif, il s’agit du type : Antonius « Antoine » –> Antoni-aster pour un personnage qui imite Antoine (Cic. apud Quint. 8, 3, 22). Sur un adjectif, il s’agit d’une approximation minorative et donc péjorative. C’est le type : surdus « sourd, qui n’entend pas » (et « qui n’est pas sonore, assourdi, faible, qu’on entend mal ») –> surd-aster « un peu sourd, dur d’oreille » (Cic. Tusc. 5, 116).

  • RYBOLT J. E., 1971 : ”-aster, a Latin suffix”, Classical Folia 25, 1971, p. 303-319.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 107. Cet ouvrage cite surdaster (surdus).

20.6. Le suffixe -tōrius

Le suffixe -tōrius, -a, -um forme des adjectifs qui sont souvent substantivés dans les vocabulaires techniques et dans la toponymie. Il résulte de la soudure du suffixe d’agent productif dé-verbal -tor (-tōris) M. et du suffixe d’adjectif dé-substantival productif dans le domine social et politique : -ius, -a, -um (présent, par exemple, dans rēg-ius sur rēx “roi”).

  • NIETO-BALLESTER Emilio, 2008 : “Ongotituero (Linás de Broto), Bernatuara (Torla), Tripilituara (Hoz de Jaca) : sustantivos latino-romances derivados en -toriu y en -toria en la toponomia de Husca”, in R. Wright (éd.), Latin vulgaire, latin tadif VIII (Actes du 8e Colloque international de Latin vulgaire et tardif, Oxford, 6-9 septembre 2006), Hildesheim, Olms-Weidmann, p. 263-269.