Warning: session_write_close() [function.session-write-close]: write failed: Disk quota exceeded (122) in /var/www/clients/client6/web37/web/doku.php on line 81

Warning: session_write_close() [function.session-write-close]: Failed to write session data (files). Please verify that the current setting of session.save_path is correct (/var/lib/php5) in /var/www/clients/client6/web37/web/doku.php on line 81

Warning: Cannot modify header information - headers already sent by (output started at /var/www/clients/client6/web37/web/doku.php:81) in /var/www/clients/client6/web37/web/inc/actions.php on line 162
formation_des_mots:18._les_suffixes_formant_des_substantifs [Dictionnaire Historique et Encyclopédie Linguistique du Latin]
 

La formation des mots

Bibliographie raisonnée

Michèle FRUYT

Université de Paris-Sorbonne (Paris 4)


§ 18. Les suffixes formant des substantifs

18.1. Les monographies synthétiques

Une série de thèses de l’Ecole française (ou plutôt francophone, puisque cela inclut la thèse d’Henri Quellet de Neuchâtel, Suisse) de suffixation depuis les années 1960 a traité des suffixes latins formant essentiellement des substantifs et des adjectifs.

Ces études suffixales faisaient suite aux travaux plus anciens d’Emile Benveniste et notamment aux ouvrages :

  • BENVENISTE Emile, 1935 : Origines de la formation des noms en indo-européen, Paris, Maisonneuve.
  • BENVENISTE Emile, 1948 : Noms d’agents et noms d’action en indo-européen, Maisonneuve, Paris.

Ce dernier livre traitait des termes latins suffixés en -tio, -tionis F, -tus, -tus M et -tor, -toris M.

Pour davantage de détails, voir ci-dessous §18.2.

L’école francophone de suffixation latine a donc donné lieu à une série de thèses, qui sont par ordre chronologique :

  • PERROT Jean, 1961 : Les dérivés latins en -men et -mentum, Paris, Klincksieck.
  • QUELLET Henri, 1969 : Les dérivés latins en -or, Paris, Klincksieck.
  • MIGNOT Xavier, 1969 : Les verbes dénominatifs latins, Paris, Klincksieck.
  • SERBAT Guy, 1975 : Les dérivés nominaux latins à suffixe médiatif, Paris, Belles Lettres.
  • KIRCHER-DURAND Chantal, 1982 : Les noms en -nus, -na, -num du latin classique, Université de Nice, Centre de Recherches sur les langues de la Méditerranée ancienne, document n°7 (Publication de la thèse de Doctorat d’Etat soutenue à Nice en juin 1981).
    (On en trouvera un résumé dans Ch. Kircher-Durand (éd.) 2002 : La création lexicale en latin, Peeters).
  • FRUYT Michèle, 1986 : Problèmes méthodologiques de dérivation à propos des suffixes latins en . . . cus, Paris, Klincksieck / Publications de la Sorbonne (Publication de la thèse de Doctorat d’Etat soutenue le 16-6-1982 à Paris 4 sous le titre : Les dérivés latins en *-ko- à l’époque républicaine).
    (Voir un résumé partiel dans Ch. Kircher-Durand (éd.) 2002 : La création lexicale en latin, Peeters).
  • DAUDE Jean, 1985 (thèse inédite) : Les dérivés abstraits de qualité en latin : suffixes en -ia (-ies), -itia (-ities), monia (-monium), -ntia, -tus, tudo et -tas. Etude lexicographique, morphologique et sémantique, Thèse de Doctorat d’Etat, Université de Paris 3, soutenue en 1985, 4 volumes, inédit.
    Voir le résumé de cette thèse, rédigé par Ch. Kircher-Durand : DAUDE Jean, 2002 : “Les substantifs abstraits de qualité”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), Création lexicale : la formation des noms par dérivation lexicale (= Grammaire fondamentale du latin, Tome IX), Louvain-Paris, Peeters, p. 225-305.
  • GAIDE Françoise, 1988 : Les substantifs masculins en -(i)o, -(i)onis, Louvain-Paris, Peeters. (Publication de la thèse de Doctorat d’Etat).
    (Voir le résumé dans Ch. Kircher-Durand (éd.) 2002 : La création lexicale en latin, Peeters).

En plus des thèses mentionnées ci-dessus, plusieurs études sur les substantifs et adjectifs suffixés furent regroupées par Ch. Kircher-Durand (éd.) en 2002 : La création lexicale en latin, Peeters.

En plus des monographies résultant de thèses, l’Ecole française a fourni à la même période de nombreux articles sur la suffixation en latin. On peut citer, en particulier, les travaux de Jacques André sur les emprunts suffixaux faits par le latin au grec, qui concernent directement le lexique latin puisqu’ils sont parfois venus gonfler des formations latines préexistantes :

  • ANDRÉ Jacques, 1971 : Emprunts et suffixes nominaux en latin, Genève, Droz.
  • ANDRÉ Jacques, 1972 : “Les emprunts en -iăcus”, Revue de Philologie 46, 1, p. 21-28.

J. André a également écrit sur des suffixes latins non empruntés au grec :

  • ANDRÉ Jacques, 1972 : “Les dérivés latins en -ācus”, Revue de Philologie 46, p. 29-32.

Auparavant, dans la génération antérieure, Alfred Ernout avait déjà traité à de nombreuses reprises de questions suffixales portant sur le latin, de sorte qu’elles pourraient être considérées comme caractéristiques de la tradition philologique et linguistique des latinistes français au XXe siècle :

  • ERNOUT Alfred, 1940 : “Senex et les formations en *-k- du latin”, Bulletin de la Société de Linguistique de Paris 41, p. 92-128 ( = Philologica I, p. 133-164).
  • ERNOUT Alfred, 1941 : “Les noms en -ago, -igo, -ugo en latin”, Revue de Philologie 15, p. 81-111.
  • ERNOUT Alfred, 1954 : Aspects du vocabulaire latin, Paris, Klincksieck.
  • ERNOUT Alfred, 1916 : Philologica tome I, Paris, Klincksieck ; 1957 : tome II ; 1965 : tome III.
  • ERNOUT Alfred, 1968 : “Les adjectifs latins en -ernus, -urnus, -inus (et -ternus, -turnus, -tinus)”, Revue de Philologie 42, p. 207-215.

Bien que les travaux de Jules Marouzeau soient actuellement surtout connus pour la stylistique et la syntaxe, ce savant est aussi l’auteur d’études sur la suffixation latine :

  • MAROUZEAU Jules, 1920 : “Notes sur la formation du latin classique” IV, “La dérivation”, Mémoires de la Société de Linguistique de Paris 22, p. 174-181.
  • MAROUZEAU Jules, 1949 : Quelques aspects de la formation du latin littéraire, Paris, Klincksieck.

Les suffixes latins furent également concernés, au sein de l’Ecole française ou francophone, par des études sur les langues indo-européennes anciennes dans la perspective de la grammaire comparée, par exemple :

  • HAUDRY Jean, 1971 : “Le suffixe indo-européen *-men”, Bulletin de la Société de Linguistique de Paris 66, p. 122-124.
  • SANDOZ Claude, 1973 : “Les dérivés en i.-e. *-k(o)-“, Universität Bern, Institut für Sprachwissenschaft, Arbeitspapiere n°10, Opuscules de gramm. IE II, p. 9-17.
  • HAUDRY Jean, 1981 : “La dérivation en indo-européen”, L’information grammaticale 8, janvier 1981, p. 3-11.

Toujours dans l’Ecole française, même les spécialistes de linguistique générale ont pu écrire sur la suffixation en latin, tel André Martinet, dont les travaux les plus célèbres concernent la phonologie ainsi que d’autres domaines de la linguistique générale :

  • MARTINET André, 1955 : “Le couple senex-senatus et le suffixe *-k-“, Bulletin de la Société de Linguistique de Paris 51, p. 42-56.

Xavier Mignot, spécialiste de linguistique latine et de linguistique générale, en plus de sa monographie sur les verbes dénominatifs latins, est l’auteur de plusieurs travaux sur les suffixes dans les langues i.-e. anciennes :

  • MIGNOT Xavier, 1972 : “Considérations sur l’étude sémantique des suffixes dans les langues anciennes”, in Mélanges de linguistique et de philologie grecque offerts à Pierre Chantraine, Paris, Klincksieck, p. 123-137.

Parallèlement aux travaux sur la suffixation en latin, l’Ecole française ou francophone fournit dans la même période des travaux sur la suffixation en grec dans la même collection chez Klincksieck :

  • REDARD G., 1949 : Les noms grecs en –της, -τις , Paris, Klincksieck.
  • PERPILLOU Jean-Louis, 1973 : Les substantifs grecs en -εύς, Paris, Klincksieck.

Nous pouvons, à présent, dans les paragraphes suivants, citer les principaux travaux effectués sur les suffixes latins qui ont été les plus étudiés, soit parce qu’ils étaient les plus productifs, soit parce que, sans être productifs, ils formaient des termes fondamentaux dans le lexique latin, soit, encore, parce qu’ils relevaient d’une formation indo-européenne bien établie.

18.2. Les suffixes -tiō (-tiōnis) F. et -tus (-tūs) M.

Les suffixes de noms de procès -tiō, -tiōnis F. et -tus, -tūs M. peuvent aussi former des substantifs de sens concret. Ils firent l’objet d’une étude célèbre d’Emile Benveniste :

  • BENVENISTE Emile, 1948 : Noms d’agent et noms d’action en indo-européen, Paris, Maisonneuve.

Dans cet ouvrage, E. Benveniste tenta d’opposer ces suffixes en leur prêtant deux valeurs différentes en indo-européen, valeurs reflétées, selon lui, en latin. Le suffixe i.-e. *-ti-, qui a donné lat. -tiō avec un renforcement, dénoterait, selon E. Benveniste, le procès de la base avec une valeur de potentialité, alors que i.-e. *-tu- , qui a donné lat. -tus, -tus M., correspondrait à un procès occasionnel. Ainsi oppose-t-il en latin les substantifs faits sur la même base avec respectivement les deux suffixes : actio vs actus, motio vs motus, satio vs satus, secessio vs secessus, etc. En outre, le suffixe i.-e. *-ti- (lat. -tio), serait couplé avec les noms d’agent i.-e. en *-ter à vocalisme e, tandis que le second suffixe, i.-e. *-tu- (lat. -tus), serait couplé avec les noms d’agent i.-e. en *-tor à vocalisme o, représentés par les noms d’agent en -tor en latin.

On pourra lire une critique de cette position benvenistienne pour les faits attestés en latin dans :

  • FRUYT Michèle, 1992 : “Les principes méthodologiques d’Emile Benveniste dans Noms d’agent et noms d’action en indo-européen”, LINX 26, 1992, 1, p. 159-171.
  • FRUYT Michèle, 1996 : “Noms de procès en latin : évaluation des positions benvenistiennes dans Noms d’agent et noms d’action en indo-européen”, in H. Rosén (éd.), Aspects of Latin, Papers from the Seventh International Colloquium on Latin Linguistics (Actes du 7e Colloque international de Linguistique latine, Jérusalem, 19-23 avril 1993), 1996, Innsbrucker Beiträge zur Sprachwissenschaft, Innsbruck, p. 193-206.

Voir aussi pour ces deux suffixes :

  • SINIC’A V. G., 1979 : “Dalla storia dei termini medici latini che finiscono in -tio (-sio)”, Pytann’a Klasycnoji Filolohiji 16, p. 70-75.
  • FRUYT Michèle, 2002 : “Les noms de procès en latin archaïque : les substantifs en -tio, -tus, -tura”, in P. Defosse (éd.), Hommages à Carl DEROUX, Collection Latomus, volume 267, Editions Latomus, Bruxelles.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 106. Cet ouvrage cite les termes : actio, rectio, scriptio, laudatio, auditio, quaesitio, etc. ; cantus, status, etc.

Les substantifs en -tio, parce qu’ils constituaient une formation suffixale productive, ont fait l’objet de nombreuses études portant sur les emplois de termes particuliers dans différents domaines du lexique latin :

  • FLOBERT Pierre, 1981 : « Observations sur les emplois grammaticaux de significatio », Revue de Philologie 55, p. 25-32.
  • MOUSSY Claude, 1996 : ”Oratio, sermo, contentio”, in J. Dangel & C.Moussy (éds.), Les structures de l’oralité en latin, Paris, PUPS, p. 35-44.
  • SÁNCHEZ-MANZANO M. Asunción, 2014 : “Semántica y uso de la palabra intentio en la retórica y en la filosofía”, in C. Cabrillana & C. Lehmann (éds.), Acta XIV Colloquii Internationalis Linguisticae Latinae, Madrid, Ediciones Clásicas, p. 103-114.

Le suffixe -tus (-tūs) M. a donné lieu en latin à un groupement de mots où il changea de fonction et devint dé-substantival pour former des noms de fonctions et de magistratures en -ātus (-ātūs) M. du type : consul “consul” –> consul-ātus M. “consulat, fonction de consul”.

Voir aussi pour le suffixe -tus, -tūs M. :

  • CUPAIUOLO Fabio, 1991: Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 105. Pour le suffixe -atus dé-substantival, cet ouvrage cite les termes : principatus sur princeps, dominatus sur dominus.

THOMAS Jean-François, 2015 : “Metuere – metus et timere – timor aux époques préclassique et classique”, dans les Actes du colloque La peur dans l’Antiquité organisé par S. Longeray-Coin et D. Vallat à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne en juin 2013.
(Voir aussi dans le DHELL, 1ère partie “Lexique latin”, 2e sous-partie “Domaines sémantiques”.)

Pour le suffixe *-tu- grammaticalisé dans le supin comme forme nominale du verbe :

  • PANAGL Oswald, 1985 : « Das lateinische Supinum : Geschichte und Funktion einer grammatischen Kategorie », in B. Schlerath (éd.), Grammatische Kategorien. Funktion und Geschichte (Akten der VII. Fachtagung der Indogermanischen Gesellschaft, Berlin, 20.-25. Februar 1983), p. 324-339.

Pour les substantifs dits abstraits en général, y compris les substantifs noms de procès en -tio, -tionis F. et en -tus, -tūs M. :

  • STEWART M. A., 1910 : « A Study in Latin Abstract Substantives », in Cl. L. Meader (éd.), Latin Philology, New-York / London, p. 113-178.

18.3. Le suffixe d'agent -tor, -tōris M. et -trīx, -trīcis F.

  • NICHOLS Edward W., 1919 : « Verbals in -tor, -ax, -dus, and -ns », The American Journal of Philology 40 (4), 1919, p. 373-395.
  • DE LABRIOLLE Pierre, 1939 : « Saluator », Archivum latinitatis medii aevi. Bulletin du Cange 14, 1, p. 23-36.
  • FRUYT Michèle, 1990 : « La plurivalence des noms d’agent latins en -tor : lexique et sémantique. », Latomus 49, 1, p. 59-69.
  • SERBAT Guy, 1990 : « Structure des noms d’agent latins en -tor », Linguisticae investigationes 14 (2), p. 343-348.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 105. Cet ouvrage cite les termes suivants : -trix : genetrix, rectrix, uictrix ; -tor : balneator, uinitor ; p. 107 : actor, auditor, scriptor, tonsor, orator, imperator, uictor, lector, monitor, defensor, amator.
  • SERBAT Guy, 1993 : « Les dérivés latins non déverbaux en -tor (-trix) », in L. Isebaert (éd.), Miscellanea linguistica Graeco-Latina, Namur, Société des Études classiques, p. 139-166.
  • WHATMOUGH Margaret M.T., 1995 : « The Suffix -tor- : Agent-Noun Formation in Latin and the Other Italic Languages », Glotta 73, p. 80-115.
  • TORREGO M. Esperanza, 1996 : “Conditions syntaxiques pour la formation des noms d’agent en latin”, in H. Rosén (éd.), Aspects of Latin, Innsbruck (Papers from the Seventh International Colloquium on Latin Linguistics, Jerusalem, April 1993), p. 181-191.

18.4. Suffixe -or, -ōris M.

Le suffixe -or, -oris M. du latin (du type calor, -oris M. “chaleur”, honor, -oris M. “honneur”) est le correspondant masculin du suffixe de neutre sigmatique représenté en latin dans le type genus,-eris Nt., corpus, -oris Nt., etc. avec des correspondants en sanskrit, grec, etc. Ce suffixe -or, -oris M. fut l’objet d’une pluralité d’études parce qu’il a des particularités sémantico-référentielles, comme l’ont montré H. Quellet (1969) et M. Fruyt (2013) :

  • ERNOUT Alfred, 1957 : ”Metus-timor : les formes en -us et -os / -or du latin”, in Philologica II, Paris, Klincksieck, p. 7-56.
  • BOSCHERINI S., 1959 : « I nomina actionis in -or », Studi Ital. Filol. Class., N.S. 31, p. 113-126.
  • QUELLET Henri, 1969 : Les dérivés latins en -or, Paris, Klincksieck.
  • ERNOUT Alfred, 1971 : Notes de philologie latine,chapitre intitulé : “Les mots en -eo, -or, -idus”, Paris / Genève, Minard / Droz, p. 1-18.
  • FRUYT Michèle, 2013 : “Temperature and cognition in Latin”, Revue de linguistique latine du centre Alfred Ernout. De Lingua Latina n°9, décembre 2013. Revue électronique hébergée à Paris-Sorbonne (Paris 4) : http://www.paris-sorbonne.fr/fr/spip.php?rubrique2315 (Communication au colloque « Temperature and Cognition », organisé par Maria Koptjevskaja-Tamm, Université de Stockholm, 19-20 mars 2010).
    On trouvera dans cet article une analyse des valeurs cognitives du suffixe -or, -ōris M. pour dénoter des états physiques de la nature, généralement mauvais et invalidants, échappant au contrôle de l’être humain, qui les subit. Sont concernés notamment les termes dénotant les degrés de température : la série calor, tepor, frigus ; les termes dénotant la peur, qui peut entraîner une paralysie et une incapacté à agir : timor, stupor, torpor.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 106. Cet ouvrage cite amor.
  • THOMAS Jean-François, 2015 : “Metuere – metus et timere – timor aux époques préclassique et classique”, dans les Actes du colloque ‘La peur dans l’Antiquité’ organisé par S. Longeray-Coin et D. Vallat à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne en juin 2013.
    (Voir aussi dans le DHELL, 1ère partie “Lexique latin”, 2e sous-partie “Domaines sémantiques”).

Pour les substantifs abstraits en général, y compris les substantifs en -or, -ōris M. :

  • STEWART M. A. 1910 : « A Study in Latin Abstract Substantives », in Cl. L. Meader (éd.), Latin Philology, New-York / London, p. 113-178.

18.5. Les suffixes d'instrument : -brum, -bulum, -trum, -culum

Les suffixes latins -brum, -bulum, -trum, -culum de noms d’instrument sont hérités. Certains sont des dérivés primaires faits sur une “racine” indo-européenne (stabulum), d’autres sont faits en latin même sur un radical latin ou bien sur le thème d’infectum du verbe correspondant. Ces suffixes n’offrent pas tous en latin la même productivité. Certains ne sont plus productifs (-trum), d’autres sont suffisamment productifs dans certaines zones lexicales limitées pour des dénotations d’entités extralinguistiques précises (les noms de récipients) pour avoir connu un changement fonctionnel et être devenus dé-substantivaux. Certains substantifs de formation ambigüe soit dé-verbale, soit dé-substantivale (umbra-culum sur le verbe umbra-re ou le substantif umbra, -ae F.) ont pu servir d’intermédiaire pour ce changement fonctionnel.

L’ouvrage essentiel, parce qu’il donne l’ensemble du corpus avec plusieurs centaines de substantifs répartis selon les périodes de la latinité et parce qu’il différencie les formations productives et improductives, est celui de Guy Serbat. La vue d’ensemble fournie par ce travail permet de re-situer à l’intérieur du latin la place de certains termes fondamentaux comme faber “ouvrier, artisan”, qui avaient été interprétés autrement dans la perspective de la grammaire comparée des langues i.-e. :

  • SERBAT Guy, 1975 : Les dérivés nominaux latins à suffixe médiatif, Paris, Belles Lettres.
  • TETTLE E. F., 1975 : Studies in the derivational Suffix -aculum : Its Latin Origin and its Romance Development, Tübingen.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 106. Cet ouvrage cite les termes : aratrum, cribrum, rostrum, rutrum, rastrum, claustrum, mulctrum, delubrum, dolabra, lauabrum, sepulcrum, lauacrum, simulacrum, stabulum, pabulum, piaculum, gubernaculum, uehiculum, periculum, cubiculum, speculum, etc.
  • SERBAT Guy 2002 (Article rédigé Par Chantal Kircher-Durand d’après les notes de Guy Serbat) : “Les substantifs en -bulum, -bula”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), Création lexicale : la formation des noms par dérivation suffixale, = Grammaire fondamentale du latin tome IX, Louvain-Paris, Peeters, p. 337-349.

18.6. Le suffixe -tūra, -ae F.

Les lexèmes suffixés en -tūra, -ae F. les plus fréquemment attestés sont : cultura, pictura, mercatura, quaestura, censura, dictatura, praefectura, architectura. Ils dénotent généralement des entités concrètes précises de nature technique. On trouve plusieurs groupements de mots de type “génétique” centrés autour d’un même radical latin (cf. ci-dessus §16.3.) où les substantifs en -tura sont en distribution complémentaire avec les substantifs d’agent en -tor et les noms de procès en -tio. Cela prouve que bien que ces substantifs fournissent peu de lexèmes et peu d’occurrences de ces lexèmes dans les textes, ils étaient centraux dans la langue latine usuelle. Leur faible représentativité dans les textes latins tient à leur caractère technique et à la nature extralinguistique très précise des entités dénotées. Sur le plan sémantique, ces substantifs ont une compréhension forte et une extension faible. A l’époque du latin tardif, le suffixe -tura,-ae F. est entré en interférence avec le suffixe -ura, -ae F., qui est passé dans les langues romanes (cf. fr. bord-ure, arm-ure, etc.).

  • ZELLMER E., 1930 : Die Wörter auf -ūra, Dissertation, Jena.
  • GIACALONE-RAMAT Anna, 1974 : « I derivati latini in -tura », Rend. Ist. Lomb. CVIII, p. 236-293.
  • GIACALONE-RAMAT Anna, 1975 : “Das Suffix -tura”, in H. Rix (éd.), Flexion und Wortbildung (Akten der V. Fachtagung der Idg. Gesellschaft, Sept. 1973, Regensburg), Wiesbaden, p. 120 et suivantes.
  • ZELLMER E., 1976 : Die lateinischen Wörter auf -ura, Frankfurt am Main.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 106. Cet ouvrage cite les termes : lectura, pictura, mercatura, cultura.
  • FRUYT Michèle, 2002 : “Les noms de procès en latin archaïque : les substantifs en -tio, -tus, -tura”, in P. Defosse (éd.), Hommages à Carl DEROUX, Collection Latomus, volume 267, Editions Latomus, Bruxelles.

18.7. Le suffixe -ō, -ōn-is et sa variante -iō, -iōnis M.

  • FISCH R., 1888 : Lateinische Substantiva personalia auf ‘o, onis’. Ein Beitrag zur Kenntnis des Vulgärlateins, Berlin, H. Heyfelder.
  • GAIDE Françoise, 1988 : Les substantifs masculins en -(i)o, -(i)onis, Louvain-Paris, Peeters.
    (Cet ouvrage est essentiel puisqu’il donne le corpus complet réparti selon les périodes de la latinité et met bien en lumière les propriétés fonctionnelles, morphologiques et sémantico-référentielles, de cette formation). Voir le résumé dans l’article de 2002,in Ch. Kircher-Durand (éd.).
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 105. Cet ouvrage cite les termes : praedo, restio, ludio.
  • GAIDE Françoise, 2002 : “Les substantifs masculins en -(i)o, -(i)onis”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), Création lexicale : la formation des noms par dérivation suffixale, = Grammaire fondamentale du latin tome IX, Louvain-Paris, Peeters, p. 307-336.

18.8. Le suffixe -tūdō, -tūdĭnis F.

La productivité du suffixe substantival et dé-adjectival -tūdō, -tūdĭnis F. est limitée à la période archaïque. Mais ces termes, fondamentaux, sont demeurés dans le lexique latin durant toute la latinité (largus –> largitudo, longus –> longitudo). Ainsi beatitudo “bonheur” s’est-il maintenu, sans être remplacé par beatitas, qui offrait pourtant à l’époque classique un suffixe productif de même fonction (beatus –> beatitas).

  • STEWART M.A., 1910 : A Study in Latin Abstract Substantives, Latin Philology, University of Michigan, Humanistic Series, vol. III, New-York.
  • DANGEL Jacqueline, 1989 : “Les mots suffixés en -tudo chez Accius : étude stylistico-linguistique”, in M. Lavency & D. Longrée (éds.), Actes du Ve colloque international de linguistique latine, Louvain-la-neuve / Borzée, 31 mars- 4 avril 1989 ; Cahiers de l’Institut de linguistique de Louvain 15, 1-4, p. 91-101.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 106. Cet ouvrage cite les termes : turpitudo, magnitudo, ingratitudo.
  • SBLENDORIO-CUGUSI Maria Teresa, 1991 : I sostantivi latini in -tudo, Bologna, Patron.
  • DAUDE Jean, 2002 : “Les substantifs abstraits de qualité”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), Création lexicale : la formation des noms par dérivation suffixale, = Grammaire fondamentale du latin tome IX, Louvain-Paris, Peeters, p. 225-305.
    Cet article traite des suffixes -tas, -tudo, -edo (-ido),-go, -ia (-ies), -ntia, -itia (-ities), monia (-monium), ainsi que -or, -ium, -tus.

18.9. Le suffixe -ia et ses variantes -itia, -ntia, -ae F.

  • STEWART M. A., 1910 : A Study in Latin Abstract Substantives, Latin Philology, University of Michigan, Humanistic Series, vol. III, New-York.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 106. Cet ouvrage mentionne les termes : gratia, inuidia, facundia, audacia, superbia, prudentia, sapientia, laetitia.
  • DAUDE Jean 2002 : “Les substantifs abstraits de qualité”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), Création lexicale : la formation des noms par dérivation suffixale, = Grammaire fondamentale du latin tome IX, Louvain-Paris, Peeters, p. 225-305.
    (A voir pour les suffixes -tas, -tudo, -edo (-ido),-go, -ia (-ies), -ntia, -itia (-ities), monia (-monium), -or, -ium, -tus).

18.10. Le suffixe -tās et sa variante -ĭtās F.

  • STEWART M. A., 1910 : A Study in Latin Abstract Substantives, Latin Philology, University of Michigan, Humanistic Series, vol. III, New-York.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 106. Cet ouvrage mentionne les termes : dignitas, paupertas, liberalitas.
  • DAUDE Jean, 2002 : “Les substantifs abstraits de qualité”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), Création lexicale: la formation des noms par dérivation suffixale, = Grammaire fondamentale du latin tome IX, Louvain-Paris, Peeters, p. 225-305. (A voir pour les suffixes -tas, -tudo, -edo (-ido),-go, -ia (-ies), -ntia, -itia (-ities), monia (-monium), -or, -ium, -tus).
  • BRACHET Jean-Paul, 2002 : « Libertas / libertus et uetustas / uetustus : observations morphologiques et sémantiques », Historische Sprachforschung 115/1, p. 79-89.

18.11. Le suffixe -gō, -gĭnis F. et ses variantes -āgō / -īgō / -ūgō

Ce suffixe forme un nombre limité de termes techniques, au sein des quels se distingue, entre autres, un groupe lexical dénotant des états de dégénérescence de la nature et des maladies des plantes (sur ferrum, -i Nt. “fer”, on a ferrugo “rouille” comme dégénérescence du fer et “maladie du blé” en raison de la couleur rouge prise par les épis malades).

  • ERNOUT Alfred, 1941 : “Les noms en -ago, -igo, -ugo du latin”, Revue de philologie 15, 1941, p. 81-111. = Philologica, Paris, 1946.
  • ERNOUT Alfred, 1954 : Aspects du vocabulaire latin, Paris, Klinksieck.
  • DAUDE Jean, 2002 : “Les substantifs abstraits de qualité”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), Création lexicale : la formation des noms par dérivation suffixale, = Grammaire fondamentale du latin tome IX, Louvain-Paris, Peeters, p. 225-305.(A voir pour les suffixes -tas, -tudo, -edo (-ido),-go, -ia (-ies), -ntia, -itia (-ities), monia (-monium), -or, -ium, -tus).

18.12. Les suffixes -mĕn (-mĭnis) Nt. et -mentum, -ī Nt.

Le suffixe latin -men, -minis Nt. est hérité avec des correspondants dans les autres langues i.-e. (sanskrit, grec, etc.). Dans certains termes latins, il est en position de suffixe primaire, puisqu’il se situe directement derrière une “racine” indo-européenne. Le suffixe -men n’est plus productif en latin, mais demeure sans des termes fondamentaux (agmen, flumen). Le suffixe -mentumest constitué en latin même comme une forme développée de -men renforcé par un suffixe *-to- de collectif. L’étude essentielle pour ces deux suffixes est celle de Jean Perrot (1961), qui donne un corpus complet rangé selon les périodes de la latinité et montre bien le statut synchronique des deux suffixes l’un par rapport à l’autre et notamment le remplacement de -men par -mentum dans la langue courante (cf. orna-re “orner” –> orna-mentum “ornement”) au cours de l’évolution de la latinité. Cela est confirmé par le fait que -mentum est passé dans les langues romanes (fr. -ment).

  • WERNER S. et R., 1950 : « Zur Neubildung von Substantiven auf -men bei den Dichtern der augusteischen Zeit », Museum Helveticum 7, 1950, p. 29-32.
  • MANDOUZE André, 1963 : « A propos de sacramentum chez S. Augustin. Polyvalence lexicologique et foisonnement théologique », in Mélanges offerts à Mademoiselle Christine Mohrmann, Utrecht / Anvers, Spectrum, p. 222-231.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 107. Cet ouvrage cite les termes : carmen, agmen, tegimen, semen et fundamentum.

Pour une étude d’ensemble des substantifs en -men et en -mentum (publication issue d’une thèse de Doctorat d’Etat) :

  • PERROT Jean, 1961 : Les dérivés latins en -men et -mentum, Paris, Klincksieck, 1961.

Pour le rapprochement fonctionnel entre le suffixe lat. -men et le cas instrumental en indo-européen :

  • HAUDRY Jean, 1971 : “Le suffixe indo-européen *-men”, Bulletin de la Société de Linguistique de Paris 66, p. 122-124.

18.13. Le suffixe -na et sa variante -īna, -ae F.

Le suffixe -na / -īna F. peut être employé dans plusieurs fonctions :

A) pour former la dénomination d’un être animé féminin sur la dénomination de l’être masculin avec lequel est constitué un couple :

  • BUTLER J. L., 1971 : Latin -īnus, -īna, -ĭnus and -ĭneus. From Proto-Indo-European to the Romance Languages, University of California Publications in Linguistics 68, Berkeley University of California.
  • KIRCHER-DURAND Chantal, 1982 : Les noms en -nus, -na, -num du latin classique, Université de Nice, Centre de Recherches sur les langues de la Méditerranée ancienne, document n°7 (Publication de la thèse de Doctorat d’Etat soutenue à Nice en juin 1981).
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 105. Cet ouvrage cite les termes : regina sur rex, libertina sur libertus, gallina “poule” sur gallus “coq”.

B) pour former des noms de lieux, d’ateliers, de boutiques d’artisans :

  • KIRCHER-DURAND Chantal, 1982 : Les noms en -nus, -na, -num du latin classique, Université de Nice, Centre de Recherches sur les langues de la Méditerranée ancienne, document n°7 (Publication de la thèse de Doctorat d’Etat soutenue à Nice en juin 1981).
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 105. Cet ouvrage cite le terme officina.

C) pour former des noms dits abstraits :

  • KIRCHER-DURAND Chantal, 1982 : Les noms en -nus, -na, -num du latin classique, Université de Nice, Centre de Recherches sur les langues de la Méditerranée ancienne, document n°7 (Publication de la thèse de Doctorat d’Etat soutenue à Nice en juin 1981).
  • CUPAIUOLO Fabio 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 105. Cet ouvrage cite les termes : doctrina, medicina.

18.14. Le suffixe -nus, -ī M.

Le suffixe -nus, -ī M. issu de *-no- forme quelques dénominations de personne se trouvant à la tête d’une institution sociale. Il s’ajoute au substantif dénotant l’institution sociale en question : domĭnus “maître de maison” sur domus “maison”, cf. tribūnus,-ī M. sur tribus, -us.

  • KIRCHER-DURAND Chantal, 1982 : Les noms en -nus, -na, -num du latin classique, Université de Nice, Centre de Recherches sur les langues de la Méditerranée ancienne, document n°7 (Publication de la thèse de Doctorat d’Etat soutenue à Nice en juin 1981).
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 105. Cet ouvrage cite le terme dominus.
  • BRACHET Jean-Paul, 2012 : « Le tribūnus et le commandement d’un tiers de l’armée », Lucida intervalla, Belgrade, 41, 2012, p. 5-34.

18.15. Le suffixe -ētum, -ī Nt. (> fr. -aie F.)

Le suffixe -ētum forme des substantifs signifiant “lieu planté de X” sur la base d’un substantif X dénotant une plante ou un arbre (cf. fr. palmier –> palmeraie) selon le type oliu-ētum “lieu planté d’oliviers, oliveraie” (sur oliua) :

  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 105. Cet ouvrage cite les termes : arbor-ētum “lieu planté d’arbres” (sur arbor “arbre”, terme générique), oliu-etum “lieu planté d’oliviers”, uīn-ētum “vignoble, lieu planté de vigne”, querc-etum “lieu plante de chênes”, cupress-etum “lieu planté de cyprès”.

18.16. Le suffixe -tōrium, -ī Nt.

Le suffixe -tōrium, -ī Nt. est productif pour former des substantifs dénotant des lieux. Il résulte probablement de la soudure de deux suffixes : le suffixe -tor- d’agent suivi du suffixe adjectival dé-substantival -ius, -a, -um (cf. reg-ius “de roi, royal” sur rex “roi”). Ce sont à l’origine des adjectifs relationnels en -ius, -a, -um signifiant “qui est relatif à (tel artisan), qui appartient à tel artisan”. Il est probable que ce suffixe d’origine complexe s’est d’abord constitué pour former des dénominations d’ateliers d’artisans ou d’ouvriers dont la dénomination était faite avec le suffixe -tor d’agent. Le suffixe d’adjectif ainsi formé -torius, -a, -um fut ensuite substantivé au neutre dans -torium.

  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 107. Cet ouvrage cite les termes : dormitorium, unctorium, calcatorium, auditorium, deuorsorium.

18.17. Le suffixe -ĕx, -ĭcis

Le suffixe -ĕx, -ĭcis se trouve dans le type pūlex, -icis M. “puce”, culex, -icis M. “moustique” pour de petits insectes nuisibles ou, de manière générale, des entités dévalorisées qui sont l’objet d’une connotation défavorable, comme c’est probablement le cas du suffixe -ex de senex à l’origine selon A. Ernout :

  • ERNOUT Alfred, 1940 : ”Senex et les formations en *-k- du latin”, Bulletin de la Société de linguistique de Paris 41, 1940, p. 92-128 ; = Philologica I, p. 133-164.
  • FRUYT Michèle, 1986 : Problèmes méthodologiques de dérivation à propos des suffixes latins en . . . cus, Paris, Klincksieck / Publications de la Sorbonne (Publication de la thèse d’Etat soutenue le 16-6-1982 à Paris 4 : Les dérivés latins en *-ko- à l’époque républicaine).
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 108. Cet ouvrage cite les termes : īlĕx, -ĭcis F. “chêne vert, yeuse”, cŭlex, -ĭcis M. “moustique, mūrex, -ĭcis M. “murex, pourpre, coquillage”; et rapproche cornīx F. “corneille”.
  • FRUYT Michèle, 2002 : “Les dérivés en -cus, -ca, -cum”, in Ch. Kircher-Durand (éd.), 2002, Création lexicale : la formation des noms par dérivation suffixale, = Grammaire fondamentale du latin tome IX, Louvain-Paris, Peeters, p. 67-84.

18.18. Le suffixe -āster, -āstrī M.

Le suffixe -āster, -āstrī M. a une valeur sémantique approximative “sorte de X, qui ressemble à X” (X étant la base de suffixation), qui devient le plus souvent dépréciative : oleaster “sorte d’olivier, olivier sauvage” sur olea “olivier”, pinaster “sorte de pin” sur pinus “pin”.

  • RYBOLT J. E., 1971 : ”-aster, a Latin suffix”, Classical Folia 25, 1971, p. 303-319.
  • FRUYT Michèle, 1989 : “Métaphore, métonymie et synecdoque dans le lexique latin”, Glotta 67, p. 106-122.
  • FRUYT Michèle, 1989 : “Le rôle de la métaphore et de la métonymie en latin : style, lexique, grammaire”, Revue des Etudes Latines 67, p. 236-257.
  • FRUYT Michèle, 1993 : “Les procédés de désignation dans les noms de plantes en latin”, in Les phytonymes grecs et latins, Centre de Recherches comparatives sur les langues de la Méditerranée ancienne, LAMA 12, Nice, p. 135-190.
  • FRUYT Michèle, 2001 : “Morphologie et argumentation en latin”, in Papers on Grammar VII, A. Bertocchi, M. Maraldi & A. Orlandini (éds.), Bologne, Editrice CLUEB, p. 61-85.
  • CUPAIUOLO Fabio, 1991 : Problemi de lingua latina, Napoli, Loffredo editore, p. 105.

18.19. Le suffixe de noms de parenté en -ter (-tris) M. / F.

Le suffixe de noms de parenté en -ter (-tr-is) M. / F. apparaît dans păter “père”, māter “mère”, frāter “frère”. Son origine a fait l’objet de nombreuses publications, ainsi que ses liens avec le suffixe i.-e. de nom d’agent en *-te/or-, d’où provient le suffixe latin d’agent en -tor (-tōr-is M.).

On a même proposé un lien avec le suffixe i.-e. *-tero- d’opposition à deux termes (qui forme le comparatif régulier du sanskrit et du grec et subsiste aussi dans lat. alter, dexter vs sinister, etc.) :

  • GOIDANICH P. G., 1938 : “Il suffisso di pater, mater e simili e la funzione primitiva del suffisso indoeuropeo -tero”, in Scritti in onore di A. Trombetti, Milano, p. 215-224.

Cette interprétation paraît peu probable étant donné les différences flexionnelles entre *-ter- (thème consonantique en r de 3e déclinaison en latin) et *-tero- (thème thématique de 2e déclinaison en latin), ainsi que les différences sémantiques, *-ter- intervenant dans des groupements de mots qui sont des systèmes dénotant une pluralité d’entités conçues comme relevant de la même classe extra-linguistique (pour ces groupements de mots, voir ci-dessus § 16.3., III), alors que *-tero- oppose des entités deux à deux.

Ce suffixe -ter, -tr- (acc. pa-tr-em, gén. pa-tr-is, etc.) M. ou F. de nom de parenté en latin constitue le point commun de plusieurs termes (pater, mater, frater) dans un groupement organisé en structure, qui correspond au troisième type de groupement offert par le lexique latin. Pour la définition de ce type de groupement de mots, voir le § 16.3. ci-dessus.

18.20. Le suffixe de diminutif formant des substantifs

Le suffixe de diminutif latin offre différentes formes aux trois genres grammaticaux : -lus, -ulus, -culus, -ellus, -illus, etc. au masculin, -la, -ula, -cula, etc. au féminin et -lum, -ulum, -culum, etc. au neutre. Ce suffixe a la particularité de pouvoir former des substantifs (sur des substantifs) aussi bien que des adjectifs (sur des adjectifs). Voir ci-dessous le § 20 sur “Suffixes formant des substantifs et des adjectifs”.


Aller au § 19.