Différences

Cette page vous donne les différences entre la révision choisie et la version actuelle de la page.

formation_des_mots:16._les_nouveautes_sur_l_etude_de_la_formation_des_mots_en_latin [2017/03/17 11:05]
fruyt
formation_des_mots:16._les_nouveautes_sur_l_etude_de_la_formation_des_mots_en_latin [2017/03/17 18:39] (Version actuelle)
ollivier
Ligne 63: Ligne 63:
  
  
- Les latinistes savent intuitivement que l'organisation du lexique latin ne relève pas du simple hasard. Mais il est parfois difficile de décrire l'organisation interne du lexique latin en délimitant de manière claire et nette les zones qui le constituent et dans lesquelles vont se ranger les lexèmes. Il y a, assurément, des zones floues, des zones de recouvrement entre les catégories et des faits lexicaux difficiles à justifier et à faire entrer dans les tendances générales du lexique connues par ailleurs.+Les latinistes savent intuitivement que l'organisation du lexique latin ne relève pas du simple hasard. Mais il est parfois difficile de décrire l'organisation interne du lexique latin en délimitant de manière claire et nette les zones qui le constituent et dans lesquelles vont se ranger les lexèmes. Il y a, assurément, des zones floues, des zones de recouvrement entre les catégories et des faits lexicaux difficiles à justifier et à faire entrer dans les tendances générales du lexique connues par ailleurs.
  
 On peut proposer trois catégories de groupements de termes selon le degré de productivité qu'ils présentent et selon le rôle qu'ils peuvent jouer dans l'évolution linguistique : On peut proposer trois catégories de groupements de termes selon le degré de productivité qu'ils présentent et selon le rôle qu'ils peuvent jouer dans l'évolution linguistique :
Ligne 76: Ligne 76:
  
  
-I) Le premier type de groupement est organisé selon une liste de lexèmes, qu'on peut appeler une série ou un paradigme lexical. +I) **Le premier type de groupement** est organisé selon une liste de lexèmes, qu'on peut appeler une série ou un paradigme lexical. 
 + 
 Les lexèmes ont alors pour point commun leur valeur référentielle. Ils renvoient à des entités extralinguistiques appartenant à la même classe cognitive.  Les lexèmes ont alors pour point commun leur valeur référentielle. Ils renvoient à des entités extralinguistiques appartenant à la même classe cognitive. 
 +
 Il s'agit par exemple des noms d'oiseaux en latin ou des noms de poissons. Ce sont des hyponymes regroupés sous un hyperonyme : //auis// F. pour les oiseaux, //piscis// M. pour les poissons.  Il s'agit par exemple des noms d'oiseaux en latin ou des noms de poissons. Ce sont des hyponymes regroupés sous un hyperonyme : //auis// F. pour les oiseaux, //piscis// M. pour les poissons. 
 +
 Les hyponymes peuvent s'influencer entre eux et ils peuvent subir l'influence de leur hyperonyme, notamment pour le genre grammatical : les noms d'oiseaux ont tendance à être du genre grammatical féminin comme //auis//, alors que les noms de poissons sont plutôt du genre grammatical masculin comme //piscis//.  Les hyponymes peuvent s'influencer entre eux et ils peuvent subir l'influence de leur hyperonyme, notamment pour le genre grammatical : les noms d'oiseaux ont tendance à être du genre grammatical féminin comme //auis//, alors que les noms de poissons sont plutôt du genre grammatical masculin comme //piscis//. 
 +
 Ces groupements peuvent accroître facilement le nombre des lexèmes qu'ils contiennent. Ces groupements peuvent accroître facilement le nombre des lexèmes qu'ils contiennent.
  
  
-II) Le second type de groupement relève pour chaque lexème d'une configuration en "constante + variable". Les lexèmes ont en commun un radical latin synchronique à l'initiale de mot et ils se différencient par un élément final, par exemple des suffixes différents.  + 
-Ils constituent un groupement "génétique" ou une "famille de mots" puisqu'ils ont en commun le même radical latin.  +II) **Le second type de groupement** relève pour chaque lexème d'une configuration en "constante + variable". Les lexèmes ont en commun un radical latin synchronique à l'initiale de mot et ils se différencient par un élément final, par exemple des suffixes différents. 
-Au sein de ce groupement, ils sont en distribution complémentaire : le radical //can-// "chanter" est présent dans des verbes //canere// "chanter", //cantāre// "chanter", des noms de procès //cantus, -tūs// M. et //cantiō, -tiōnis// F., un nom d'agent //cantŏr, -tōris// M., dont le féminin est //cantrīx, -trīcis//, etc.  +  
-L'organisation interne de ce type de groupement est celle d'une constellation autour du radical synchronique commun. +Ils constituent un groupement "génétique" ou une "famille de mots" puisqu'ils ont en commun le même radical latin. 
 +  
 +Au sein de ce groupement, ils sont en distribution complémentaire : le radical //can-// "chanter" est présent dans des verbes //canere// "chanter", //cantāre// "chanter", des noms de procès //cantus, -tūs// M. et //cantiō, -tiōnis// F., un nom d'agent //cantŏr, -tōris// M., dont le féminin est //cantrīx, -trīcis//, etc. 
 +  
 +L'organisation interne de ce type de groupement est celle d'une constellation autour du radical synchronique commun. 
 + 
 Ces groupements ont moins de chances de voir augmenter le nombre de leurs lexèmes que dans le type 1, parce que les lexèmes formés sur un radical donné ne sont pas en nombre infini, mais plutôt en nombre limité. Ces groupements ont moins de chances de voir augmenter le nombre de leurs lexèmes que dans le type 1, parce que les lexèmes formés sur un radical donné ne sont pas en nombre infini, mais plutôt en nombre limité.
  
  
-III) Le troisième type de groupement correspond à des structures au sens strict du mot, où chaque élément se définit par rapport aux autres (et non dans l'absolu). + 
 +III) **Le troisième type de groupement** correspond à des structures au sens strict du mot, où chaque élément se définit par rapport aux autres (et non dans l'absolu).  
 Cette organisation en structure se retrouve aussi bien au plan des lexèmes qu'au plan des entités extralinguistiques.  Cette organisation en structure se retrouve aussi bien au plan des lexèmes qu'au plan des entités extralinguistiques. 
 +
 Il s'agit par exemple du groupement des noms de parenté en latin : //pater// "père", //māter// "mère", //frāter// "frère", //fīlius// "fils", //fīlia// "fille", //auunculus// "oncle maternel", //matertera// "tante maternelle", //patruus// "oncle paternel", //amita// "tante paternelle".  Il s'agit par exemple du groupement des noms de parenté en latin : //pater// "père", //māter// "mère", //frāter// "frère", //fīlius// "fils", //fīlia// "fille", //auunculus// "oncle maternel", //matertera// "tante maternelle", //patruus// "oncle paternel", //amita// "tante paternelle". 
 +
 Pour la dénomination des bovins ou des ovins, il existe dans le groupement un terme générique et des termes spécifiques. Ainsi à côté de //bōs// M. F. "bovin en général", on a une classification selon l'âge, le sexe, la fonction : //uitulus// "veau", //uitula, uacca// "génisse, jeune vache", //iuuencus// "jeune mâle", //taurus// "mâle reproducteur", etc.  Pour la dénomination des bovins ou des ovins, il existe dans le groupement un terme générique et des termes spécifiques. Ainsi à côté de //bōs// M. F. "bovin en général", on a une classification selon l'âge, le sexe, la fonction : //uitulus// "veau", //uitula, uacca// "génisse, jeune vache", //iuuencus// "jeune mâle", //taurus// "mâle reproducteur", etc. 
 +
 Ces groupements ont peu de chances de voir s'accroître le nombre de leurs lexèmes, puisque le nombre des entités extralinguistiques dénotées est limité.  Ces groupements ont peu de chances de voir s'accroître le nombre de leurs lexèmes, puisque le nombre des entités extralinguistiques dénotées est limité. 
 +
 Ces dénominations sont souvent héritées, notamment pour les animaux domestiques (qui, par définition, sont importants pour la communauté linguistique puisqu'ils font partie de la vie quotidienne des sujets parlants) et pour les animaux sauvages jouant un rôle important pour l'homme (le loup, par exemple). Ces dénominations sont souvent héritées, notamment pour les animaux domestiques (qui, par définition, sont importants pour la communauté linguistique puisqu'ils font partie de la vie quotidienne des sujets parlants) et pour les animaux sauvages jouant un rôle important pour l'homme (le loup, par exemple).
 +
 Parce qu'il s'agit de structures au sens strict (c.-à-d. de groupements où  les éléments se définissent les uns par rapport aux autres de manière interdépendante), des changements à l'intérieur du groupement de lexèmes peuvent survenir lorsqu'un lexème sort de l'usage : les lexèmes voisins connaissent alors une ré-organisation au terme de laquelle la valeur référentielle du terme disparu est portée par un autre terme : cf. lat. //iumentum// "bête de somme en général", qui est à l'origine de fr. //jument// (femelle adulte reproductrice dans l'espèce du cheval). Parce qu'il s'agit de structures au sens strict (c.-à-d. de groupements où  les éléments se définissent les uns par rapport aux autres de manière interdépendante), des changements à l'intérieur du groupement de lexèmes peuvent survenir lorsqu'un lexème sort de l'usage : les lexèmes voisins connaissent alors une ré-organisation au terme de laquelle la valeur référentielle du terme disparu est portée par un autre terme : cf. lat. //iumentum// "bête de somme en général", qui est à l'origine de fr. //jument// (femelle adulte reproductrice dans l'espèce du cheval).
 +
  
  
Ligne 139: Ligne 156:
 C. Touratier étudie en effet les mots complexes, qu'il appelle synthèmes comme des ensembles de morphèmes et applique cette analyse en latin à toutes les catégories de structure morphologique :  C. Touratier étudie en effet les mots complexes, qu'il appelle synthèmes comme des ensembles de morphèmes et applique cette analyse en latin à toutes les catégories de structure morphologique : 
  
-a) à la suffixation, en distinguant les suffixes à valeur sémantique, les suffixes à valeur grammaticale, les suffixes à valeur à la fois grammaticale et sémantique , p. 312-315 ; +a) à la suffixation, en distinguant les suffixes à valeur sémantique, les suffixes à valeur grammaticale, les suffixes à valeur à la fois grammaticale et sémantique , p. 312-315 ; 
 +C. Touratier fait cette distinction selon la classification proposée par M. Fruyt dans sa thèse et reprise dans différentes publications ultérieures : 
 +  
 + 
 +    * **FRUYT** Michèle, 1984 : "Approche méthodologique de la suffixation en latin et en français", //KZ// 97, 2, p. 246-264. 
 + 
 + 
 + 
 +    * **FRUYT** Michèle, 1985 : "Syntaxe et sémantique dans la description de la fonction suffixale", in C. Touratier (éd.), //Actes du 2e colloque international de linguistique latine//, Aix-en-Provence, 1983, p. 485-499. 
 + 
 + 
 + 
 +    * **FRUYT** Michèle, 1986: //Problèmes méthodologiques de dérivation à propos de suffixes latins en// ... -cus, Paris, Klincksieck (Publication de la thèse d’Etat soutenue le 16-6-1982 à Paris 4 : //Les dérivés latins en// *-ko- //à l'époque républicaine//). 
 + 
  
 b) à la préfixation (p. 316) ;  b) à la préfixation (p. 316) ; 
Ligne 148: Ligne 178:
  
  
- 16.6. Lexèmes grammaticaux vs lexèmes lexicaux 
  
- La distinction entre : + 
- a) les lexèmes de fonction grammaticale (comme le pronom relatif qui ; les pronoms personnels ; les pronoms-adjectifs is, hic, iste, ille, ipse, etc.)  +===== 16.6. Lexèmes grammaticaux vs lexèmes lexicaux ===== 
- b) et les lexèmes de valeur sémantique lexicale (rex "roi", filius "fils", res publica "état, République")+ 
 + 
 + 
 +La distinction entre : 
 + 
 +a) les lexèmes de fonction grammaticale (comme le pronom relatif //qui// ; les pronoms personnels ; les pronoms-adjectifs //is, hic, iste, ille, ipse//, etc.) 
 +  
 +b) et les lexèmes de valeur sémantique lexicale (//rex// "roi", //filius// "fils", //res publica// "état, République") 
 est importante dans le lexique latin, puisque ces deux catégories de lexèmes jouent des rôles très différents dans l'organisation des énoncés et les informations véhiculées par ces énoncés. Ces différences fonctionnelles apparaissent dans les fréquences d'emploi. En premier lieu, les lexèmes grammaticaux les plus usuels sont les termes de la langue latine offrant la fréquence la plus élevée. En second lieu, ces différences apparaissent aussi au niveau du signifiant des lexèmes : les termes grammaticaux sont globalement plus courts que les termes lexicaux. Les lexèmes grammaticaux ont 1 ou 2 syllabes généralement, tandis que les lexèmes lexicaux de plus haute fréquence ont le plus souvent 2 ou 3 syllabes, certains en ayant 4 (ou 5 au maximum). est importante dans le lexique latin, puisque ces deux catégories de lexèmes jouent des rôles très différents dans l'organisation des énoncés et les informations véhiculées par ces énoncés. Ces différences fonctionnelles apparaissent dans les fréquences d'emploi. En premier lieu, les lexèmes grammaticaux les plus usuels sont les termes de la langue latine offrant la fréquence la plus élevée. En second lieu, ces différences apparaissent aussi au niveau du signifiant des lexèmes : les termes grammaticaux sont globalement plus courts que les termes lexicaux. Les lexèmes grammaticaux ont 1 ou 2 syllabes généralement, tandis que les lexèmes lexicaux de plus haute fréquence ont le plus souvent 2 ou 3 syllabes, certains en ayant 4 (ou 5 au maximum).
- La distinction entre lexèmes grammaticaux et lexèmes lexicaux se reflète aussi dans le sort réservé aux unités lexicales par le phénomène de la grammaticalisation, qui résulte des effets de l'évolution linguistique dans le domaine morpho-syntaxique. La grammaticalisation peut se manifester dans l'évolution d'un lexème de valeur lexicale qui devient un lexème grammatical, ou bien dans celle d'un lexème grammatical qui devient encore plus grammatical.  + 
- Pour le rappel de ce critère définitoire et une application au latin, voir :+La distinction entre lexèmes grammaticaux et lexèmes lexicaux se reflète aussi dans le sort réservé aux unités lexicales par le phénomène de la grammaticalisation, qui résulte des effets de l'évolution linguistique dans le domaine morpho-syntaxique. La grammaticalisation peut se manifester dans l'évolution d'un lexème de valeur lexicale qui devient un lexème grammatical, ou bien dans celle d'un lexème grammatical qui devient encore plus grammatical.
    
-FRUYT Michèle  2011 : « Grammaticalization in Latin », in Ph. Baldi & P. Cuzzolin (éds.), New Perspectives on Historical Latin Syntax. Complex Sentences, Grammaticalization, Typology, Berlin / Boston, Mouton de Gruytervol. IV, p. 661-864.+Pour le rappel de ce critère définitoire et une application au latinvoir :
  
 + 
 +    * **FRUYT** Michèle,  2011 : « Grammaticalization in Latin », in Ph. Baldi & P. Cuzzolin (éds.), //New Perspectives on Historical Latin Syntax. Complex Sentences, Grammaticalization, Typology//, Berlin / Boston, Mouton de Gruyter, vol. IV, p. 661-864.
  
- 16.7. L'innovation lexicale : une typologie en latin 
  
- 16.7.1. Le degré d'innovation 
  
- On trouvera dans l'article suivant une synthèse sur les différentes formes d'innovation lexicale et de créativité lexicale dans leurs degrés variables de réalisation, allant du "mot possible" ou "mot attestable" respectant les règles de formation à la création la plus excentrique hors normes : 
  
-FRUYT Michèle 2000 : «  La création lexicale : généralités appliquées au latin », in MFruyt & ChNicolas (éds.), La création lexicale en latin, Paris, PUPS, Collection Lingua Latina n°6, 2000, p.11-47.+===== 16.7L'innovation lexicale : une typologie en latin =====
  
- Cet article fut traduit en espagnol : 
  
-FRUYT Michèle 2009: « La creación léxica: consideraciones generales y su aplicación a la lengua latina », Estudios clásicos (136), 2009, p. 7-54.+ 
 +==== 16.7.1. Le degré d'innovation ==== 
 + 
 + 
 +On trouvera dans l'article suivant une synthèse sur les différentes formes d'innovation lexicale et de créativité lexicale dans leurs degrés variables de réalisation, allant du "mot possible" ou "mot attestable" respectant les règles de formation à la création la plus excentrique hors normes : 
 + 
 + 
 +    * **FRUYT** Michèle, 2000 : « La création lexicale : généralités appliquées au latin », in M. Fruyt & Ch. Nicolas (éds.), //La création lexicale en latin//, Paris, PUPS, Collection Lingua Latina n°6, 2000, p.11-47. 
 + 
 + 
 + 
 +Cet article fut traduit en espagnol : 
 + 
 + 
 +    * **FRUYT** Michèle, 2009: « La creación léxica: consideraciones generales y su aplicación a la lengua latina », //Estudios clásicos// (136), 2009, p. 7-54
 + 
 + 
 + 
 + 
 +==== 16.7.2. La création lexicale chez les auteurs latins ==== 
 + 
 + 
 + 
 +Certains auteurs latins sont très inventifs et utilisent la création lexicale comme un moyen comique avec des termes si innovants qu'ils sont surprenants et ne respectent pas les règles habituelles de la formation des mots en latin. Plaute est un grand créateur de termes à une finalité comique : 
 + 
 + 
 +    * **CRAMPON** Monique, 2000 : "Création de mots chez Plaute", in M. Fruyt & Ch. Nicolas (éds.), //La création lexicale en latin//, Paris, PUPS, p. 149-153. 
 + 
 + 
 + 
 +    * **FONTAINE** Michael, 2010 : //Funny Words in Plautine Comedy//, Oxford, Oxford University Press. 
 + 
 + 
 + 
 +    * **SÁNCHEZ-MANZANO** Maria Asunción, 2015 : "El neologismo en el vocabulario literario latino", in G. Haverling (éd.), //Latin Linguistics in the Early 21st Century (Acts of the 16th nternational Colloquium on Latin Linguistics//, Uppsala, June 6th-11th 2011), Uppsala, Acta Universitatis Upsaliensis, Studia Latina Upsaliensia 35, p. 133-143. 
 + 
 + 
 + 
 +Mais la plupart des auteurs latins, en fait, créent des mots qui respectent les règles de formation des mots et offrent donc un faible degré d'innovation. Ce sont, pour ainsi dire, des créations "attendues", ce qu'on appelle des mots possibles. Certains perdurent dans la langue, mais en général les créations d'auteur, même si elles sont conformes aux tendances de la langue, sont éphémères et on ne les retrouve plus ensuite dans les textes latins. 
 + 
 +  
 + 
 +    * **KIRCHER-DURAND** Chantal, 2005 : "Les procédés de création lexicale mis en oeuvre par Lucrèce", in G. Calboli (éd.), //Papers on Grammar// 9, 1, p. 15-323.
  
  
- 16.7.2. La création lexicale chez les auteurs latins 
  
- Certains auteurs latins sont très inventifs et utilisent la création lexicale comme un moyen comique avec des termes si innovants qu'ils sont surprenants et ne respectent pas les règles habituelles de la formation des mots en latin. Plaute est un grand créateur de termes à une finalité comique :+C'est aussi le cas de Pétrone, malgré la réputation d'originalité de cet auteur :
  
-CRAMPON Monique 2000 : "Création de mots chez Plaute", in M. Fruyt & Ch. Nicolas (éds.), La création lexicale en latin, Paris, PUPS, p. 149-153. 
  
-FONTAINE Michael 2010 : Funny Words in Plautine Comedy, Oxford, Oxford University Press. 
  
-SÁNCHEZ-MANZANO Maria Asunción 2015 : "El neologismo en el vocabulario literario latino", in GHaverling (éd.), Latin Linguistics in the Early 21st Century (Acts of the 16th nternational Colloquium on Latin Linguistics, Uppsala, June 6th-11th 2011), UppsalaActa Universitatis UpsaliensisStudia Latina Upsaliensia 35, p. 133-143.+    * **ONIGA** Renato, 2000 : "La création lexicale chez Pétrone", in MFruyt & Ch. Nicolas (éds.), //La création lexicale en latin//ParisPUPS, p. 11-48.
  
- Mais la plupart des auteurs latins, en fait, créent des mots qui respectent les règles de formation des mots et offrent donc un faible degré d'innovation. Ce sont, pour ainsi dire, des créations "attendues", ce qu'on appelle des mots possibles. Certains perdurent dans la langue, mais en général les créations d'auteur, même si elles sont conformes aux tendances de la langue, sont éphémères et on ne les retrouve plus ensuite dans les textes latins.  
  
-KIRCHER-DURAND Chantal 2005 : "Les procédés de création lexicale mis en oeuvre par Lucrèce", in G. Calboli (éd.), Papers on Grammar 9, 1, p. 15-323. 
  
- C'est aussi le cas de Pétrone, malgré la réputation d'originalité de cet auteur :+On trouvera des publications intéressantes sur la création lexicale dans :
  
-ONIGA Renato 2000 : "La création lexicale chez Pétrone", in M. Fruyt & Ch. Nicolas (éds.), La création lexicale en latin, Paris, PUPS, p. 11-48. 
  
- On trouvera des publications intéressantes sur la création lexicale dans : 
  
-CUPAIUOLO Fabio 1993 : Bibliografia della lingua latina (1949-1991), Napoli, Loffredo editore.+    * **CUPAIUOLO** Fabio1993 : //Bibliografia della lingua latina (1949-1991)//, Napoli, Loffredo editore.
  
  
Ligne 199: Ligne 269:
 \\ \\
  
-Aller au [[:formation_des_mots:§ 17. |§ 17]]+Aller au [[:formation_des_mots:§ 17. La suffixation - renouvellement des techniques d'analyse | § 17. La suffixation - renouvellement des techniques d'analyse]]