La formation des mots

Bibliographie raisonnée

Michèle FRUYT

Université de Paris-Sorbonne (Paris 4)


§ 1. Périodisation du latin

Plusieurs ouvrages portant sur le lexique latin dans le cadre de monographies sur certains suffixes latins ont mis en place des divisions de la latinité en différentes périodes. Ce sont dans l’ordre chronologique :

  • PERROT Jean, 1961 : Les dérivés latins en -men et -mentum, Paris, Klincksieck.
  • QUELLET Henri, 1969 : Les dérivés latins en -or, Paris, Klincksieck.
  • MIGNOT Xavier, 1969 : Les verbes dénominatifs latins, Paris, Klincksieck.
  • ANDRE Jacques, 1971: Emprunts et suffixes nominaux en latin, Genève, Droz (mais J. André pratiquait déjà sa périodisation das ses travaux antérieurs).
  • SERBAT Guy, 1975: Les dérivés nominaux latins à suffixe médiatif, Paris, Belles Lettres.
  • FLOBERT Pierre, 1975: Les verbes déponents latins des Origines à Charlemagne, Paris, Belles Lettres.

Ces périodisations sont sensiblement les mêmes. Celle de P. Flobert va particulièrement loin dans l’époque tardive. G. Serbat se distingue en scindant en deux la période archaïque délimitée par ses prédécesseurs : en raison du corpus lexical qu’il rencontra, il estima que la période archaïque de Plaute, Ennius, Accius devait être séparée de la génération suivante, celle de Térence.

Récemment un article a traité de la question :

  • ADAMIK Bela, 2015 : “The periodization of Latin : an old question revisited”, in G. Haverling (éd.), Latin Linguistics in the Early 21st century (Acts of the 16th International Colloquium on Latin Linguistics, Uppsala, June 6th-11th, 2011), Uppsala, Acta Universitatis Upsaliensis, Studia Latina Upsaliensia 35, p. 640-652.

En outre toute histoire de la langue latine est dans l’obligation de délimiter dans le temps différentes périodes dans le développement du latin, même si ces périodes n’ont pas besoin d’être aussi fractionnées et précises que dans les études de lexicologie:

  • MEILLET Antoine, 1938 (1977) : Esquisse d’une histoire de la langue latine, Paris.
  • ZEHNACKER Hubert & FREDOUILLE, Jean-Claude 1993: Littérature latine, PUF, Paris.
  • POCCETTI Paolo, POLI Diego & SANTINI C., 1999 : Una storia della lingua latina. Formazioni, usi, comunicazione, Roma, Carocci.
  • CLACKSON James & HORROCKS G., 2007: The Blackwell History of the Latin Language, Malden, Mass., Oxford and Carlton, Victoria.
  • CLACKSON James (éd.), 2011: A Companion to the Latin Language, Malden, Mass., Oxford and Chichester.
  • CLACKSON James, 2011 : “Classical Latin”, in J. Clackson (éd.), 2011: A Companion to the Latin Language, Malden, Mass., Oxford and Chichester, p. 236-256.

Ces fragmentations de la latinité sont importantes pour toutes les études portant sur la langue, mais en particulier pour les études portant sur le lexique latin parce qu’elles permettent de dégager les périodes de productivité d’une formation donnée. En effet, certaines formations qui étaient productives dans les textes archaïques et devaient l’être dans la période archaïque prélittéraire avant l’apparition des premiers textes latins ont parfois perdu leur productivité dès la période classique. D’autres formations apparaissent seulement dans la période classique ou postclassique ou même tardive1). D’autres encore perdurent dans toutes les périodes du latin.


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1) Voir, entre autres: BARDON Henri 1966 : « Sur l’enrichissement du vocabulaire latin chez les prosateurs du Haut-Empire», in Revue des Études Anciennes, n°48, p. 231-259.