Le système classématique

des relations intersubjectives et intrasubjectives

Benjamín García-Hernández



Ce système classématique, proposé depuis nos premières publications dans les années 70, s’insère dans le cadre du projet de recherche Semántica latino-románica (ref. FFI 2012-34826).

1. Classes diathétiques, modales et aspectuelles dans le lexique

1.0. Définitions et précisions méthodologiques

La définition du sème (signalé par ‘…’) comme trait minimal d’un sémème (signalé par “…”), semble être bien établie parmi les sémanticiens. En revanche, celle du classème, plus imprécise, mérite d’être approfondie. Un sème est un trait significatif quelconque, particulier ou général. Le trait ‘marié’ contenu dans les deux termes de l’opposition mari / femme est un sème particulier de ces mots et de quelques autres, comme époux / épouse. En revanche, les sèmes ‘masculin’ de mari et ‘féminin’ de femme sont récurrents ; c’est pourquoi ils tendent à se grammaticaliser et à recevoir une expression morphématique (époux / épouse). Ce sont des classèmes, c’est-à-dire des sèmes de classe, de classe ‘masculine’ et ‘féminine’, exprimés tantôt de manière lexicale (mari, femme), tantôt de manière morphématique (époux, épouse)1).

Les classes sémantiques, en plus de former des oppositions simples, comme celle du genre ‘masculin’ / ‘féminin’, peuvent constituer des systèmes classématiques très complexes. Ainsi, la structure fondamentale des champs sémantiques se configure suivant un système de classes diathétiques, modales et aspectuelles, qui se réalisent plus ou moins dans chaque champ. Dans un premier temps, nous les avons observées dans leur ensemble en analysant la structure du champ sémantique de “uidēre”2). Nous avons en outre constaté que ce système, mutatis mutandis, fonctionnait aussi dans d’autres champs, non seulement pour les verbes, mais aussi pour les substantifs, adjectifs, etc.

Pour éviter certaines confusions dans la compréhension de l’ensemble du système et de ses parties, il convient de tenir compte de quelques critères méthodologiques. D’abord, le critère d’opposition fonctionnelle, d’après lequel la valeur distinctive d’un terme est conférée par le terme en opposition immédiate. Le deuxième critère est le plan paradigmatique des oppositions classématiques, car celles-ci doivent être entendues abstraitement, indépendamment de la réalisation syntagmatique de leurs termes dans le discours. Le troisième, corollaire du précédent, est l’unité du procès: les termes en opposition sont correctement compris s’ils composent une seule relation. Par exemple, les concepts de “père” et “fils” constituent toujours une relation intersubjective ; le fait que sur le plan syntagmatique les deux concepts puissent se prédiquer d’un sujet (Gabriel se conduit mieux comme fils que comme père) n’annule pas leur caractère ‘intersubjectif’, puisqu’un tel énoncé suppose la répétition, correspondant à deux générations, de la même relation “père” et “fils” : Gabriel se conduit mieux comme fils (de son père) que comme père (de son fils).

1.1. L’altérité et l’alternance

Selon ces critères, l’altérité est définie comme une relation intersubjective et l’alternance, comme une relation intrasubjective. La première renvoie à la diathèse et la deuxième, à la modalité. En effet, il arrive que la diathèse consiste en l’établissement de relations intersubjectives. Ainsi, l’opposition uir .- uxor (‘être humain marié avec’ : ‘masculin’ / ‘féminin’) est de classe diathétique et constitue une relation intersubjective (signalée par .-), puisque ses termes coexistent comme deux actants distincts dans l’unité conjugale. Tous les deux sont termes complémentaires : le mari est ‘mari de’ sa femme et la femme est ‘femme de’ son mari. C’est la même relation qui fonctionne dans la catégorie verbale ; en latin avec expression lexicale : uxorem ducere .- nubere ; et en grec avec expression grammaticale : γαμέω .- γαμέομαι.

En revanche, l’opposition uir | mulier (‘être humain’ : ‘masculin’ / ‘féminin’) ne constitue pas une relation intersubjective, mais apparaît comme une alternance qui se pose à l’égard du sexe d’un sujet (relation intrasubjective). Par exemple, lorsqu’on remplit un formulaire de renseignements sur son identité, on doit souvent choisir une option de l’opposition substantive homme | femme ou de l’opposition adjective masculin | féminin ; de même, s’il est question de l’état civil : célibataire | marié. De telles oppositions classématiques représentent des alternatives : le sujet est une chose ou l’autre, mais non les deux en même temps. Tandis que les signifiés “mari” .- “femme” représentent une relation d’altérité entre deux sujets, ceux de “homme” | “femme” ou ceux de “célibataire” | “marié” sont des alternatives à l’égard d’un seul sujet. Entre frater et soror la relation de parenté est complémentaire (frater .- soror, fr. frère .- sœur, esp. hermano,-a .- hermano,-a); en revanche, l’opposition de sexe est alternante (frater | soror, frère | sœur, hermano | hermana). D’ailleurs, l’alternance (signalée par |) peut avoir un caractère plus ou moins permanent, comme dans le cas de “homme” | “femme”, ou elle peut osciller continuellement, comme “aspirer” | “expirer” dans le mouvement de la respiration.

L’alternance lexicale correspond au niveau grammatical à la modalité affirmative et négative du même lexème (célibataire | non célibataire; marié | non marié). Ainsi donc, il est normal que les termes alternants constituent une opposition de classèmes ‘positif’ | ‘négatif’: nocens | innocens (“coupable” | “innocent”) ; la valeur de ces classèmes est entendue non au sens moral, mais au sens linguistique, comme la présence du préfixe in- l’indique. Même sans une telle caractérisation morphématique, on peut déduire que dans l’alternance condemnare | absoluere, le premier terme est positif et le deuxième est sa contre-valeur, de façon que absoluere signifie en principe ‘non condemnare ’. Si les termes alternants font partie d’une opposition privative, il n’est pas difficile de découvrir leur valeur classématique ; par exemple, on sait que femme ‘être humain féminin’ est le terme sémantiquement ‘positif’, celui qui crée l’opposition dans le concept plus général de homme ‘être humain’, où homme représente aussi la contre-valeur ‘être humain non féminin’3).

Ces concepts ont été distingués par les grammairiens grecs, puis par les grammairiens latins4). Les « termes complémentaires »5)sont pour eux les nomina relatiua :

  • GLK VIII 73,5-10 : Sunt alia ad aliquid dicta, quae ad aliam personam referuntur, ut magister dominus pater, quae relatiua dicuntur, quia ad alias personas referuntur, id est ad personam discipuli et serui et filii ; quando enim magister dicitur, intellegitur et discipulus, et quando dominus nominatur, intellegitur et seruus ; sic et pater quando dicitur, reuelatur et filius.

Et les termes alternants sont pour eux les nomina contraria :

  • ibid. 10-13 : Alia ad aliquid quodammodo se habentia, quae a contraria significatione dicta sunt, ut dexter sinister, lux tenebrae ; quando enim dexter dicitur, intellegitur et sinister, et quando lux nominatur, intelleguntur et tenebrae ; sed a contraria significatione.

Comme l’on peut voir dans la tradition grammaticale latine, ces structures classématiques sont d’ordre paradigmatique et ne dépendent pas de leur réalisation dans le discours. Par un mot (magister, dexter) on sous-entend son terme complémentaire (.- discipulus) ou son terme alternant (| sinister). Les deux paires peuvent être conçues comme antonymes ; mais il convient alors de déterminer s’ils sont antonymes complémentaires ou antonymes alternants 6). Les termes alternants ont toujours un caractère antonymique, même si l’un d’eux exprime aussi la valeur neutre (devant le signe ) qui subsume l’opposition: dies dies | nox. En revanche, les termes complémentaires ne sont pas nécessairement antonymes et peuvent avoir un sens si proche qu’il s’exprime par un seul mot ; ainsi, amicus inclut deux termes complémentaires équivalents (“ami” .- “ami”) ; il s’agit de la complémentarité réciproque, dans laquelle l’antonymie n’est pas possible ; en revanche, celle-ci se manifeste nettement dans les termes alternants amicus | inimicus. Cependant, les termes complémentaires exprimés par le même mot ne sont pas réciproques, s’il n’y a pas de signifié identique ; par exemple, hospes signifie tantôt “qui recipit ” tantôt “qui recipitur ” ; en ce cas, l’on peut encore parler d’antonymie à l’intérieur d’un lexème unique.

1.2. L’aspect graduel et tensif

Les classes aspectuelles complètent, à côté des classes diathétiques et de modalité alternante, le système classématique proposé. L’opposition complémentaire uir .- uxor a un caractère diathétique et l’opposition alternante uir | mulier, un caractère modal ; au contraire, l’opposition sponsauxor (‘fiancée’ → ‘épouse’) est de classe aspectuelle. Les termes expriment respectivement un degré non résultatif et un degré résultatif, et fonctionnent comme un ‘infectum’ et un ‘perfectum’ exprimés lexicalement. Le critère de l’unité du procès exige que les deux termes se rapportent à un même référent, qui passe par la phase de ‘fiancée’ avant d’arriver à celle d’‘épouse’. Par conséquent, il s’agit d’une relation intrasubjective, comme celle de l’opposition alternante. Se rapportant au même référent, les termes de l’alternative/alternance célibataire | marié ne peuvent être simultanés ; quant à ceux de l’opposition aspectuelle fiancéeépouse, ils sont consécutifs, dans la mesure où ils constituent les deux degrés d’une séquence aspectuelle.

Dans la catégorie aspectuelle, il y a deux classes principales. L’une est l’aspect graduel (signalé par →), qui représente la notion fondamentale de “progression”. Et l’autre est l’aspect tensif (signalé par ~), qui représente la notion de “tension”, dans les domaines de la durée, de l’intensité ou de la fréquence7). L’aspect tensif se superpose souvent à l’aspect graduel. Ainsi, aspicereuidēre (“regarder” → “voir”) et spectareuidēre (“regarder attentivement” → “voir”) constituent deux oppositions de degrés ‘non résultatif’ → ‘résultatif’ ; en même temps, aspicere ~ spectare (“regarder” ~ “regarder attentivement”) forment une opposition d’aspect tensif : ‘non duratif’ ~ ‘duratif’, aspicere réunissant la valeur neutre (‘indifférente à la durée’) et la valeur négative ponctuelle, comme contre-valeur de la valeur ‘durative’ de spectare.

CLASSES DIATHÉTIQUES, MODALES ET
ASPECTUELLES
DIATHÈSE
Relation intersubjective
DIATHÈSE LEXICALE
Termes complémentaires
.-
MODALITÉ
ALTERNANTE
Relation intrasubjective
ALTERNATIVE/ALTERNANCE
LEXICALE
Termes positif / négatif
|
ASPECT
Relation intrasubjective
Aspect LEXICAL
Aspect GRADUEL
(non résultatif → résultatif)
Aspect TENSIF
(duratif ~ ponctuel)
~

Fig. 1. Classes diathétiques, modales et aspectuelles

Ce système s’articule sur l’axe de la subjectivité8), qui implique un rapport entre actants où chacun d’entre eux est susceptible de devenir sujet de sa propre action : c’est la notion de sujet qui est au fondement des relations intersubjectives et intrasubjectives, où sujet est entendu non seulement dans le sens de « sujet grammatical » mais aussi, plus largement, dans celui d’« actant sujet », de repère d’un procès . Par conséquent, on pourrait aussi parler de relations interactantielles et intractantielles, mais le terme sujet est préférable, dans la mesure où il permet de dépasser le niveau de la langue et d’atteindre ceux de la création littéraire, philosophique, etc.

2. La projection syntagmatique du système intersubjectif et intrasubjectif

Les relations intersubjectives et intrasubjectives, sans laisser d’être paradigmatiques, se projettent continuellement sur le plan syntagmatique. Pour mieux comprendre le principe de subjectivité qui les régit, suivant le critère d’unité du procès, il convient de partir d’un modèle que L. Tesnière n’a pas complété. Le linguiste a analysé la structure de la phrase simple Alfred donne le livre à Charles en un nœud verbal, qui exprime un “petit drame”, et trois actants. Mais il a tenu le sujet pour « un complément comme les autres » et les différentes actants comme ne jouant qu’un seul rôle , de sorte qu’il a réduit le “drame” à l’action d’un seul actant, l’actant sujet 9).

Pour notre part, nous maintenons la primauté du sujet10) et élevons les autres actants de leurs positions d’objet et de destinataire à la catégorie de sujets d’actions complémentaires à celle effectuée par l’actant sujet . Ainsi, on part du lat. dare, qui correspond au verbe employé par Tesnière :

Fig. 2. La primauté actantielle du sujet

En mettant sur la scène les trois actants, chacun à côté de son action, nous complétons le “drame”, puis constatons que les trois actions, comme parties du même “drame”, sont en relation intersubjective ; autrement dit, en constituant les parties du même procès, les verbes exprimant ces actions exigent des sujets grammaticaux différents. Dans la mesure où il s’agit d’actions complémentaires, les compléments des unes deviennent sujets des autres. Il est possible d’introduire une distinction entre elles et de parler de complémentarité directe, si l’objet direct devient sujet (pecuniam dat .- pecunia est) ou l’inverse (pecunia est .- pecuniam habet), et de complémentarité indirecte, si l’objet indirect devient sujet (filio dat .- filius habet)11).

La diathèse consistant en la disposition des actions d’actants qui interagissent entre eux, les trois verbes appartiennent au même système diathétique (dare .- esse + dat. .- habēre ). Leur relation intersubjective est analogue (analogie signalée par :: ) à celle du niveau grammatical :

pater pecuniam filio dat .- pecunia filio est :: pater pecuniam filio dat .- pecunia filio datur .

Cette analogie nous a amené à soutenir que le datif dans filio est n’est pas différent de celui de filio datur. La qualification traditionnelle de ce datif employé avec esse comme datif “possessif” suppose de lui attribuer le sens de habet, comme si l’on confondait au niveau lexical une expression de sens passif (filio est) avec l’expression active correspondante (filius habet)12). Or, entre l’actif et le passif, il peut exister une équivalence référentielle, mais pas une égalité de signifié. En ce cas, il y a, en outre, une grande différence diachronique : on qualifie ainsi l’expression ancienne (… filio est) de « datif possessif », en se référant en fait à l’expression plus récente, transitive (… filius habet), qui la remplacera lentement.

Comme expression à sens passif, filio est équivaut au passif grammatical de habēre (a filio habetur), d’après l’analogie antérieure :

pecunia filio est .- pecuniam filius habet :: pecunia a filio habetur .- pecuniam filius habet.

Or, toute expression possible dans le système n’est pas acceptée de la même manière dans la norme. Le caractère inusité du passif grammatical habēri, du moins au sens propre de “être eu”, est dû, entre autres raisons, au grand rendement, depuis la période archaïque, de l’expression esse + dat. Le remplacement historique de celle-ci par l’actif de habēre a lieu dans le cadre du système diathétique décrit. Le supplétisme lexical est plus ample pour exprimer le concept impersonnel “habet” dans différentes langues : la préférence normative d’un verbe aux dépens des autres (all. es gibt, angl. there is, fr. il y a, esp. hay) révèle que les trois actions font partie du même système diathétique et, en conséquence, jouissent de l’équivalence référentielle, très utile dans le procès de la traduction.

Ces mêmes actions peuvent avoir des relations intersubjectives avec d’autres actions ; par exemple, dare peut bien être la réaction à l’action de petere: filius pecuniam a patre petit .- pater pecuniam filio dat. Et d’autres actions interfèrent avec elles en relation intrasubjective. Ainsi, negare et carēre sont les actions alternantes respectives de dare et habēre : pater pecuniam filio dat | negat; filius pecuniam habet |pecuniā caret ; les actions de promittere et accipere composent une opposition d’ aspet graduel avec les mêmes verbes13): pater pecuniam filio promittitdat ; filius pecuniam accipit → habet :

  • Pl. Trin. 964 :
    haben tu id aurum, quod accepisti …?

Les relations classématiques constituent des oppositions fondamentales dans les champs sémantiques et, en outre, configurent les frontières de ceux-ci avec les champs voisins. Par exemple, parēre, en tant qu’archilexème du champ sémantique d’“obéir” en latin, est le terme complémentaire de imperare (ei qui imperat paret aut non paret), et est en même temps le terme non résultatif par rapport à exsequi (paret et eius imperium exsequitur)14). Nous présentons à la suite, schématiquement, le riche système classématique du champ sémantique de “uidēre”15):

Ce système classématique fonctionne non seulement pour structurer des champs sémantiques, mais il est aussi très productif pour rendre compte de n’importe quelle langue spéciale ou technique. Tesnière définit le nœud verbal comme un “petit drame” ; or, les actants de chaque “drame” exercent des actions complémentaires, en relation intersubjective. Ceci est particulièrement remarquable dans le spectacle théâtral, dans lequel plusieurs agents interviennent à l’intérieur et hors de l’action dramatique. Ainsi, par rapport à la scénographie et à l’attrezzo, l’action du locator (“loueur”) n’est pas comprise sans l’action complémentaire du conductor (“locataire”)16).

En ce qui concerne l’action dramatique, quatre des six fonctions actantielles proposées par A.-J. Greimas peuvent être classées selon deux relations complémentaires sur le même axe : les fonctions du Sujet et de l’Objet occupent la position centrale de l’action et celles du Destinateur et du Destinataire, les extrêmes : (Destinateur .-) Sujet .- Objet (.- Destinataire). En revanche, les fonctions concurrentes de l’Adjuvant et de l’Opposant sont de classe alternante (Adjuvant | Opposant)17). L’action dramatique elle-même peut consister en une situation d’erreur ou d’ignorance qui est surmontée au moment de la reconnaissance (error | agnitio) et, en tant qu’elle est une action complète (selon Aristote, Poet. 1450b), est constituée d’un début, d’un milieu et d’une fin. Cela signifie que, en sauvant la hiérarchie des niveaux d’expression, la structure tripartite d’un ouvrage littéraire (exposition, nœud et dénouement) est comparable à la séquence aspectuelle ‘ingressif’ → ‘progressif’ → ‘résultatif’ d’un procès quelconque18).

3. Les sous-classes diathétiques, alternantes et aspectuelles et leurs moyens d’expression

Après avoir envisagé l’ensemble du système classématique, il s’agit à présent de présenter les sous-classes de ce système – diathétiques, alternantes et aspectuelles – et les moyens à travers lesquels elles s’expriment.

Les classes aspectuelles sont les plus nombreuses ; leurs dénominations, à quelques exceptions près, se trouvent dans la tradition philologique. Elles s’intègrent dans un ample système présidé par les notions fondamentales de « progression » et « tension » 19).

3.1. Complémentarité diathétique

Les termes complémentaires surgissent dans une relation intersubjective ; c’est leur trait essentiel. Ils peuvent se présenter de manière simultanée ou dans une succession préétablie, en étant plus ou moins imbriqués, comme antécédent et conséquent, action et réaction, stimulus et réponse, cause et effet, etc. : ducere .- sequi ; persequi .- fugere ; rogare .- respondēre ; petere .- dare ; fugare .- fugere, etc. :

  • Pl. Bacch. 406 :
    quo sequar ? quo ducis nunc me ?
  • Ter. Phorm. 684 : aliud mihi respondes ac rogo.

Les grammairiens anciens avaient déjà établi une distinction entre relation hiérarchique et relation égalitaire. Priscien (GLK III 273, 24 sq.) a ainsi parlé de uerba supereminentia (dominor tibi,impero tibi) et uerba subiecta (seruio tibi, pareo tibi) et de uerba aequiperantia (sermocinor, altercor). Les derniers verbes, qui signifient « converser » et « disputer », sont de bons exemples de complémentarité réciproque entre signifiés similaires qui reçoivent la même expression20):

ego cum illo coniuraui .- ille mecum coniurauit = coniurauimus.

  • Pl. Merc. 536 :
    et inter nos coniurauimus, ego cum illo et ille mecum.

Au contraire, la complémentarité causative est une relation intersubjective inégale, car le terme causatif contient, en plus de l’action du terme non causatif, le sème ‘faire’ : docēre (‘faire connaître’) .- discere (‘apprendre’). Grâce à l’élément ‘faire’, le verbe causatif a pu être doublement transitif et régir deux accusatifs ; en ce cas, au passif, le contenu ‘apprendre’ s’est maintenu comme actif, de sorte que la construction de docēri est similaire à celle de discere 21):

  • magister discipulos grammaticam docet .-
    discipuli grammaticam discunt
    discipuli grammaticam docentur

À son tour, le participe parfait du terme causatif, grâce à sa valeur passive, fonctionne aussi comme participe du verbe non causatif: docēre .- discere : doctus ; facere .- fieri : factus ; iacere.- iacēre : iactus ; perdere .- perire : perditus :

  • Ov. Trist. 3,10,13 :
    nix iacet, et iactam ne sol pluuiaque resoluant.

En ce qui concerne l’expression diathétique, la relation intersubjective peut s’établir par différents procédés :

  1. Par opposition de voix : les différences diachroniques sont alors importantes22):
    • a) actif .- passif : medicus filium sanat .- filius sanatur.
      b) actif .- médio-déponent : pastor ouespascit .- oues pascuntur.
      c) actif .- réfléchi : figulus rotam uertit .- rota se uertit.
      d) actif transitif .- actif intransitif : medicus uulnera sanat .- uulnerasanant.
  2. Par un seul mot qui contient les deux termes complémentaires, en relation réciproque (amicus, sermocinari) ou non (hospes, participare ‘faire participer’ .- ‘participer’).
  3. Par modification des préverbes ‘allatifs’ (ad-, in-, sub-, ob-), du ‘sociatif’ com- et du ‘réversif’ re (d)- : ridere .- adridere (‘correspondre au rire’), colloqui (‘converser’), dare .- reddere (‘rendre’)23).
  4. Par modification suffixale d’une base lexicale : pendere .- pendēre ; augēre .- augescere.
  5. Par des lexèmes qui ont un élément commun : perdere .- perire ; uendere .- uenire.
  6. Par des lexèmes différents : uerberare .- uapulare; accendere .- ardēre ; persuadēre .- credere.
  • Ov. Met. 3,426 : Dumque petit, petitur pariterque accendit et ardet.
  • Petron. 98,4 : Dum haec ego iam credenti persuadeo.

Dans le vers d’Ovide, une opposition grammaticale se combine avec une opposition lexicale ; comme le montre le texte pétronien, tandis que le latin emploie une opposition lexicale (persuadēre .- credere), le grec recourt à une opposition grammaticale : πείθω .- πείθομαι. En tout cas, indépendamment du niveau expressif, le fondement de la diathèse est la relation intersubjective de ses termes.

3.2. Alternance modale

Par définition, les termes alternants ne sont pas simultanés et peuvent se succéder sans ordre préétabli : loqui | tacēre, claudere | aperire, habēre | carēre. Parfois, on dispose de termes intermédiaires, toujours secondaires, qui créent une gradation entre les deux contraires : égaliser ou être à égalité entre gagner | perdre, suffire entre être en plus | manquer, tiède et frais entre chaud | froid ; parfois il y a un terme neutre qui surpasse l’opposition : migrare inmigrare| emigrare; respirare inspirare | expirare.

Les termes alternants peuvent se présenter comme consécutifs dans une séquence intersubjective: offrir .- accepter | rejeter ; ou comme termes résultatifs dans une séquence intrasubjective : iudicarecondemnare | absoluere. Mais ils se présentent principalement comme un terme positif et un terme négatif.

Lorsqu’un terme représente la négation de l’autre, il s’exprime souvent par modification préfixale : scire | nescire, otium | negotium, iustus | iniustus. Les préverbes de classe ‘ablative’ (ab-, ex-, de-), le ‘dissociatif’ dis- et le ‘réversif’ re (d)- créent des termes alternants à partir d’une base lexicale : dicare | abdicare, texere | extexere, discere | dediscere, simulare | dissimulare, claudere | recludere (“aperire”)24). Le champ sémantique de “uestire” dispose de deux lexèmes à sens alternant (nudare et spoliare), mais le système préverbal multiplie leur nombre : exuere, excalceare, detegere, deuelare, deuestire, dedecorare, discingere, retegere, reuelare, recingere, etc. Même les deux lexèmes antérieurs renforcent leur expression dans le même sens : denudare, despoliare 25) (cf. esp. desnudo = nudus).

3.3. Catégorie aspectuelle

3.3.1. Degré aspectuel

L’aspect graduel consiste en l’expression grammaticale des différentes phases de la progression d’une action (infectumperfectum : quaeroquaesiui) ou en l’expression lexicale d’une succession d’actions en : ‘non résultatif’ → ‘résultatif’ : quaerereinuenire. Ces deux derniers verbes constituent une séquence intrasubjective typique26), dans laquelle, au contraire de ce qui arrive dans les termes alternants, la succession des actions est ordonnée :

  • Ter. Andr. 683 : Quaero… iam hoc tibi inuentum dabo.

Les deux degrés aspectuels impliquent souvent une relation diathétique entre un terme non causatif et un terme causatif : docēre .- discerescire ; facere .- fieriesse27). Le glissement de fui, qui, comme parfait étymologique de fieri, est devenu le parfait de esse dans la séquence aspectuelle qui unit des deux verbes, constitue une preuve historique de la cohésion de cette structure tripartite (diathétique-aspectuelle). Ensuite, fieri a reçu comme nouveau parfait factus sum dans la séquence diathétique de deux verbes. Ces glissements sémasiologiques sont plus importants dans certains composés de facere ; la relation diathétique en vient à disparaître, de sorte que proficere et officere deviennent intransitifs et occupent la place qui serait dévolue à *profieri et *offieri s’ils existaient, en tant que verbes non résultatifs associés à prodesse et obesse ; de même, deficere et sufficere, dans la mesure où ils sont intransitifs, ont remplacé defieri et *suffieri. En revanche, en composition avec d’autres bases verbales, -facere maintient sa valeur causative : calefacere .- calefieri ; mais le second terme de composé -fieri subit la concurrence du suffixe -scere, dans la mesure où le deuxième terme de l’opposition diathétique antérieure coïncide avec le premier terme de l’opposition aspectuelle calescerecalēre28).

Parmi le termes non résultatifs, on peut distinguer les termes ingressifs et progressifs ; unis au terme résultatif, ils constituent ainsi une structure tripartite qui représente le début, le milieu et la fin de n’importe quel procès, par exemple, celui de la vie : nasciuiueremori. Le degré déterminé d’un procès peut être envisagé à son tour comme un nouveau procès, analysable en sous-degrés ; ainsi, le procès de la mort, qui occupe le degré résultatif lorsqu’il est rapporté à uiuere, est réanalysé dans la séquence moriemori (‘mourir’ → ‘achever de mourir’)29), où le degré non résultatif est représenté par le terme non marqué. La préverbation est un moyen courant de réanalyse des procès ; par exemple, le degré ‘non résultatif’ de la séquence quaerereinuenire peut être analysé à nouveau en trois sous-degrés : inquirereperquirereexquirere. En plus des possibilités permises par le système, il convient de prêter attention aux réalisations imposées par la norme et aux évolutions historiques. Mais, en principe, les préverbes ‘allatifs’ (ad-, in-, sub-, ob-) indiquent le degré ‘ingressif’ : aggredi, incipere, suscipere (bellum), oppugnare ; les préverbes ‘prosécutifs’, le dégré ‘progressif’ : prodormire, peragere, transigere ; et les préverbes ‘ablatifs’, le degré résultatif : absumere, defungi, efficere30).

En outre, le degré ingressif comprend plusieurs sous-classes aspectuelles : d’abord, le degré désidératif : uisere (→ uidēre), esurire (→ edere), sitire (→ bibere), etc ; ensuite, le degré conatif : captare (→ capere) ; enfin le degré imminentiel avec la valeur ‘être sur le point de’ : aduentare (→ aduenire). Les verbes inchoatifs expriment presque toujours le commencement et le développement de l’action, de sorte qu’ils sont en réalité ‘inchoatifs-progressifs’: florescere (→ florēre). Quant au degré résultatif, il comprend un sous-degré résultatif plein, qui indique l’accomplissement du procès (inuenire, consequi), et un sous-degré décessif 31), qui signale l’abandon ou la cessation du procès (desinit quaerere, desinit sequi) :

  • Don., Ter. Andr. 935 : Persequitur enim, qui non desinit sequi.

3.3.2. Tension aspectuelle

L’aspect tensif représente la durée, l’intensité ou la fréquence d’une action à l’égard d’une autre. Une action (spectare ‘regarder attentivement’) est positivement ‘durative’ (aspect duratif) par opposition à une autre (aspicere), qui exprime la contre-valeur ‘non durative’ (‘jeter un regard’) ou la valeur indifférente à l’opposition (‘regarder’). Au contraire, une action (conspicere ‘voir d’un coup’) est positivement ‘ponctuelle’ (aspect ponctuel) par rapport à une autre (uidēre ‘voir’), qui peut aussi bien indiquer la contre-valeur ‘non ponctuelle’ qu’être indifférente à l’opposition.

Dans l’aspect ‘duratif’, les actions peuvent être continues, c’est-à-dire semelfactives, ou discontinues32). Parmi les premières, une action (dicare ‘dire solennellement’, ‘dédier’) est positivement ‘intensive’ (aspect intensif), par opposition à une autre (dicere ‘dire’), qui indique la contre-valeur ‘non intensive’ ou l’indifférence à l’opposition. La plupart des préverbes peuvent être intensificateurs de l’action des verbes simples (abundare, accurare, commouere, deamare, discupere, expetere, infringere, obligare, percrepare, praegestire, reformidare, superfluere, etc.).

Dans les actions discontinues, si la répétition est simple (‘iterum’), l’aspect est ‘itératif’ (aspect itératif) : fert et refert, id est iterum portat (Seru. Aen. 4,438). Si la répétition est multiple et immédiate (‘iterum atque iterum’: agitare, ductitare, potitare), l’aspect est réitératif (aspect réitératif). Et si la répétition est multiple et médiate (‘saepe’ : ductare, potare), l’aspect est fréquentatif (aspect fréquentatif)33).

Bien que la notion de degré aspectuel soit fondamentale dans un procès quelconque, la forme de son développement peut donner lieu à la prédominance de l’aspect tensif. Ainsi, dans les procès dénotés par des verbes faisant partie du champ sémantique de l’amour et décrits dans la comédie latine, le plus important n’est pas, en général, la projection dynamique de l’action comprise entre un début et une fin, mais la durée et l’intensité de leur développement, leur continuité ou leur discontinuité34). Les actions d’un champ sémantique peuvent ainsi se manifester plus nettement soit sur l’axe classématique de la progression, soit sur celui de la tension. Il paraît attendu que ce dernier prévale dans le champ sémantique de l’amour et, pareillement, dans les champs sémantiques d’autres sentiments.

Fig. 3. Classes et sous-classes aspectuelles


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3) Cf. l’opposition de création récente fr. téléphone / / mobile (ou portable) / fixe , esp. teléfono / / móvil / fijo , dans laquelle le concept de fixe (‘non mobile’ ou ‘non portable’) surgit comme contre-valeur du terme positif mobile. Cf. García-Hernández 2005a, 252 sq.
5) Dans la terminologie de J. LYONS, ces termes seraient considérés comme des « antonymes réciproques ».
6) L’antonymie est un procédé de création lexicale qui présente une grande diversité. Voir MOUSSY (2010, 177-184).
7) Jusqu’à présent, dans d’autres travaux, nous avons parlé d’ aspect séquentiel et d’ aspect extensionnel. Les nouveaux termes ( graduel, tensif ), proposés ici, sont plus élémentaires et pertinents. Graduel et progression, notion qui est au fondement de l’expression aspect graduel , sont formés sur la même racine ; aspect tensif a l’avantage de comprendre les idées d’extension (durée) et d’intensité.
8) Subjectivité est entendu ici au sens que lui donne A. J. GREIMAS (1979, s.u.) : « définition ».
10) En accord avec É. Benveniste (1966, 169), pour qui « ce qui caractérise en propre le verbe indo-européen est qu’il ne porte référence qu’au sujet, non à l’objet ».
13) L’analyse détaillée des champs sémantiques de “petere”, “dare” et “capere” (accipere) a été menée par L. Unceta Gómez (2009, 77-211), A. Martín Rodríguez (1999, 75-367) et J. Á. Delgado Santos (1996, 25-145).
19) Cf. note 6.
20) García-Hernández (1980, 69 sq., 78 sq., note 6.).
21) Le double accusatif de docēre peut devenir résiduel, mais il a surgi comme une construction de deux contenus concentrés dans la même expression, de façon semblable à flumen exercitum traducit (Caes. Gall. 2,5,4) et traducto exercitu flumen (Caes. Ciu. 3,76,1). Voir García-Hernández (1994, 380-383).
31) Si le néologisme désinent n’est pas acceptable en français, l’on peut avoir recours à décessif, proposé déjà par nous en 1985, 518.
33) Pour plus de détails, cf. García-Hernández (2011)