L'alphabet latin

essai de graphématique

Christian Touratier
Université de Provence (Aix-Marseille 1)




0. Introduction

Depuis que Pulgram a établi un parallélisme fondateur entre le graphème et la phonème, on peut dire que tous les linguistes qui se sont intéressés à l’écriture estiment que la graphématique est à l’écriture ce que la phonématique (ou phonologie) est à la prononciation. Claire Blanche-Benveniste et André Chervel disent explicitement :

  • “La distinction entre le graphème et la lettre se fonde sur des considérations identiques à celles qu’utilisent les phonologues pour opposer le phonème au son. Le graphème se définit comme une entité abstraite, par sa place dans l’alphabet et sa correspondance avec une unité du système phonologique. Face au graphème, on appelle lettre la réalisation particulière qui en est faite; on parlera par exemple de «lettre italique», «lettre majuscule», «lettre bien formée, lettre mal formée».” (Blanche-Benveniste & Chervel, 1969, 119).

Jacques Anis semble faire la même profession de foi. Il écrit par exemple :

  • “On appellera graphème l’unité minimale de la forme graphique de l’expression.”

formule technique qui a des airs phonologiques ; et quelques lignes plus bas, il fait explicitement référence à la phonologie :

  • “L’analyse des graphèmes segmentaux utilisera les méthodes structurales classiques (déjà expérimentées en phonologie).” (Anis, 1983, 33).

La position de Nina Catach sur ce point n’est pas totalement claire. Elle semble bien concevoir la graphématique comme la phonologie, quand elle cite et accepte la théorie du graphème de Gag :

  • “Nous considérons avec Gak, que «l’unité graphique … serait constituée non seulement par la face personnelle de la graphie, mais surtout par le lien spécifique entre un signifiant et un signifié, ce dernier pouvant être aussi bien la réalisation d’une fonction (marque grammaticale) que par la représentation d’un phonème.» (p. 27). Cependant, pour cette seconde fonction, nous ne parlerons pas de «signifié», mais de «correspondance» avec le phonème, en cas de transcription phonétique par exemple. Le graphème est dans ce cas un «signifiant de signifiant», il transcrit seulement un phonème.” (Catach, 1980, 36).

Nina Catach a raison de récuser le terme de signifié. Elle semble ainsi penser qu’elle conçoit le graphème comme l’association d’une lettre et d’un phonème, et donc que la lettre n’est pas par elle-même un graphème. Ceci rejoint ce qu’elle avait déjà écrit, quelques années plus tôt :

  • “Le premier progrès à faire est de distinguer le phonème du son, le graphème de la lettre.” (Catach, 1978, 60)

formule très intéressante, qui semble bien vouloir dire que la lettre est au graphème ce que le son est au phonème.

Malheureusement, quelques lignes après l’une et l’autre de ces citations, Nina Catach semble contredire cette similitude entre la graphématique et la phonologie. Elle écrit, dans le paragraphe qui suit la première citation :

  • “Nous pensons également qu’une étude graphique, même si elle comporte automatiquement deux entrées (association du graphème au phonème et aux autres sous-systèmes de la langue d’une part, aux autres graphèmes d’autre part) doit partir de l’écrit vers l’oral, dans le sens de la lecture. Notre orthographe est faite pour l’œil, elle apporte des informations supplémentaires que l’on ne peut pas trouver en partant du phonème.” (Catach, 1980, 36).

Un même second mouvement se trouvait déjà quelques lignes après la deuxième citation que nous avons faite :

  • “D’autre part, il faut souligner qu’une description comme celle que propose l’équipe HESO part du graphème au phonème et non l’inverse.” (Catach, 1978, 60).

comme si le graphème et la lettre étaient la même chose. Il aurait été plus juste de dire que la graphématique va de la lettre au phonème, et aboutit ainsi au graphème, qui est l’association de la lettre et du phonème.

Or, on observe que la pratique des chercheurs qui ont essayé de faire une description graphématique du français ne se conforme pas à leurs déclarations théoriques, même quand ils recourent à des méthodes ou à des concepts qui rappellent manifestement la phonologie, comme c’est le cas avec les notions de valeur de base et de valeur de position. Un tel écart vient peut-être de ce qu’ils n’ont guère pratiqué la description phonologique d’une langue. Quoi qu’il en soit, on a bien l’impression que, pour eux, le mot graphème n’est qu’un terme technique qui englobe toutes les lettres. Chaque lettre et chaque groupe de lettres associées sont considérés comme des graphèmes, comme si chaque son ou chaque groupe de sons d’une langue étaient des phonèmes ! Le graphème n’est donc pas, pour eux, une unité fonctionnelle abstraite, mais une simple réalité graphique. Par conséquent, ce qui est premier, à leurs yeux, c’est la lettre, comme le dit expressément le repli de Nina Catach, qui affirme que l’on doit aller de l’écrit vers l’oral, et donc de la lettre vers le phonème. Et l’on remarque qu’une lettre est toujours, pour eux, un graphème, et le même graphème, et cela quelle que soit sa valeur, alors qu’un même son correspond à deux phonèmes différents, quand il a deux valeurs différentes (cf. le paragraphe intitulé “Un même son pour deux phonème et vice-versa”, dans le chapitre des Eléments de linguistique générale de Martinet, qui est consacré à la phonématique (Martinet, 1970, 68-69)).

Ainsi ce n’est pas raisonner comme en phonologie que de dire par exemple :

  • “Le graphème s, dont la valeur de base est /s/, vaut /z/ entre voyelles, par exemple poisson s’oppose à poison.” (Blanche-Benveniste & Chervel, 1969, 136).

ou encore

  • “Trois graphèmes, c, g, t, dont la valeur de base est une occlusive, /k, g, t/, donnent une continue en valeur de position, /s, ž, s/, par exemple dans cire, gel, et partiel.” (Blanche-Benveniste & Chervel, 1969, 136-137).

même si cela donne l’impression de rappeler la phonologie, la notion de valeur de position ressemblant à la notion de variante. Pour travailler en graphématique comme en phonologie, il faudrait définir le graphème comme une unité graphique fonctionnelle, que l’on pourrait noter entre chevrons, et considérer que les lettres ne sont que des allographes ou des réalisations graphiques de graphèmes, tout comme les sons ne sont que des allophones ou des réalisations phoniques de phonèmes. Si donc la lettre s correspond à un phonème /s/, quand rien dans le contexte ne la conditionne, on a affaire à un graphème que l’on notera <s>, celui-ci faisant correspondre la lettre s au phonème /s/. Mais quand, dans un contexte particulier précis, cette même lettre correspond à un phonème /z/, elle représente un autre graphème, que l’on notera <z>. Elle n’est pas une variante du graphème <s>, comme le suggère l’analyse de Claire Blanche-Benveniste et d’André Chervel, mais une variante du graphème <z>. On dira par conséquent que le graphème <s> par exemple est représenté par plusieurs allographes, à savoir la lettre s, le digramme ss entre voyelles, la lettre c devant un i ou un e, ou le digramme ce, tout comme le phonème /n/ latin est représenté par les deux sons différents [n] et [N].

On ferait la même critique à la description de Nina Catach, qui fait correspondre au phonème /k/ les prétendus graphèmes c (crier, car), cc (accabler), qu (quand, quoi), que (bique), q (cinq, coq), cqu (acquitter), ch (orchestre, ecchymose), k (kilo, kimono) et ck (bifteck, ticket) (cf. Catach, 1980, 147), ou au phonème /s/ les prétendus graphèmes s (sac, iris), ss (poisson), sse (presse), c (cent, cil, cygne), ç (leçon, reçu), sc (science), t + i (initie, nation), et x (six, dix). Mais l’analyse de Nina Catach se distingue sur un point très important de celle de Claire Blanche-Benveniste. Elle admet que tous ces prétendus graphèmes représentent ce qu’elle appelle un archigraphème, en l’occurrence l’archigraphème K, pour la première série, et S, pour la seconde série. Ce faisant, elle retrouve le point de vue de la phonologie, dont elle a admis le principe. Pour notre part, nous dirions plutôt que la première série de lettres, notant le phonème /k/, correspond aux allographes du graphème <k>, et la seconde, qui note le phonème /s/, aux allographes du graphème <s>.

1. Description proprement graphématique

Il convient par conséquent de reprendre toute la description qui a été envisagée précédemment du fonctionnement de l’alphabet latin, en n’énumérant plus les différentes valeurs que prennent les formes graphiques que sont les lettres, mais en identifiant les différentes unités fonctionnelles qui sont représentées par les allographes que sont les lettres. Ceci revient, certes, à partir des lettres pour arriver à leur valeur phonique, mais nullement à considérer que ces lettres sont les graphèmes ou unités minimales de la graphématique.

1.1. Les lettres consonantiques

On dira donc que les lettres qui notent toujours le même son, c’est-à-dire les lettres qui n’avaient qu’une valeur de base sont des graphèmes. On postulera ainsi un graphème <p>, qui associe toujours le son bilabial sourd [p] à la lettre P, un graphème <m>, qui associe toujours la nasale bilabiale [m] à la lettre M, un graphème <t>, qui associe toujours l’occlusive apicodentale sourde [t] à la lettre T, un graphème <f>, qui associe toujours la constrictive labiodentale [f] à la lettre F, un graphème <s>, qui associe toujours la sifflante sourde [s] à la lettre S, et le graphème <r>, qui associe toujours la vibrante apicodentale [r] à la lettre R. Ce sont les cas les plus simples, à propos desquels on remarquera qu’en dehors de <m> et de <r>, les graphèmes correspondent toujours à un son sourd. Mais on sait que la sonorité de [m], comme celle de [r], n’est pas un trait distinctif du phonème /m/.

Le cas des lettres C et K est aussi un cas relativement simple. Ces deux lettres notent toujours le même son vélaire sourd [k] : il s’agit donc de deux variantes du même graphème, que l’on notera <c>, dans la mesure où la présence de K est conditionnée par la présence d’un A subséquent, alors que celle de C n’est conditionnée par rien. Mais la réalisation K du graphème <c> est soumise à une autre condition, qui n’est pas purement graphique : elle n’apparaît que dans une liste finie de mots dont le signifiant contient la syllabe initiale [ka] : les plus fréquents en latin sont KALENDAE «calendes», KAPVT «tête» et KARTHAGO «Carthage». En latin, à l’époque classique, K n’est qu’une variante libre de <c>, dans la mesure où il est plus fréquent d’écrire CALENDAE, CAPUT ou CARTHAGO. La lettre Q est aussi une variante du même graphème <c>, puisqu’elle correspond au même son vélaire [k] ; mais c’est une variante combinatoire, étant donné qu’elle n’apparaît que devant la lettre V, sauf dans le sigle SPQR. Elle a en outre la particularité phonologique de correspondre au premier segment du monophonème labiovélaire /kw/, ce qui est la raison pour laquelle elle apparaît uniquement devant la lettre V, qui, elle, note le second segment de la même labiovélaire.

Les choses se compliquent un peu, quand une lettre comme L ou N correspond à deux sons différents, à savoir respectivement une liquide vélaire [ł] et une liquide palatale [l], ou une nasale vélaire [ŋ] et une nasale apicodentale [n]. Les graphèmes <l> et <n> ne correspondent pas alors à un son précis, mais à un phonème, dans la mesure où les deux nasales, comme les deux liquides, sont en distribution complémentaire et représentent donc, chacune, le même phonème. Le lecteur doit seulement connaître le système phonologique de la langue latine, pour savoir que le graphème <n> correspond au son [ŋ] uniquement devant une lettre notant un son vélaire, comme ANCILLA «servante», FRANGO «briser», SEQVOR «suivre», et LINGVA «langue», ou que le graphème <l> correspond à un son apicodental notamment devant la lettre I et à l’initiale de syllabe, comme dans SICILIA «Sicile» ou LEX «loi». La complication est alors minime, puisque l’absence de précision du système graphique latin ne risque pas de perturber la communication ; car si le lecteur se trompe de réalisation phonique, celle-ci ne sera qu’une prononciation erronée du bon phonème.

Le cas des autres lettres notant des consonnes est un peu plus complexe. Les lettres B et D, qui auraient une valeur de base voisée et une valeur de position sourde, représentent le graphème <b> et <d>, puisqu’elles correspondent normalement aux sons voisés [b] et [d]. Mais la lettre B est une variante du graphème <p>, quand elle se trouve devant une lettre correspondant à un son sourd comme S ou T, ce qui est le cas par exemple dans PLEBS «les plébéiens» et OBTINVIT «il a maintenu», qui étaient prononcés [pleps] et [optinuit]. On remarquera d’abord que cette variante du graphème <p> est due à une influence du sens sur la notation graphique, ce que les philologues appellent une analogie du radical aux autres cas qu’au nominatif, ce que Quintilien qualifiait d’exigence de la ratio «logique» (Quint. 1,7,7). On remarquera en outre que cette variation graphématique n’avait pas du tout un caractère obligatoire, et n’était liée qu’à certains morphèmes ; car le parfait et le participe de verbes comme NVBO «se marier (pour une femme)» ou SCRIBO «écrire» présentaient toujours le graphème <p>: NVPSI, NVPTVM ou SCRIPSI, SCRIPTVM. Dans ces mêmes contextes, la lettre D est une variante du graphème <s>, devant S, et du graphème <t>, devant T, comme le montrent les alternances graphiques ASSEQVOR «atteindre» (à côté de ADSEQVOR), ATTINERE «concerner» (à côté de ADTINERE). On pourrait décrire autrement les faits et dire que la lettre B est un graphème qui correspond à l’archiphonème /P/, c’est-à-dire à une occlusive bilabiale qui n’a ni la surdité de [p], ni la sonorité de [b]. On le noterait par exemple <P>, avec une majuscule comme pour l’archiphonème en phonologie. Mais une telle description aurait deux inconvénients. D’abord, elle ne tiendrait compte ni de la fréquence, ni de la distribution. La lettre B note, en effet, presque toujours le son voisé [b] ; et ce n’est que dans quelques contextes particuliers qu’elle note le son sourd [p]. D’autre part, cette description rendrait plus difficile, voire impossible la description des autres emplois de la lettre B. On constate en effet que les lettres B et D, dans les mots composés, notent le même son que le graphème suivant qui est à l’initiale d’un lexème, ce qui permettrait de dire que ces lettres sont des variantes d’un autre graphème, exactement comme B est une variante du graphème <p>. La lettre B serait ainsi un graphème en quelque sorte joker (qui du reste alterne ordinairement avec la réalisation graphique de base du graphème qu’il représente), devant les lettres p, c, F, S, notant des sons sourds, et les lettres M et R, notant des sons voisés : SVBPLICO «prier» (à côté de SVPPLICO), SVBCLAMO «crier en réponse» (à côté de SVCCLAMO), SVFFICIO «je suffis» (à côté de SVBFICIO), SVBSEQVOR «suivre immédiatement» (à côté de SVPSEQVOR), et SVBMOVEO «j’écarte» (à côté de SVMMOVEO), SVBREPO «se glisser sous» (à côté de SVRREPO). De la même façon, la lettre D est une variante du graphème qui la suit, devant tout graphème consonantique sauf <b> et <m> : ADCIDERE «arriver» (à côté de ACCIDERE), ADFERO «apporter» (à côté de AFFERO), ADGREDI «s’approcher» (à côté de AGGREDI), ADLOQVOR «adresser la parole» (à côté de ALLOQVOR), ADNVERE «adresser un signe» (à côté de ANNVERE), ADRIPIO «je tire à moi» (à côté de ARRIPIO), ADSEQVOR «atteindre» (à côté de ASSEQVOR), ADTINERE «concerner» (à côté de ATTINERE), mais toujours ADBIBO «boire» et ADMOVEO «approcher de».

1.2. Les lettres vocaliques

Un peu comme les consonnes sonores, les lettres vocaliques présentent une situation compliquée. Les voyelles A, E et O correspondent, chacune, à deux phonèmes différents: /a/ bref et /a:/ long, /e/ bref et /e:/ long, /o/ bref et /o:/ long, ce qui veut dire qu’elles notent les archiphonèmes /A/, /E/ et /O/. On les appellera donc les graphèmes <A>, <E> et <O>. Ces graphèmes ont l’inconvénient de ne pas signaler une différence de prononciation qui, au niveau phonologique, est pertinente, ce qui est différent du cas du graphème <l>. Le lecteur a donc besoin de comprendre le sens du message pour donner une prononciation correcte à ces trois graphèmes. La situation est un peu plus compliquée pour les lettres I et V, qui ne se contentent pas de noter l’archiphonème vocalique /I/ et /U/, mais un archiphonème encore plus vague, dans la mesure où il n’est même pas spécifié en tant que son vocalique ou consonantique. Mais cette imprécision est moins grave que la précédente ; car il faut seulement connaître le système phonologique pour ne pas se tromper dans la lecture en [w] ou en [u] de ce phonème ; il n’est pas nécessaire de faire vraiment appel au sens, pour savoir si les graphèmes <I> et <V> doivent être prononcés [i] ou [j], ou bien [u] ou [w]. Par contre le recours au sens est nécessaire pour savoir si la voyelle V ou I est longue ou brève : LVTVM «boue» [lutum] ou «gaude (plante coloriant en jaune)» [lu:tum], PILVM «javelot (Nom. ou Acc.)» [pi:lum] ou «poil (Acc.)» [pilum].

Lorsque deux lettres vocaliques se suivent, comme dans AE, AV et OE, on a tout simplement affaire à la suite des deux graphèmes <A> et <E>, <A> et <V>, et <O> et <E>, dans la mesure où ces différents graphèmes notent la même réalité phonique non spécifiée que lorsqu’ils se trouvent dans d’autres contextes.

1.3. Les quatre dernières lettres de l'alphabet latin

Les quatre dernières lettres de l’alphabet latin présentent, chacune, des particularités graphématiques. Z et Y sont, dans la langue des personnes cultivées, des graphèmes qui correspondent l’un à une sifflante voisée [z], et l’autre à la voyelle arrondie [y]. Mais, dans la classe des gens non cultivés, ce sont plutôt des variantes des graphèmes <s> et <V>, se prononçant probablement [s] et [u].

La lettre H est un graphème aspiré <h> dans la langue cultivée, mais, dans la langue des gens non cultivés, une lettre souvent muette, qui n’est donc pas un graphème, quand il ne correspond à aucune prononciation.

Reste la lettre X. Ce n’est pas un graphème. C’est une variante amalgamée, pourrait-on dire, des deux graphèmes <c> et <s>.

2. En conclusion

Décrit comme cela, le système graphématique latin montre bien ses limites et ses lacunes. Il n’y a pas un graphème pour correspondre à chaque son de la prononciation latine: aucun graphème en effet pour distinguer les sons [ŋ] et [n], [ł] et [l], [j] et [i], [w] et [u]. Il n’y a même pas un graphème pour chaque phonème du système phonologique latin : aucun graphème en effet ne distingue /a:/ de /a/, /e:/ de /e/, /o:/ de /o/, /u:/ de /u/, /i:/ de /i/. Par contre, il y a des redondances inutiles, comme les trois variantes du graphème <c>, à savoir C, K et Q, et la variante X des deux graphèmes <c> + <s>. Mais ces variantes inutiles sont des restes de l’histoire, c’est-à-dire de la transmission aux Romains par les Etrusques de l’alphabet grec occidental.

Rédaction : Christian Touratier.

Révision : Janyce Desiderio, Michèle Fruyt.

Mise sur le site en février 2015 : Janyce Desiderio.