Le grec chez Aulu-Gelle



Introduction

Comme le titre de l’œuvre le laisse présager, le grec est omniprésent dans Les Nuits attiques. Pour Aulu-Gelle, l’étude des lettres ne saurait, en effet, se concevoir sans une connaissance parfaite du grec1). En outre, dans sa préface, l’auteur décrit lui-même son ouvrage comme des « récréations » (remissiones, §1) qu’il a composées selon qu’un livre latin ou grec lui tombait sous la main2), la présence de la langue grecque participant, précisément, à la diversité et à l’éclectisme qui caractérisent cette œuvre. Enfin, Aulu-Gelle affirme en de nombreux endroits3) la supériorité du grec sur le latin : son usage du grec se justifie souvent par cette admiration.

L’irruption du grec dans l’œuvre peut se faire sous la forme d’un simple mot, d’une phrase ou d’un vers, voire de plusieurs lignes4). Il convient d’abord de distinguer le grec qui émane de l’auteur (ce sont les cas les moins fréquents) et le grec que rapporte l’auteur, qu’il s’agisse de citations de textes écrits ou de reformulations de textes prononcés à l’oral. Ensuite, il s’agit de déterminer quelles fonctions occupent ces énoncés grecs dans l’œuvre d’Aulu-Gelle.

A qui appartient le grec dans les Nuits attiques ?

Les énoncés en grec (où nous comprenons sous le terme énoncés aussi bien les vocables isolés que des fragments de discours plus longs) dans les Nuits attiques sont toujours attribués à des énonciateurs identifiés. Ce peut être par exemple une communauté savante usant d’un sociolecte particulier (alii multi philosopiae sectatores, Gell. N.A., 1, 3, 9), mais dans la majeure partie des cas, il s’agit d’un énonciateur unique : ou bien Aulu-Gelle lui-même ou bien les personnages qu’il cite (et que, en général, il nomme).

1.1. Le grec d’Aulu-Gelle

Nous nous intéressons ici aux cas où le grec est employé en usage5), c’est-à-dire qu’il dénote un référent extralinguistique. Aulu-Gelle est un auteur latin et lorsque son discours s’émaille de grec, il ne s’agit que d’un mot, ou éventuellement d’une courte expression. Il nous semble pouvoir distinguer deux grands types d’emplois :

1.1.1. Le vocabulaire technique

C’est le cas le plus fréquent. Lorsqu’un domaine technique est abordé, la terminologie est souvent grecque. Aulu-Gelle utilise le grec lorsqu’il s’agit de dénoter une réalité grecque : ainsi, dans une notice sur l’enseignement pythagoricien, dont la méthode repose sur la physiognomonie, il reprend la terminologie pythagoricienne : φυσιογνωμονέω « juger d’après la physionomie »6). Cet exemple se situe à la limite de l’usage et de la mention, car si le terme est bien employé en usage dans la phrase d’Aulu-Gelle (il s’agit, en effet, d’un verbe conjugué qui décrit la méthode appliquée par Pythagore), il donne immédiatement lieu à une définition latine introduite par id uerbum significat. Bien qu’il soit en usage, il fait donc l’objet d’une « modalisation autonymique7) ».

1.1.2. Un phénomène de code-switching ?

Mais le contexte dans lequel interviennent ces mots ou expressions n’est pas toujours grec : par exemple, Aulu-Gelle emploie le syntagme ἐπιμέλεια τῶν λέξεων8) (« attention portée au style ») alors même qu’il est question tout au long de la notice du style de Cicéron ; il en est de même d’ἐτυμολογία et ἔτυμον « étymologie »9). Ailleurs10), le maître ingénieur est appelé magister ἀρχιτέκτων. Dans ces exemples, les termes sont bien intégrés à la syntaxe de la phrase latine : dans le premier cas, l’expression grecque est coordonnée à un syntagme latin (ἐπιμέλεια τῶν λέξεων modulamentaque orationis) ; dans le deuxième, ἐτυμολογία se trouve au datif à valeur locative au sein d’un syntagme prépositionnel introduit par in et ἔτυμον est qualifié par falsum; dans le troisième, inversement, l’adjectif grec détermine un substantif latin. En outre, on notera que le grec ne donne lieu ici à aucune traduction.

La question est de savoir si ces derniers exemples relèvent de l’emprunt d’une terminologie technique ou plutôt d’une forme de code-switching.

La même question peut se poser lorsque Aulu-Gelle, alors qu’il discute le sens et les emplois du verbe latin superesse, et qu’il évoque, pour étayer son argumentation, des auteurs comme Cicéron, Plaute et Virgile, dit à propos de ce dernier qu’il a employé le verbe superesse ἀκυρότερον, « particulièrement improprement ». Il semble alors que le mot grec fasse irruption spontanément dans la phrase d’Aulu-Gelle, comme s’il lui était le premier venu à l’esprit, alors qu’il emploie ailleurs improprie dans le même sens11).

1.2. Le grec cité

La plupart du temps, la présence de grec dans les Nuits attiques relève de citations, rapportées au discours direct ou au discours indirect, qu’il s’agisse de personnages qu’Aulu-Gelle fait parler ou bien d’auteurs dont il cite les œuvres. Il faut replacer les Nuits attiques dans son environnement biculturel12) pour expliquer le fait que ces citations ne sont pas toujours traduites. En outre, comme le souligne Aulu-Gelle dans sa préface, l’ouvrage s’adresse au uir ciuiliter eruditus 13), qui comprend et parle nécessairement le grec.

1.2.1. Les auteurs grecs

Aulu-Gelle nous livre quantité de fragments d’auteurs, dont le cadre de cette présentation sommaire ne permet pas de dresser la liste. Néanmoins, il est intéressant de retenir que lorsque Aulu-Gelle parle d’un auteur, il aime à en citer des passages dans leur version originale. À quelques exceptions près14), il s’agit de courts passages : un mot, une expression, mais le plus souvent, quelques lignes ou vers.

Ces citations ne sont pas toujours traduites, ni même glosées, mais l’on peut supposer, quand il s’agit de vers d’Homère, d’Aristophane ou de Pindare, par exemple, qu’ils étaient bien connus d’un public érudit.

1.2.2. Les personnages mis en scène par Aulu-Gelle

Conformément à ce qu’il a annoncé dans sa préface, Aulu-Gelle nous transmet non seulement le fruit de ses lectures, mais aussi des connaissances issues des exposés qu’il a pu entendre lors de cours ou de conférences ou des paroles dont il a pu être le témoin. C’est pourquoi le discours rapporté occupe une place très importante dans les Nuits attiques. De manière générale, Aulu-Gelle rapporte en latin les paroles des personnages s’exprimant en grec15). Toutefois, de la même manière qu’il cite volontiers les œuvres dans la langue dans laquelle elles furent écrites, il émaille souvent sa transcription latine de quelques mots grecs rappelant au lecteur la langue dans laquelle ces paroles furent prononcées16). Le personnage de ce type le plus emblématique dans les Nuits attiques est probablement Favorinus17). Ce dernier est originaire d’Arles en Gaule, mais tous ses travaux sont rédigés en grec. C’est un expert de la culture grecque et romaine et il est pour Aulu-Gelle l’incarnation du biculturalisme. Dans les Nuits attiques, Favorinus se présente, d’ailleurs, lui-même comme un helléniste, affirmant que l’essentiel de son travail est presque entièrement consacré au domaine grec18).

2. Le rôle du grec

Nous envisageons ici à la fois les énoncés grecs dont Aulu-Gelle est l’énonciateur, les citations d’œuvres écrites ou les propos rapportés. Hormis la fonction terminologique (que nous étudierons de manière plus approfondie au cours du développement qui suit), plusieurs cas de figure peuvent être dégagés.

2.1. Un lexique plus riche

Comme le fait remarquer T. Fögen19), le grec assume la fonction de langue de prestige. À plusieurs reprises, en effet, Aulu-Gelle fait remarquer la supériorité du grec sur le latin20). Le grec, à ses yeux, possède manifestement un vocabulaire plus riche et plus adéquat que le latin, comme le laisse penser sa propension à utiliser le grec dans le domaine technique ; selon lui, le latin ne connaîtrait pas d’équivalents satisfaisants21). Aulu-Gelle l’admet lui-même explicitement en renonçant à traduire le grec ἀξίωμα et sa définition grecque au motif que cela l’obligerait à « se servir de mots nouveaux et barbares que le oreilles n’eussent pu à peine supporter tant ils étaient inhabituels22) ». C’est également cette difficulté que souligne notre auteur lorsqu’il affirme que, même en ayant recours à plusieurs mots pour traduire un mot unique en grec, le latin ne saurait être aussi clair et précis que le grec23). Cette supériorité du lexique grec sur le lexique latin est également revendiquée explicitement par Favorinus, dans une discussion avec Fronton au sujet des couleurs24).

2.2. Un lexique plus élégant

Non seulement le grec est plus riche et plus précis, mais il est également considéré par Aulu-Gelle comme étant plus élégant. Les exemples sont nombreux : discutant le sens de l’adverbe mature et faisant remarquer que ce mot était souvent utilisé improprement, Aulu-Gelle rappelle qu’Auguste en exprimait l’idée avec beaucoup de distinction à l’aide de deux mots grecs (duobus Graecis uerbis elegantissime )25). Ailleurs, cette élégance est l’un des objets même de la notice : « une phrase concise et élégante de Favorinus »26). Aulu-Gelle fait figurer cette phrase grecque à la fin du lemme, afin que le lecteur puisse lui-même admirer la beauté du grec. C’est ce que l’on peut déduire du commentaire qui introduit la citation : sententiam…detornatam inclusamque uerbis his paucissimis (« une phrase façonnée au tour et enfermée en très peu de mots que voici »). La citation n’était pas indispensable pour le sens du propos, dans la mesure où Aulu-Gelle en a résumé le contenu dans le début de sa notice, mais elle apporte la beauté du texte original, et permet au lecteur d’en percevoir les effets par lui-même27).

Ailleurs, la mention du grec apparaît plus nécessaire, quand il s’agit par exemple de citer une maxime28). Il nous semble pouvoir aussi attribuer à ce souci esthétique certains cas où quelques mots grecs font irruption au sein des paroles d’un personnage parlant grec qui est, par ailleurs, cité en latin : Taurus, parlant des élèves de l’école pythagoricienne, les décrit ainsi comme ἀθεοώρητοι, ἄμουσοι et ἀγεωμέτρικοι (« ignorants, réfractaires aux arts et à la géométrie »)29). Ces trois adjectifs ont plus d’effet lorsqu’ils sont cités en grec que s’ils étaient traduits en latin.

2.3. Une fonction ludique et satirique

La dimension ludique n’est certainement pas absente de l’exemple précédent, mais elle est plus nette encore en Gell. N. A. 1, 5 : cette notice commence par faire mention des railleries dont Démosthène faisait l’objet au motif qu’il prenait grand soin de sa mise. Ses adversaires et ses rivaux lui reprochaient ainsi ses κομψὰ χλανίσκια (« manteaux élégants ») et ses μαλακοὶ χιτωνίσκοι (« tuniques moelleuses »)30). Ces mots grecs, bien qu’ils soient insérés sans précaution oratoire dans la phrase, sont des citations du Contre Timarque d’Eschine31). Il y a donc là un jeu qui s’instaure avec le lecteur averti, qui saura reconnaître la source d’Aulu-Gelle. Dans la suite de la notice, il est question d’Hortensius ; celui-ci se fait railler par Lucius Torquatus, qui prend plaisir à l’appeler Dionysia, du nom d’une danseuse très connue. Hortensius lui répond « d’une voix douce et faible » (uoce molli atque demissa) qu’il préfère être Dionysia plutôt que, comme Torquatus, ἄμουσος, ἀναφρόδιτος, ἀπροσδιόνυσος (« étranger aux Muses, à Aphrodite, à Dionysos »)32).

Si le grec a une fonction esthétique ici, dans la mesure où la succession de ces trois adjectifs morphologiquement proches apporte un rythme et un effet d’amplification à la phrase, il a sans doute aussi une fonction satirique, comme peuvent le laisser penser les adjectifs péjoratifs qualifiant la voix de l’orateur latin, mollis etdemissa. Tout en donnant le dernier mot à Hortensius, Aulu-Gelle se moque discrètement de lui en le faisant parler grec, en l’assimilant à un graeculus, c’est-à-dire à l’un de ces Romains qui se mettaient à la mode grecque et qui étaient si décriés par les Romains plus conservateurs, attachés aux valeurs traditionnelles et à la langue latine. C’est encore une manière de le taxer de mollitia, de manque de virilité, trait souvent associé à la langue grecque par des satiristes comme Juvénal par exemple.

Cette même fonction satirique se retrouve en Gell. N.A. 1, 2, l’irruption du grec allant même jusqu’à produire un effet comique : un jeune philosophe bavard et pédant se vante d’être supérieur à tous (grecs et latins), tout en faisant ronfler des mots compliqués ; ces mots nous sont cités en grec par Aulu-Gelle33), à l’intérieur des paroles du jeune philosophe qu’il rapporte au discours indirect, et sont repris ensuite par les termes latins atra uerborum et argutiarum fuligine (« noire fumée de mots et d’arguties »)34). C’est alors qu’Hérode Atticus entre en scène pour remettre le jeune pédant à sa place ; il cite pictète, utilisant lui aussi des termes grecs. Aulu-Gelle précise que la réponse d’Hérode Atticus fut faite en grec35) et ne résiste pas à citer six adjectifs en grec, qui définissent précisément ce que doit être le véritable philosophe stoïcien. Il ajoute même le passage d’pictète qu’Hérode cita à cette occasion au jeune homme, la longueur de la citation venant accroître l’intensité de l’humiliation infligée au jeune pédant.

En outre, dans les anecdotes que nous rapporte Aulu-Gelle, il est des jeux de mots qui ne sauraient se traduire en latin. C’est le cas par exemple de l’histoire des ambassadeurs de Milet venus à Athènes pour demander de l’aide et qui avaient payé Démosthène pour qu’il ne parlât point contre eux36). Démosthène avait alors prétexté une angine (συνάγχη) et quelqu’un dans le peuple avait dit que Démosthène n’était pas pris de συνάγχη, mais de ἀργυράγχη37).

2.4. Fonction illustrative

Cette fonction ne concerne que les citations, et elle n’est pas exclusive des autres fonctions (notamment la fonction esthétique). Très souvent, Aulu-Gelle commence par raconter, résumer, gloser ou traduire un contenu grec, mais fournit à son lecteur le texte original. Ainsi traduit-t-il38) la peinture que Chrysippe a donnée de la justice ad hunc ferme modum (« à peu près en ces termes »), pour ensuite rapporter le texte original (uerba ipsa Chrysippi). Il ajoute, à la suite de cette longue citation, les raisons qui l’ont poussé à faire figurer le texte grec : ut prompta ad considerandum iudicandumque sint (« afin qu’on ait le texte sous la main pour l’examiner et le juger »). On voit ici le souci de précision qui anime Aulu-Gelle lorsqu’il cite un auteur. À ce titre, il précise fréquemment, lorsqu’il est question d’une citation (quelle soit latine ou grecque, d’ailleurs), qu’il reprend les mots exacts de sa source (ipsa uerba).

Le grec fonctionne alors comme une note de bas de page : dans une notice39), il est question de deux vers d’Homère qu’Aulu-Gelle résume et commente, mais à la suite, il rappelle ces vers précisément, les introduisant par Homerica, quae supra dixi, haec sunt (« voici les vers d’Homère dont j’ai parlé plus haut »).

Aulu-Gelle est un érudit qui s’adresse à un public d’érudits et pour cette raison, il navigue avec aisance entre le latin et le grec. Le grec peut ainsi faire l’objet de citations (traduites ou non), ou faire à l’occasion partie de son vocabulaire. Mais l’intervention du grec est rarement gratuite : ou bien elle concerne le fond et répond à des questions terminologiques, une lacune ou une imprécision du lexique latin par exemple, ou bien elle concerne la forme et a des fonctions plus « ornementales ». Le grec dans les Nuits attiques contribue ainsi non seulement à rendre le récit vivant, à rendre un peu de leur origine aux personnages mis en scène par Aulu-Gelle, mais aussi à faire de cette œuvre une source d’informations fiables et précises.



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1) À ce titre, la mention de l’étymologie fautive du lexème Hyades est emblématique, Aulu-Gelle l’attribuant à une mauvaise connaissance du grec (cf. Gell. N. A. 13, 9).
2) Gell. N. A. préface 2 : ut librum quemque in manus ceperam seu Graecum seu Latinum uel quid memoratu dignum audieram.
3) Cf. par exemple, Gell. N. A. 10, 22, 3.
4) À quelques exceptions près (par exemple les citations d’Aristote en 19, 2, 5, d’Erasistrate en 16, 3, 7-8 et de Platon en 10, 22, 4-23), Aulu-Gelle ne s’autorise pas de très longs passages en grec.
5) Nous laissons de côté ici le cas des vocables grecs autonymes, dans la mesure où ils constituent des micro-citations ne relevant pas du grec d’Aulu-Gelle lui-même. Pour l’étude spécifique de ces autonymes grecs, voir « Formes et fonctions des énoncés autonymiques gréco-latins dans les //Nuits Attiques// d’Aulu-Gelle ».
6) Gell. N. A. 1, 9, 2.
7) Selon la terminologie de J. AUTHIER-REVUZ (1992 et 1993). J. REY-DEBOVE (1997) parle, elle, de « connotation autonymique ».
8) Gell. N. A. 1, 7, 19.
9) Gell. N. A. 1, 18.
10) Gell. N. A. , 1, 13, 11 et 14.
11) Cf. Gell. N. A. 17, 1, 1 ; 15, 5 ; 12, 26, 4.
12) Voir à ce sujet S. SWAIN (2004, 3).
13) Gell. N. A. , Préface, 13. On retrouve la même idée d’un public érudit lorsqu’Aulu-Gelle invite ceux qui n’ont jamais pris plaisir ni peine à lire et à écrire à « s’en aller loin de [s]es Nuits » (ibid. 19).
14) Cf. supra, note 4.
15) Par exemple, les paroles d’Hérode Atticus (Gell. N. A. 1, 2, 6) sont rapportées au discours direct, mais en latin, introduites par ce commentaire d’Aulu-Gelle : tum Herodes Graeca, uti plurimus ei mos fuit, oratione utens (« alors Hérode, comme il en était le plus coutumier, dit en grec »). Herode Atticus, chez Aulu-Gelle, est présenté comme un locuteur de langue grecque, même s’il a appris assez jeune le latin au cours d’un voyage à Rome avec son père.
16) Cf. par exemple le philosophe Taurus en Gell. N.A. 1, 9, 8.
17) Aulu-Gelle tient Favorinus en grande estime, comme le montre Gell. N.A. 14, 1, 1 : Audiuimus quondam Fauorinum philosophum Romae Graece disserentem egregia atque inlustri oratione (« nous avons entendu un jour le philosophe Favorinus disserter à Rome en grec en un discours remarquable et brillant »).
18) Gell. N.A. 13, 25, 4.
20) Cf. par exemple, Gell. N. A. 12, 1, 24 ; 11, 16, 1. Voir infra.
21) Par exemple, le terme de narratologie κατὰ πρόληψιν (« par anticipation ») en Gell. N.A . X, 12, 8.
22) Gell. N. A. 16, 8, 5 : Hoc ego supersedi uertere, quia nouis et inconditis uocibus utendum fuit, quas pati aures per insolentiamuix possent.
23) Gell. N. A . 11, 16, 9 : […]qui ne pluribus quidem uerbis potuerim non obscurissime dicere, quod a Graecis perfectissime uerbo uno et planissime dicitur.
24) Gell. N. A . 2, 26. Sur cette notice, voir A. Garcea, 2003, p. 173-198.
25) Gell. N. A. 10, 11, 5.
26) Gell. N. A . 9, 8 : Fauorini philosophi cum breuitate eleganti sententia.
27) Un autre exemple de ce type figure en Gell. N.A. 1, 8, 6, à propos d’une phrase de Démosthène qu’Aulu-Gelle traduit, mais dont il ne résiste pas à donner l’original : sed Graeca ipsa, quae fertur dixisse, lepidiora sunt (« mais les mots grecs qu’on lui attribue sont plus jolis »).
28) Gell. N. A. 1, 8, 4 : οὐ παντὸς ἀνδρὸς ἐς Κόρινθον ἔσθ’ ὁ πλοῦς « tout homme ne peut aborder à Corinthe ».
29) Gell. N. A . 1, 9, 8.
30) Gell. N. A . 1, 5, 1.
31) Eschine, Contre Timarque, 131.
32) Gell. N. A. 1, 5, 3.
33) Gell. N. A . 1, 2, 4 : κυριεύοντας renvoie au raisonnement du dominateur, ἡσυχάζοντας au refus de répondre et σωρείτας au problème du « tas » (lorsque l’on rassemble un à un des grains, à partir de quel moment décide-t-on de l’existence d’un tas?).
34) Gell. N. A . 1, 2, 7.
35) Gell. N. A. 1, 2, 6 : Tum Herodes Graeca, uti plurimum ei mos fuit « alors Hérode lui répondit en grec, comme il le faisait le plus souvent ».
36) Gell. N. A. 11, 9.
37) Dans les éditions consultées (CUF et Teubner), ces termes grecs sont translittérés en caractères latins (synanchen et argyranchen) ; cependant, leur forme permet immédiatement de les identifier comme des emprunts au grec peu intégrés en latin.
38) Gell. N. A. 14, 4.
39) Gell. N. A . 1, 15.