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domaines_semantiques:impermanence:3 [Dictionnaire Historique et Encyclopédie Linguistique du Latin]
 

L’impermanence à Rome : autour du mot uanitas

Jean-François THOMAS



3. Conclusion

Le monde romain antérieur au christianisme et la pensée chrétienne ne peuvent ignorer l’évolution des choses faite d’impermanence, de fin et de finitude, mais elles ne sont pas perçues de la même manière.

Pour un Romain de l’époque de Caton, de Cicéron ou de Sénèque, elles peuvent être sinon surmontées, du moins anticipées par une action humaine. Il s’agit de rétablir la bienveillance des dieux et la pax deorum, ou d’acquérir une force intérieure fondée sur les principes de l’épicurisme et du stoïcisme. La chute menace, elle est imprévisible, mais l’homme romain cherche à s’en protéger en surmontant ses craintes par une action.

Pour un chrétien, la fin et la finitude sont un obstacle vers la beauté de la création, et la grandeur de la vie éternelle. Ce passage de l’humain au divin, ce passage de l’instabilité humaine à l’éternité de la spiritualité et de la beauté de la création, ce changement d’ordre en somme explique selon nous pourquoi un mot désignant l’illusion fut appliqué à l’impermanence. L’impermanence, de fait d’expérience qu’elle est, devient une illusion que dépasse une vérité, celle de la conscience lucide de l’Ecclésiaste, celle du christianisme qui ouvre sur un monde supérieur, et c’est en ce sens qu’elle devient une vanité.

Bien sûr, le stoïcisme introduit un dépassement de la fragilité des choses par la uirtus et il s’agit bien d’un dépassement pour s’éloigner de l’errance vers la vérité de la constantia et pourtant uanitas n’est pas utilisé dans cet emploi par Sénèque. Le stoïcisme n’est pas sans lien avec le christianisme, mais ce dernier repose sur le rapport entre deux ordres, l’évidence humaine de l’erreur et la grandeur de la création divine dans sa vérité, et c’est cette différence d’ordre qui explique la perception de la finitude comme une uanitas, comme une erreur.

Ce dont rend compte le nouvel emploi de uanitas, c’est d’un passage d’une instabilité humanocentrique à une instabilité transcendée pour passer de l’erreur à la vérité.


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