I. Socius, familiaris, necessarius

Ces 3 termes ont pour point commun d’exprimer une relation à l’autre précise dans le cadre de la société traditionnelle, sans être utilisés à l’époque classique pour des conceptions nouvelles. Loin de toute étude exhaustive, l’on s’attachera à les comparer puis à caractériser leur devenir chez les auteurs chrétiens, la rareté de tel ou tel étant alors un fait au moins aussi important que leur usage, car cela témoigne de l’évolution des mentalités.

I.1. Socius

Au-delà de la correspondance avec le fr. associé, le latin socius a plusieurs valeurs. Ses emplois peuvent être aussi éclairés par des références ponctuelles à societas.

I.1.1. « L’associé dans une entreprise commune »

Socius désigne l’autre en tant qu’il partage avec le sujet une situation ou une activité. La nuance est d’autant plus prégnante que ces domaines sont très régulièrement exprimés sous forme de complément déterminatif au génitif ou de complément prépositionnel dans le contexte étroit du mot. Ce que le socius partage sur le plan privé, ce peut être une association d’intérêt ponctuelle plus ou moins heureuse, tel ce personnage de Plaute :

  • Plaute, Asin. 288-289 :
    Illic homo socium ad malam rem quaerit quem adiungat sibi.
    Non placet : pro monstro extemplo est, quando qui sudat tremit

    « Mon homme cherche un compagnon pour l’associer à la raclée qui l’attend. Je n’aime pas ça. C’est tout de même mauvais signe quand on tremble et qu’on sue à la fois. » 1)
  • Cicéron, Fam . 4, 6, 1:
    Me autem non oratio tua solum et societas paene aegritudinis, sed etiam auctoritas consolatur. Turpe enim esse existimo me non ita ferre casum meum ut tu tali sapientia praeditus ferendum putas.
    « D’ailleurs tes paroles et la part que tu prends à mon chagrin, mais aussi ton ascendant me procurent un soulagement. J’estime en effet humiliant de ne pas supporter un malheur comme je devrais le faire, à en croire ta haute sagesse. » (trad. J. Beaujeu)

L’on comprend alors que le mot s’applique au mariage :

  • Stace, Silv. 3, 5, 106-107, à propos de la terre natale :
    Sed satis hoc, coniux, satis est dixisse : creauit me tibi, me socium longos adstrinxit in annos.
    « Mais il suffit, chère épouse, il suffit de te dire ceci : ma terre natale m’a donné la vie pour toi, elle m’a très étroitement lié à toi pour partager les jours pendant de longues années. » (trad. H. J. Izaac)

Une affection réciproque soudée autour d’un objectif commun précis unit Nisus et Euryale, au point que l’idée même d’une certaine inégalité dans les tâches paraît incompréhensible :

  • Virgile, Aen. 9, 199-200, à propos d’Euryale :
    Mene igitur socium summis adiungere rebus,
    Nise, fugis ? solum te in tanta pericula mittam ?

    « Quoi, Nisus, tu écartes l’idée de m’avoir comme compagnon quand l’entreprise est la plus belle ! T’enverrai-je seul à de tels dangers ? » (trad. J. Perret)

L’affirmation de cette communion renforce la tragédie de la séparation.

L’objectif précis sur lequel se retrouvent les deux socii est aussi une association économique et financière. Il s’agit alors, d’un cadre plus traditionnel, de l’exploitation d’un domaine :

  • Caton, Agr. 144, 4) :
    nequis concedat quo olea legunda … carius locetur, extra quam siquem socium inpraesentiarum dixerit2)

Ou d’un montage plus étendu, plus complexe, comme une association de publicains :

  • Cicéron, Planc. 24 :
    Neque iniuria, uel quod erat pater is qui est princeps iam diu publicanorum3).

Le terme s’utilise en droit dans l’expression pro socio, désignant une action intentée à celui des associés qui avait contrevenu frauduleusement aux conditions d’un contrat de société :

  • Cicéron, Flacc. 43 : … qui nec in senatum ulla condicione peruenire potuit et furti et pro socio damnatus est4).

La situation de l’un est inséparable de celle de l’autre et cet aspect, évident dans les affaires privées, l’est aussi dans les affaires économiques. La procédure juridique distingue bien ce qui est fait au nom des deux parties et ce qui relève de l’initiative individuelle pour des intérêts strictement personnels :

  • Cicéron, Q. Rosc. 16, à propos d’une somme d’argent :
    Vtrum quae tibi ex societate debeatur, an quae ex liberalitate huius promissa sit et ostentata5).

Il en est de même pour les affaires politiques et le mot s’applique aussi bien à la participation commune à des malversations, des crimes ou des conjurations : les amis d’Antoine sont des socios facinorum et ministros (Cicéron, Phil. 12, 17), l’entourage de Catilina est constitué de socii sceleris (Cicéron, Cat. 1, 8 et 3, 3) et de latrones Italiae nefaria societate coniunctos (Cat. 1, 33). Le lien peut aussi se faire dans un but jugé positivement et Cicéron qualifie Muréna de … adiutorem, defensorem, socium in re publica, consulem non cupidum (Mur. 83) : « … un soutien, un défenseur, un associé dans le gouvernement, un consul désintéressé », en même temps qu’est réaffirmé l’objectif d’une association dans l’intérêt général (Cicéron, Leg. Agr. 2, 11) : … esse aliquam oportere inter nos rei publicae bene administrandae societatem.

Si la societas est bien l’association formée par plusieurs personnes en vue de la réalisation d’un but commun, comment fonctionne la relation entre le sujet et la ou les personnes qualifiées de socius dans les exemples étudiés jusqu’à maintenant ? Elle prend plusieurs formes. Notons d’abord que le lien de societas peut s’établir entre deux personnes ou entre plusieurs, par exemple pour une association autour d’un but économique et politique. Cette propriété est importante car elle est une base pour la comparaison avec l’amicitia qui, elle, on y reviendra, constitue beaucoup plus une relation d’homme à homme qu’une relation à l’intérieur d’un groupe. D’autre part, la societas correspond à une égalité de situation, comme on l’a vu avec les personnages de Plaute ou le couple Nisus Euryale. Il existe toujours un objectif commun, même si entre les associés s’opère une certaine différenciation. Elle est implicite dans les sociétés de publicains ou dans les conjurations où tous servent les intérêts du chef, sans que soit détaillé le rôle des autres. Elle est parfois plus évidente quand l’action de l’un est nécessaire à celui qui se donne ou à qui l’on reconnaît le rôle principal. Gabinius et Pompée ne sont pas socii avec un emploi du pluriel qui renverrait à une égalité parfaite, mais le premier permet l’action du second :

  • Cicéron, Imp. 58 :
    Mea quidem sententia, Quirites, unus A. Gabinius belli maritimi rerumque gestarum Cn. Pompeio socius ascribitur, propterea quod alter uni illud bellum suscipiendum uestris suffragiis detulit, alter delatum susceptumque confecit6).

I.1.2. Autres valeurs : « membre de la société », « confident »

Socius a certains emplois plus spécialisés, plus rares aussi, qui se font selon deux orientations différentes.
Dans la langue philosophique, le mot en vient à désigner non plus celui qui partage un but commun déterminé, mais le membre d’un groupe ayant une unité intrinsèque au-delà de ses activités particulières :

  • Cicéron, Off. 1, 23 :
    Nam qui iniuste impetum in quempiam facit aut ira aut aliqua perturbatione incitatus, is quasi manus afferre uidetur socio ; qui autem non defendit nec obsistit, si potest, iniuriae, tam est in uitio quam si parentes aut amicos aut patriam deserat.

Sur la base du parallélisme des deux parties de la phrase, ce quelqu’un subissant l’injustice – impetum in quempiam facit – connaît une situation analogue à celle des parents, des amis ou de la patrie victimes d’abandons. Quand ce quempiam est qualifié de socius, il est alors compris comme un membre de ces structures, famille, cercle d’amis, patrie. Il s’agit bien moins d’une association autour d’un but, que d’une appartenance à un groupe constitué, d’où la bonne traduction par membre de la société7). Est appelé societas le lien social où l’action de chacun a des conséquences sur les autres :

  • Cicéron, Off. 3, 21 :
    Si enim sic erimus affecti ut propter suum quisque emomumentum spoliet aut uiolet alterum, disrumpi necesse est eam quae maxime est secundum naturam, humani generis societatem8).

L’objectif qui unit n’est plus une situation précise, mais s’inscrit dans la nécessaire durée du corps social.

Une autre évolution se fait jour à partir de la fin du 1er siècle après J.-C. car le mot ne s’emploie plus seulement pour l’association autour d’une action mais le partage d’informations et d’idées, en sorte que le socius est le confident :
* Pline le J., Epist. 6, 17, 6 : Qua ratione ductus tibi potissimum indignationem meam prodidi, quem habere socium maxime poteram9).

I.1.3. Emplois chez les auteurs chrétiens

L’autre ou les autres qui participent avec le sujet à la réalisation d’un objectif commun constitue encore un emploi de socius chez les premiers auteurs chrétiens. Il se dit en particulier de ceux qui s’unissent dans un projet criminel :

  • Tertullien, Apo. 35, 11) :
    qui nunc scelestarum partium socii aut plausores cottidie reuelantur
    « … ceux qui maintenant se révèlent chaque jour les complices ou les partisans d’une faction criminelle … ».

Ce sens connaît des applications référentielles nouvelles, par exemple à propos des rapports entre l’âme et la chair. Habituellement, la première commande, la seconde exécute, mais certains considèrent que ces deux instances ont un rôle équilibré et dans la comparaison utilisée pour illustrer cela, est employé socius :

  • Tertullien, De resurrec. 16, 4 :
    Dicent enim ministros et socios habere arbitrium ministrandi atque sociandi et potestatem suae uoluntatis in utrumque, homines scilicet et ipsos10).

Les auteurs classiques comme Cicéron ou Sénèque (Epist. 9, 17) faisaient de la societas collective un lien qui fait l’unité à l’échelle d’un groupe. Le terme est transposé par les auteurs chrétiens pour un lien fondé sur la puissance de Dieu qui a créé le monde intrinsèquement unitaire :

  • Ambroise, De spirit. Sanc. 2, 8, 70:
    Sed quis separet quod non potest separari ? Quis diuidat societatem quam indiuiduam Christus ostendit ?11).

Cette unité est la condition même de la vie :

  • Lactance, De ira 12, 5:
    Timor igitur dei solus est qui custodit hominum inter se societatem, per quam uita ipsa sustinetur, munitur 12).

Ce lien repose sur la parole de l’Évangile uniformément diffusée et comprise :

  • Tertullien, Adv. Marc. 1, 316, 1 = 1, 20, 4 :
    Atquin de praedicationis unitate quod supra diximus, dexteras iunxerant, et … de euangeli societate condixerant 13).

Cette unité est inséparable de l’égalité des membres, une caractéristique de la societas réaffirmée de manière récurrente. L’idée se trouve dès les traductions des textes bibliques :

  • Ambroise, De inst. uirg. 11, 74 :
    Vnde ait ecclesiastes : quia si ceciderit unus, eriget socium suum et uae illi uni cum ceciderit et non est secundus, ut eum erigat.14).

La communauté qui accueille le retour de deux égarés est un ensemble de socii qui se retrouvent dans la joie du partage :

  • Cyprien, Epist. 51, 1, 2):
    Merito illos reuertentes summo, ut scribitis, gaudio et clerus et plebs, fraternitas omnis excepit, quoniam in confessoribus gloriam suam conseruantibus et adunitatem reuertentibus nemo non socium se et participem eorum gloriae computat15).

Une évolution se dégage. Le socius est d’abord celui qui participe avec un autre ou avec d’autres à un projet commun précis, puis, chez certains auteurs classiques et plus encore chez les Chrétiens, il est pensé comme appartenant à un groupe large qui s’élève dans les niveaux de la globalisation, jusqu’à être la société des hommes, puis la société des Chrétiens. L’accent est alors mis davantage sur une unitéoù tous les membres partagent la même situation.

I. 2. Familiaris

L’aspect de la relation à l’autre sur lequel familiarisfamiliaritas met l’accent est assurément son ancienneté, sa durée et son intimité. Cela apparaît dès la période préclassique :

  • Térence, Heaut. 183-184) :
    nam mihi cum eo iam inde usque a pueritia fuit semper familiaritas16).

La familiaritas rapproche les générations:

  • Pline le J., Epist. 1, 19, 1 :
    Municeps tu meus et condiscipulus et ab ineunte aetate contubernalis, pater tuus et matri et auunculo meo, mihi etiam, quantum aetatis diuersitas passa est, familiaris17).

Le substantif est souvent déterminé par des adjectifs comme intimis (Cicéron, Balb. 58) et frequens (Fronton, Ad Verum imperatorem, 1, 6, 1: Quanta et quam uetus familiaritas mihi intercedat cum Gauio Claro, meminisse te, domine, arbitror18).
Si la familiaritas est bien sûr étroitement liée à l’amicitia, à plusieurs reprises les auteurs montrent que les deux termes recouvrent des aspects différents mais complémentaires des relations humaines. La première, la familiaritas donc, représente la durée et l’intimité de la relation, tandis que l’amicitia en constitue l’aspect plus dynamique dans la mesure où elle est une beneuolentia qui se traduit par des actions réciproques:

  • Cicéron, Fam. 4, 13, 2 :
    Careo enim cum familiarissimis multis, quos aut mors eripuit nobis aut distraxit fuga, tum omnibus amicis quorum beneuolentiam nobis conciliaret per me quondam te socio defensa res publica19)).

La continuité et la profondeur de la familiaritas font qu’elle ne se limite pas à la beneuolentia et à la réciprocité autour d’objectifs communs, elle rapproche des personnes, mais aussi des personnalités sur des goûts partagés:

  • Cicéron, Fam. 6, 9, 1:
    Cum A. Caecina tanta mihi familiaritas consuetudoque semper fuit ut nulla maior esse possit … uiuebat mecum coniunctissime non solum officiis amicitiae, sed etiam studiis communibus20)).

L’emploi de familiaris – familiaritas pour exprimer la durée s’explique à partir du sens premier de la base familia qui désigne, comme chacun sait, la communauté de vie autour du chef de famille car, pour ces sociétés anciennes, le groupe a nécessairement une continuité, laquelle est liée aux traditions qui le fondent et que lui-même il contribue à perpétuer. Ce qu’exprime finalement familiaris, c’est la durée de relation étroite avec des personnes entre qui s’établit une intimité. Familiaris, familiaritas ne sont pas très fréquents chez les auteurs chrétiens, mais cet usage moindre en fait des termes marqués, expressifs. Le substantif s’emploie ainsi pour la proximité des Apôtres avec le Christ, qui s’inscrit dans la durée et la profondeur, d’où l’image du baptème:

  • Tertulien, De bapt. 12, 44:
    Nunc siue tincti quoquo modo fuerunt siue inloti perseuerauerunt ut et illud dictum domini de uno lauacro sub Petri persona ad nos tantummodo spectet, de salute tamen apostolorum satis temerarium est aestimare quia illis uel primae adlectionis et exinde indiuiduae familiaritatis praerogatiua compendium baptismi conferre posset, cum illum opinor sequebantur, illum qui credenti cuique salutem pollicebatur21).

I. 3. Necessarius

Formé sur la base necesse désignant ce pour quoi il n’y a pas d’échappatoire (modalité aléthique), necessarius a, au sujet des relations à l’autre, un emploi qui fait porter l’information sur la force des liens qui manifestement ne peuvent pas ne pas exister et qui imposent des obligations (extension au domaine déontique). Ce sont bien sûr des liens de parenté, mais dans la relation avec l’autre entendue de manière plus large, la position de necessarius ne vient pas tant de la durée de la relation comme pour le familiaris, que des expériences qui la fondent. Or ces situations partagées sont toujours décrites comme vécues intensément par l’engagement qu’elles supposent. Tel est le sens de l’énumération faite par Cicéron :

  • Cicéron, Diu. in Caec. 61:
    Nullam neque iustiorem neque grauiorem causam necessitudinis posse reperiri quam coniunctionem sortis, quam prouinciae, quam officii, quam publici muneris societatem22).

Si la position de necessarius s’impose au fil du temps, elle impose aussi des obligations :

  • Cicéron, Mur. 7 :
    Ego, Ser. Sulpici, me in petitione tua tibi omnia studia atque officia pro nostra necessitudine et debuisse confiteor et praestitisse arbitror23)).

Corrélativement, lorsque les enjeux ne sont pas essentiels, les personnes ne sauraient être considérées comme des necessarii:

  • Cicéron, Lae. 74) : … nec, si qui ineunte aetate uenandi aut pilae studiosi fuerunt, eos habere necessarios, quos tum eodem studio praeditos dilexerunt 24)).

La différence entre la durée de la familiaritas et l’obligation de la necessitas s’observe lorsque les deux termes se trouvent employés ensemble :

  • Cornelius Nepos, Att. 19, 4 : Hanc Caesar uix anniculam Ti Claudio Neroni, Drusilla nato priuigno suo, despondit ; quae coniunctio necessitudinem eorum sanxit, familiaritatem reddidit frequentiorem25).

Necessarius n’est vraiment pas fréquent chez les auteurs chrétiens et cela tient sans doute à ce que la relation s’inscrit dans une hiérarchie car elle est liée à des obligations plus fortes. L’altérité est à l’inverse uniforme.

Les trois termes caractérisent la relation à l’autre sous différents aspects : unité de l’intérêt commun (socius), durée et intimité (familiaris), obligation (necessarius). Or cet autre ne peut pas être tout autre, mais seulement celui qui, à l’exclusion de beaucoup, entretient avec ego une communauté fondée sur une pratique. Ce schéma est celui des sociétés traditionnelles. L’usage pour tout autre que moi ne concerne pas necessarius, mais sociussocietas et il s’agit de l’unité du groupe humain créé par Dieu.


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1) de même Ovide, Met. 9, 796.
2) « … qu’aucun ne s’en aille pour aller où le prix forfaitaire pour la récolte est plus avantageux, à moins de désigner, à ce moment-là, un compagnon remplaçant. »
3) « Et c’est bien naturel, tant parce que son père était le personnage qui, depuis longtemps, était le plus en vue parmi les publicains, que parce que ses associés portaient à celui-ci une affection toute spéciale … »
4) « … qui n’a jamais pu, par aucun moyen, entrer au sénat et qui a été condamné pour vol et dans un procès pour société. » ; de même Cicéron, Q. Rosc. 25.
5) « Cette somme est-elle une dette contractée en vertu de l’association ou t’a-t-elle été promise pour faire montre en vertu d’une libéralité ? »
6) « À mon avis, Quirites, seul A. Gabinius est reconnu comme associé aux exploits de Pompée dans la guerre maritime, car l’un a soumis à vos suffrages la proposition de confier la mission de cette guerre à ce seul chef et l’autre, après l’avoir reçue et menée, l’a achevée. »
7) « Car celui qui injustement fait violence à quelqu’un, poussé par la colère ou quelque passion, celui-ci, on le voit porter la main pour ainsi dire sur un membre de la société ; mais celui qui ne résiste pas, ne s’oppose pas, alors qu’il le peut, à l’injustice est en faute tout autant que s’il abandonnait ses parents ou ses amis ou sa patrie. » (trad. M. Testard
8) « Si en effet nous devons être ainsi disposés que chacun, pour son propre avantage dépouille l’autre ou lui nuise, il est inévitable que soit rompu ce qui est le plus conforme à la nature, le lien social du genre humain. »
9) « Telle est la raison qui m’a poussé à faire part de mon indignation de préférence à toi, toi que je savais pouvoir vraiment considérer comme un confident. »
10) « Ils diront en effet que serviteurs et associés ont le libre choix de leur service et de leur association, la possibilité de se consacrer volontairement à l’un ou à l’autre puisqu’ils sont eux aussi des hommes. »
11) « Mais qui pourrait séparer ce qui ne peut être séparé ? Qui pourrait diviser le lien social dont le Christ a montré le caractère indissociable ? »
12) « La crainte de Dieu est donc la seule sauvegarde de la société humaine, crainte qui soutient, protège notre vie même … »
13) « Et pourtant, en signe d’unité dans la prédication - c’est ce que nous lisons juste avant ce passage, - ils avaient joint leurs mains -, … ils s’étaient déclarés d’accord sur la communauté d’évangile. »
14) « D’où la parole de l’Ecclésiaste : ‘si l’un tombe, il fera se mettre debout son compagnon, et malheur à celui qui, solitaire, une fois tombé, n’aura pas de second pour le relever. »
15) « C’est à bon droit qu’à leur retour, comme vous l’écrivez, ils ont été accueillis avec une grande joie par le clergé et par le peuple, par toute la communauté des frères ; car en voyant que leur gloire est conservée à ces confesseurs et qu’ils reviennent à l’unité, il n’y a personne qui ne s’estime associé à leur bonheur et co-participant de leur gloire. »
16) « … car, depuis mon enfance, il y a toujours eu camaraderie entre nous. »
17) « Tu es mon compatriote, mon condisciple et, depuis notre jeunesse, tu es inséparable de moi ; ton père était l’intime de ma mère, de mon oncle, et aussi de moi, dans la mesure où le permetttait la différence des âges. »
18) « Combien étroite, combien ancienne est l’intimitié qui me lit à Gavius Clarus, je pense que tu t’en souviens, maître. »
19) « … car je suis privé d’un grand nombre de mes intimes, que la mort m’a ravis ou que l’exil a entraînés loin de moi, et de tous les amis dont je m’étais attaché le dévouement en défendant autrefois la république avec ton concours … » (trad. J. Beaujeu
20) « J’ai toujours eu avec A. Caecina les relations les relations les plus familières qui peuvent exister … il vivait étroitement attaché à moi par les devoirs de l’amitié, mais aussi par nos goûts communs. » (trad. J. Beaujeu
21) « Mais maintenant, soit les Apôtres ont reçu le baptème et peu importe lequel, soit ils sont restés sans baptème et dans ce cas la parole du Seigneur sur le baptème sur la personne de Pierre ne concerne que nous. Dans les deux cas, il est assez téméraire de préjuger du salut des Apôtres, car pour eux, le privilège d’être les premiers appelés et ensuite de vivre dans la familiarité du Christ pourrait bien tenir lieu de baptème, car il me semble que celui qu’ils suivaient était celui qui promettait le salut à quiconque croyait en lui. »
22) « On ne peut trouver un motif de liaison plus juste et plus fort que cette union établie par le sort entre deux hommes, que cette association dans la même province, le même devoir, la même fonction publique. »
23) « Quant à moi, Servius Sulpicius, lors de ta candidature, il n’était pas de concours zélé, pas de service dont nos liens d’amitié ne m’aient fait une obligation envers toi, je l’avoue, et ce devoir, j’atteste l’avoir rempli. » (trad. A. Boulanger
24) « … ceux par exemple qui se sont adonnés dans leur jeunesse à la chasse et au jeu de balle ne doivent pas se considérer comme liés à ceux qu’ils ont aimés alors parce qu’ils avaient les mêmes goûts » (trad. R. Combès
25) « Cette petite fille ayant à peine un an, l’empereur la fiança à Ti. Claudius Néron, né de Drusilla, son beau-fils ; cette union marque leurs liens étroits et rendit leurs relations plus fréquentes. »