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domaines_semantiques:alterite [Dictionnaire Historique et Encyclopédie Linguistique du Latin]
 

L’expression de l’idée de prochain en latin :

le réseau lexical autour de propinquus

J.-F. Thomas

Les relations entre les personnes s’inscrivent dans différents cercles de sociabilité, qui vont de la famille au corps politique, et il existe tout un vocabulaire pour exprimer les positions réciproques, qu’il s’agisse des liens de parenté, des phénomènes d’hospitalité, des rapports hiérarchiques ou des divers statuts juridiques. Mon objectif n’est pas d’étudier tel ou tel de ces champs lexicaux, mais de rechercher comment sont dénommées les instances qui se trouvent au-delà ou en deçà de ces multiples statuts, comment s’exprime l’altérité de l’autre en face de ego, entre proximité et différence. Les sociétés traditionnelles antiques illustrent bien le phénomène. Comme l’on sait depuis Benveniste, la même base morphologique est à l’origine de hospes « hôte » et de hostis, tandis que plusieurs témoignages fondent l’équivalence hostire = aequare, au point que hostis a d’abord désigné « l’homme lié à un autre par l’obligation de compenser une certaine prestation dont il a été le bénéficiaire » (Benveniste t. 1, p. 94), le passage au sens d’« ennemi » se faisant par inversion du rapport (Sergent p. 201). La polysémie d’hostis illustre une chose importante : que ce soit de manière pacifique ou guerrière, ego existe toujours dans la relation avec un autre bien défini. Le grec a l’équivalent avec la polysémie de xenos « hôte » et « étranger ». L’expression de ces phénomènes sociaux pose deux problèmes d’ordre lexical. Les termes français autre, autrui et prochain renvoient bien sûr à alius, alter, propinquus et proximus, mais eux-mêmes se trouvent en relation avec des mots comme socius, familiaris, necessarius, amicus. Tout le problème est de comparer ces termes pour dégager leurs ressemblances, mais aussi les différences qui ouvrent sur les aspects complexes de cette notion d’altérité. L’on aura remarqué que sont exclus les termes de l’hostilité. À cela deux raisons distinctes, mais convergentes. Les travaux de Fr Bader l’ont bien montré, il existe une correspondance étymologique étroite entre la base al- de alius – alter et la base am- de amicus amicitia, si bien que le rapport à l’autre paraît devoir se penser intrinsèquement sur le modèle de relations positivement construites. De manière plus large, la notion même de prochain dépasse les sources des rapports conflictuels et c’est dans les relations non conflictuelles que se mesure le mieux la complexité du rapport écart – proximité: il y a dans le De amicitia des passages particulièrement éclairants, nous y reviendrons. La question, à la fois onomasiologique et sémasiologique, relève de la comparaison synonymique. Mais il existe une question connexe. Si l’on parle d’altérité, d’autre et d’hôte pour les sociétés traditionnelles, l’on parle davantage de prochain et de fraternité dans la pensée chrétienne. Il ne saurait être question de travailler sur les facteurs qui rendent compte de cette évolution notionnelle, mais il n’est pas inutile de rechercher comment ont évolué les termes chez les auteurs chrétiens et quels termes nouveaux ont pu être utilisés. L’exhaustivité étant impossible, je me limiterai à dégager quelques tendances fortes, et sur les innovations lexicales, je renverrai aux travaux d’Hélène Pétré sur caritas et des recherches conduites par Jérôme Lagouanère, mon collègue montpelliérain. La comparaison des termes et les évolutions sémantiques sont traitées conjointement. L’exposé commence par les termes dont la signification est la plus spécialisée (socius, familiaris, necessarius) pour en venir à ceux qui ont un emploi plus large (amicus, amicitia, alius, alter), avant de terminer par ceux où les évolutions sont plus marquées (propinquus-proximus).

1. Socius, familiaris, necessarius

2. Amicus

3. Alter et alius

4. Propinquus – proximus

5. Bibliographie