u̯ĭŏla, -ae (f.)

(substantif)



5. Place dans le lexique latin

5.1. Analyse synchronique du lexème. Formation du mot en latin

Le substantif uiola est immotivé en synchronie en latin.

En diachronie, on reconnaît un suffixe de diminutif-approximatif-atténuatif en –olus, -ola, -olum comme variante de –ulus, -ula, -ulum. Il s’ajoute à une base probablement empruntée à gr. ἴον , qui dénote aussi une fleur, probablement, entre autres, celle qui est appelée violette.

5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins

Une remarque de Nonius semble concerner l’adjectif uiolaceuscomme adjectif de couleur rapproché de uiolaet interprété comme « qui a la couleur de la uiola » :

  • Nonius (p. 549,28) : uiolacia, a uiolae colore (Maltby p. 647).

Isidore de Séville (Et. 17, 9, 19), quant à lui, propose une interprétation étymologique par rapprochement avec le nom de la force (uim):

  • Isid. Et. 17, 9, 19 : uiola propter uim nomen accepit.

Mais les étymologies d’Isidore sont bien connues comme reflétant le point de vue personnel d’un sujet parlant de l’époque carolingienne et elles ne sauraient être confondues avec la motivation synchronique partagée par la communauté linguistique aux époques antérieures.

5.3. « Famille » synchronique du terme

Le substantif uiola a servi de base de dérivation à des substantifs et à un adjectif :

Substantifs :

- avec le suffixe –ārius, -ii M. de noms de métiers pour des êtres masculins,on a un nom d’artisan teinturier : uiolarius, -ii M. « teinturier en violet » (Pl. Aul. 510)

- avec le suffixe –arium, -ii Nt. pour des entités qui concernent l’entité dénotée par la base :

uiolarium, -ii , Nt. « plant de violettes, lieu planté de violettes », Virg. G. 4, 32 ; Hor. O. 2,15,5.

Adjectif :

- avec le suffixe –āceus, -a, -um, constitué par l’accumulation du suffixe adjectival –ācus, -a, um (d’approximation : cf. lingulaca, -ae sur lingua ou d’intensité : cf. mer-acus, -i « vin pur » sur merus, -a, -um « pur ») et du suffixe –eus de couleur :

uiolāceus, -a, -um « violet, de couleur violette » (Plin. HN 22, 47 ; 37, 170).

Cet adjectif de couleur est substantivé au Nt. pour former un nom de la couleur violette :

uiolaceum, -i Nt. « couleur violette » (Solin) (cf. ruber « rouge » → rubrum, -i Nt. « couleur rouge »).

On rencontre aussi un terme de cuisine dénotant une entité ayant un lien avec la violette :

uiolacium, -ii Nt. « vin de violettes » (Apicius 4). Dans ce dernier terme le ĭ du suffixe –acium représente la fermeture du ĕ du suffixe -aceum, selon une évolution phonétique attendue : fermeture du [ĕ] en hiatus en [ĭ], puis consonification de la voyelle [ĭ] en [y] (ou selon la notation de l’API : [j]).

5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes