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dictionnaire:uerbum6 [2012/01/31 17:55]
lecaude
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desiderio
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-<html><div class="titre">uerbum, -i (n.)</div></html>  +<html><class="lestitres">uerbum, -i (n.)</p></html><html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html>  
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 ====== 6. Histoire du lexème ====== ====== 6. Histoire du lexème ======
  
  
-6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois+===== 6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois =====
  
  
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-6.2. Histoire et étymologie+===== 6.2. Histoire et étymologie =====
  
 +Le latin //uerbum// et ses correspondants (par exemple got. //waurd// « mot », all. //Wort//, angl. //word//, v. pruss. //wirds // « mot », cf. lit. //va// //ȓ// //das// « nom ») se rattachent à l’indo-européen %%*%%//w(e)rd<sup>h</sup>-// ((Voir EM (1985, 4<sup>e</sup> éd., 723), WH (1954, 3<sup>e</sup>éd., t. 2, 756-757), ainsi que //IEW// (1959-1969,1162-1163). Mise au point récente par De Vaan (2008, sous //uerbum//).)). Le sens et l’étymologie de la forme ombrienne //uerfale//, parfois rapprochée de //uerbum// (un lieu « dédié »((Cf. E. VETTER (1953, 233 : //Tabl. Ig//. VI a 8). Voir aussi A. ERNOUT (1961, 102) : « le mot désignerait un endroit destiné à la prise des augures ou des auspices, choisi et déterminé suivant certaines formules ».)) ?), restent en fait très incertains, et une analyse concurrente existe (//WOU//, 844).
  
-Le latin //uerbum// et ses correspondants (par exemple got. //waurd// « mot », all. //Wort//, angl. //word//, v. pruss. //wirds // « mot », cf. lit. //va// //ȓ// //das// « nom ») se rattachent à l’indo-européen %%*%%//w(e)rd<sup>h</sup>-// ((Voir EM (1985, 4<sup>e</sup>éd., 723), WH (1954, 3<sup>e</sup>éd., t. 2, 756-757), ainsi que //IEW// (1959-1969,1162-1163). Mise au point récente par De Vaan (2008, sous //uerbum//).)). Le sens et l’étymologie de la forme ombrienne //uerfale//  
-, parfois rapprochée de //uerbum// (un lieu « dédié » 
-(( Cf. E. VETTER (1953, 233 : //Tabl. Ig//. VI a 8). Voir aussi A. ERNOUT (1961, 102) : « le mot désignerait un endroit destiné à la prise des augures ou des auspices, choisi et déterminé suivant certaines formules ».)) ?), restent en fait très incertains, et une analyse concurrente existe ([[//WOU//  
-]], 844). 
  
- +La restitution de la préhistoire de //uerbum// n’est pas entièrement certaine : faut-il partir d’un degré /e/ radical, ou bien d’un degré zéro, en supposant que le %%*%%‑//or// ‑ issu de la vocalisation de la sonante *//r// a été altéré en ‑//er// ‑ sous l’influence du /w/ initial((Un problème phonétique similaire se pose à propos de //uerrēs//.)) ? M. Weiss paraît tenir les deux analyses pour acceptables((M. WEISS (2009, 76).)), et, dans son dictionnaire, M. de Vaan plaide pour le degré zéro. Si l’on pose un degré plein pour le latin, il faut admettre, avec H. Eichner (1985, 141, note 46), que la coexistence du degré plein (//uerbum//  
-La restitution de la préhistoire de //uerbum// n’est pas entièrement certaine : faut-il partir d’un degré /e/ radical, ou bien d’un degré zéro, en supposant que le %%*%%‑//or// ‑ issu de la vocalisation de la sonante voyelle %%*%%//// a été altéré en ‑//er// ‑ sous l’influence du /w/ initial((Un problème phonétique similaire se pose à propos de //uerrēs//.)) ? M. Weiss paraît tenir les deux analyses pour acceptables((M. WEISS (2009, 76).)), et, dans son dictionnaire, M. de Vaan plaide pour le degré zéro. Si l’on pose un degré plein pour le latin, il faut admettre, avec H. Eichner (1985, 141, note 46), que la coexistence du degré plein (//uerbum//  +< %%*%%//werd<sup>h</sup>-o‑//) et du degré zéro (got. //waurd//) est conditionnée par la différence accentuelle entre le singulier (%%*%%//wérd<sup>h</sup>-o‑//) et le collectif (*//wrd<sup>h</sup>‑// //éh<sub>2</sub>‑//) : certaines langues auraient généralisé le degré zéro du collectif (gotique), tandis que le latin aurait privilégié le degré plein. La question reste ouverte.
-< %%*%%//werd<sup>h</sup>-o‑//) et du degré zéro (got. //waurd//) est conditionnée par la différence accentuelle entre le singulier (%%*%%//wérd<sup>h</sup>-o‑//) et le collectif (%%*%% +
-//w// //r̥// //d<sup>h</sup>‑// //éh<sub>2</sub>‑//) : certaines langues auraient généralisé le degré zéro du collectif (gotique), tandis que le latin aurait privilégié le degré plein. La question reste ouverte.+
  
  
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-Le second élément %%*%%-//d<sup>h</sup>//- a été diversement expliqué. On peut y voir l’ancien suffixe %%*%%‑//d<sup>h</sup>//- évoqué par . Benveniste dans //Origines de la formation des noms en indo-européen// ((. BENVENISTE, (1935, 188-210).)) : le savant estime que l’affixe %%*%%-//d<sup>h</sup>-// (utilisé comme suffixe ou comme élargissement) « exprime l’état, spécialement l’état achevé ; les racines auxquelles il s’attache montrent une valeur neutre ou intransitive, que celle-ci leur soit conférée par l’élargissement, ou qu’elle y soit seulement renforcée par l’addition de %%*%%-//dh//-((. BENVENISTE (1935, 189).)) ». Dans les noms, plus spécifiquement, « le morphème établit une référence au sujet en formant des noms de qualité ou d’état, non pas des noms d’action((. BENVENISTE (1935, 199).)) ». //Verbum// est alors « ce qui est dit », l’objet dans lequel s’accomplit l’action de dire.+Le second élément %%*%%-//d<sup>h</sup>//- a été diversement expliqué. On peut y voir l’ancien suffixe %%*%%‑//d<sup>h</sup>//- évoqué par E. Benveniste dans //Origines de la formation des noms en indo-européen// ((E. BENVENISTE, (1935, 188-210).)) : le savant estime que l’affixe %%*%%-//d<sup>h</sup>-// (utilisé comme suffixe ou comme élargissement) « exprime l’état, spécialement l’état achevé ; les racines auxquelles il s’attache montrent une valeur neutre ou intransitive, que celle-ci leur soit conférée par l’élargissement, ou qu’elle y soit seulement renforcée par l’addition de %%*%%-//dh//-((E. BENVENISTE (1935, 189).)) ». Dans les noms, plus spécifiquement, « le morphème établit une référence au sujet en formant des noms de qualité ou d’état, non pas des noms d’action((E. BENVENISTE (1935, 199).)) ». //Verbum// est alors « ce qui est dit », l’objet dans lequel s’accomplit l’action de dire.
  
  
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