uerbum, -i (n.)

(substantif)



4.2. Description des emplois et de leur évolution: exposé détaillé

A. « Mot »

Le sens le plus usuel, qui traverse les époques et se rencontre dans tous les types de texte, est celui de « mot ». Il ressort des textes de Plaute que, pour un locuteur latin du IIIesiècle avant J.-C., le « mot » est un élément du langage, caractérisé par un son, un sens, et par le fait qu’il est d’une nature différente du réel auquel il renvoie. Il s’agit là d’une appréhension empirique de la langue et des mots qui la constituent :

  • Pl. Men. 710-711 :
    (…) Etiamne, impudens,
    muttire uerbum unum audes aut mecum loqui ?
    « La matrone : Impudent, tu oses encore souffler mot ou me parler ? »

Pour ce sens, on proposera l’analyse sémique suivante :
Σ1 : /élément du langage1/ /se caractérisant par un son2/ /porteur de sens3/ /différent du réel4/.

Au pluriel, le sème 1 se transforme en /ensemble d’éléments1/, d’où un sémème que l’on pourrait appeler S1 :
S1 : /ensemble d’éléments du langage1/ /se caractérisant par un son2/ /porteurs de sens3/ /différents du réel4/ :

  • Pl. Trin. 160- 161 : Pro di immortales, uerbis paucis quam cito
    alium fecisti me! Alius a <d> te ueneram.
    « Mégaronide : Par les dieux immortels, combien avec si peu de mots, tu m’as changé ! Je suis un autre homme que quand je suis venu te trouver. »

Dans les œuvres de Cicéron et de Quintilien, ce pluriel s’emploie à propos de mots écrits ; il sert à désigner la « lettre » de la loi par opposition à l’intention supposée du législateur (sententia ou uoluntas, suivant les textes), qui en constitue l’esprit. Il s’agit d’une acception de S1 (= S’1) :
S’1: /ensemble d’éléments du langage1/ /se caractérisant par un son2/ /porteurs de sens3/ /différents du réel4/ /écrits5/ /trompeurs6/ :

  • Cic. Part. 136 : Deinde erit utendum exemplis in quibus omnis aequitas perturbetur si uerbis legum ac non sententiis pareatur.
    « Ensuite, il faudra utiliser des exemples dans lesquels toute équité serait détruite si on obéissait à la lettre de la loi et non à son esprit. »

Cette notion de « mot », assez sommaire chez Plaute, évolue au fil du temps. Ainsi, dans les œuvres rhétoriques (Cicéron ou Quintilien), les mots sont envisagés comme des outils qui permettent de bâtir un discours convaincant. Le « mot » (uerbum) est alors considéré tant pour sa capacité à signifier, à véhiculer du sens, que pour son aspect sonore, qui lui permet de captiver l’oreille du public :

  • Cic. Part. 21 : Suaue autem genus erit dicendi primum elegantia et iucunditate uerborum sonantium et lenium.
    « Un style agréable se caractérisera tout d’abord par l’élégance du discours et l’agrément de mots sonores et doux. »
  • Quint. 11, 3, 176 : Quid quod eadem uerba mutata pronuntiatione indicant adfirmant exprobrant negant mirantur indignantur interrogant inrident eleuant ?
    « Et que penser du fait que les mêmes mots, si l’on change leur prononciation, indiquent, affirment, critiquent, nient, s’étonnent, s’indignent, interrogent, se moquent ou déprécient ? »

Dans le De lingua Latina du grammairien Varron, le « mot » (uerbum) est envisagé pour ses caractéristiques morphologiques et phonétiques. Chez Varron, uerbum présente alors un sème afférent /muni de caractéristiques grammaticales/ :

  • Varr. L. 10, 14 : Prima diuisio in oratione, quod alia uerba nusquam declinantur, ut haec uix mox, alia declinantur, ut ab limo limabo, a fero ferebam, et cum nisi in his uerbis quae declinantur non possit esse analogia, qui dicit simile esse mox et nox errat, quod non est eiusdem generis utrumque uerbum, cum nox succedere debeat sub casuum ratione <m> mox neque debeat neque possit.
    « La première division dans le discours est que certains mots ne sont jamais fléchis, comme uix, mox, tandis que d’autres le sont, comme de limo, limabo, de fero, ferebam, et comme il ne peut pas y avoir d’analogie sinon dans ces mots qui se déclinent, celui qui dit que mox et nox sont semblables se trompe parce que les deux mots ne sont pas du même type, puisque nox doit se soumettre au système des cas, alors que mox ne doit ni ne peut le faire. »

Cette évolution de la notion de « mot » trouve son aboutissement dans l’œuvre de saint Augustin. Pour Augustin, le mot est avant tout un signe linguistique qu’on pourrait définir ainsi : /signe linguistique1/ /élémentaire2/ /se caractérisant par un son3/ /porteur de sens4/ /différent du réel5/.

Le sème 1 étant afférent et propre à l’œuvre d’Augustin, le sémème ainsi obtenu est donc une acception de Σ1, qu’on appellera Σ’1 :

  • Aug. Dial. 5, [7] : Verbum est uniuscuiusque rei signum, quod ab audiente possit intellegi, a loquente prolatum.
    « Un mot est, pour chaque objet, un signe proféré par le locuteur, qui puisse être compris de l’auditeur. »

B. « Phrase », « groupe de mots », « proverbe »

B.1. « Phrase », « groupe de mots »

Le deuxième sens de uerbum, Σ2, correspond au cas où le singulier uerbum désigne un ensemble de mots, de taille variable dont l’étendue va de l’expression à la phrase. Ce sens de « phrase » pour uerbum est archaïque, puisqu’on le rencontre essentiellement chez Plaute. Verbum renvoie à un ensemble de mots, conçu comme un tout : /ensemble clos1/ /d’éléments du langage2/ /se caractérisant par un son3/ /porteurs de sens4/ /différents du réel5/.

On peut expliquer cet emploi par le sens premier de uerbum : « ce qui est dit » :

  • Pl. Trin. 760-761 :
    Gerrae ! ne tu illud uerbum actutum inueneris :
    ‘mihi quidem hercle non est quod dem mutuum’ .
    « Mégaronide : Sottises ! Tu entendras immédiatement cette phrase : ‘Par Hercule, je n’ai pas de quoi te faire un prêt’. »

B.2. « Proverbe »

À l’époque archaïque (Plaute), uerbum sert aussi à renvoyer au type de phrase particulier qu’est le « proverbe ». Par rapport à Σ2, il s’agit d’une simple acception, puisque liée au contexte. On proposera alors un sémème Σ’2 : /ensemble clos1/ /ancien2/ /d’éléments du langage3/ /se caractérisant par un son4/ /porteurs de sens5/ /différents du réel6/ /exprimant une sagesse populaire7/ :

  • Pl. Mos. 791-793 :
    Heus tu, si uoles uerbum hoc cogitare :
    simul flare sorbereque haud factu facilest.
    Ego hic esse et illic similitu hau potui .
    « Tranion : Ah, si tu voulais méditer ce proverbe : ‘Souffler et avaler à la fois n’est pas facile à faire’. Moi, je ne pouvais pas être en même temps ici et là. »

Pour expliquer cette acception, on peut renvoyer au sens étymologique de uerbum : « ce qui est dit », notamment dans une formule figée. Une autre hypothèse est que, le proverbe formant une unité pré-construite, il peut être considéré comme l’équivalent d’un mot. Une dernière piste est peut-être l’étymologie populaire de uerbum par uerum, qui, s’il faut en croire une glose de Donat au vers 952 des Adelphes de Térence, a été signalée par Varron : Nam uerba a ueritate dicta esse testis est Varro1). Or le proverbe est considéré comme porteur d’une vérité générale, qui lui permet d’ailleurs de servir d’argument d’autorité :

  • Pl. Mer. 771-772 :
    Nunc ego uerum illud uerbum esse experior uetus,
    aliquid mali esse propter uicinum malum .
    « Lysimaque : Maintenant, je sais que le proverbe est vrai : ‘Mauvais voisin, malheur certain’. »

C. « Verbe », au sens grammatical

Le De lingua Latina de Varron présente les premières attestations de l’emploi de uerbum pour désigner le « verbe », sens qui se répandra par la suite dans les textes grammaticaux et se rencontre, par exemple, chez Quintilien. Verbum en ce sens est défini comme un mot porteur d’une marque de temps et de personne. Dans le texte de Varron, le simple uerbum au sens de « verbe » est concurrencé par les expressions uerbum temporale et uerbum quod tempus adsignificat.

  • Varr. L. 9, 89 : Item faciemus, si eadem uox nomen et uerbum significabit, ut et in casus et in tempora dispariliter declinetur, ut faciamus a Meto quod nomen est Metonis Metonem, quod uerbum est metam metebam.
    « De la même façon si la même séquence vocale renvoie à un nom et à un verbe, nous ferons en sorte qu’il se décline de façon différente pour les cas et pour les temps, de sorte qu’à partir de Meto qui est un nom nous faisons Metonis, Metonem, et de meto qui est un verbe metam, metebam. »

Pour expliquer l’apparition de ce sens de « verbe », plusieurs hypothèses sont envisageables :

- soit un raccourcissement à partir des périphrases uerbum temporale ou de uerbum quod tempus adsignificat ;

- soit un calque sémantique du grec ῥῆμα, mais qui pose problème car le choix de uerbum pour rendre ῥῆμα au sens de « verbe » est difficile à justifier ; en effet, dès les textes de Plaute, uerbum avait prioritairement le sens de « mot ». En grec, la notion de « mot » correspondante n’est pas usuellement désignée par ῥῆμα mais bien par ὄνομα, ou par λέξις. Si uerbum devait être utilisé pour traduire un terme grec, il aurait donc été plus logique qu’il reprenne un de ces termes avec lesquels il avait un point de contact sémantique.

- soit enfin il faut supposer que du sens premier de « ce qui est dit », on passe facilement à la notion de prédicat2). Varron dit lui-même, dans le passage suivant où il est question des quatre parties du discours, que le nom est du côté de la dénomination et du verbe appellare, tandis que le verbe fait référence à ce que l’on dit (dicere) :

  • Varr. L. 8, 44 : [Pars] quae habet casus et quae habet <tempora et quae habet> neutrum et in qua est utrumque. Has uocant quidam appellandi, dicendi, adminiculandi, iungendi. Appellandi dicitur ut homo et Nestor, dicendi ut scribo et lego, iungendi ut <scribens et legens>, adminiculandi ut docte et commode.
    « La catégorie qui comporte des cas, celle qui comporte des temps, celle qui ne comporte ni l’un ni l’autre, celle dans laquelle on rencontre les deux à la fois. Certains les appellent catégorie de la dénomination, de l’énonciation, de l’adjonction et de l’association. À titre d’exemple de la catégorie de la dénomination, on cite homo (‘homme’), Nestor ; de l’énonciation scribo (‘j’écris’), lego (‘je lis’) ; de l’association scribens (‘écrivant’) et legens (‘lisant’) ; de l’adjonction, docte (‘savamment’), commode (‘convenablement’). »

Dans ce cas-là, on proposera le sémème suivant Σ3 :
Σ3: /élément du langage1/ /se caractérisant par un son2/ /porteur de sens3/ /différent du réel4/ /caractérisé par un temps et une personne5/.

D. « Verbe divin », « verbe mental », « parole divine », « chose »

Enfin, chez saint Augustin, on assiste à l’émergence de sens proprement chrétiens.

Pour ces nouveaux sens, proposer une analyse sémique ne serait pas pertinent, car ils sont indépendants des sens préexistants du terme. Ils ne correspondent pas à une évolution prévisible et explicable du sémème de uerbum (par addition et/ou suppression de sèmes), mais ils sont le résultat de la recherche en latin de termes adéquats pour exprimer les concepts d’une nouvelle religion. En effet, plutôt que la création d’un mot nouveau (qui était une autre façon de résoudre le problème), la solution retenue a été de récupérer un terme déjà attesté dans la langue et de l’investir de nouvelles significations.

Augustin est à la fois un linguiste et un théologien et uerbum devient chez lui un terme charnière : pour le linguiste, le uerbum est un signe linguistique ; pour le théologien, c’est le Verbe, Fils de Dieu et Parole du Père. Par son Verbe, Dieu parle aux hommes, de même que ceux-ci parlent entre eux au moyen des mots (uerba). Le Verbe doit s’incarner pour pouvoir communiquer avec l’humanité, de même que notre « verbe mental » a besoin des mots pour être communiqué à autrui.

D.1. « Verbe »

Verbum a ainsi servi à traduire le grec Λόγος (« Verbe ») de l’ Evangile selon saint Jean, qui désigne le Fils de Dieu. Verbum s’est alors vu affecter le sens de « Verbe » qui était celui de Λόγος. Une des raisons du choix de Verbum pour rendre le mot grec, parfois traduit par Sermo, est que Verbum désigne un unique élément du langage, alors que Sermo implique un discours formé d’éléments multiples, – ce qui posait probablement des problèmes théologiques. L’ « étymologie populaire » de uerbum par uerum a peut-être aussi joué un rôle ; Augustin la connaissait, puisqu’il y renvoie dans son De dialectica 6, 9 :

  • Aug. Dial. 6, 9 : Ergo ad te iam pertinet iudicare, utrum uerbum a uerberando an a uero solo an a uerum boando dictum putemus, an potius unde sit dictum non curemus, cum quid significet intellegamus.
    « Donc, il te revient de juger si nous devons considérer que uerbum (‘mot’) vient de uerberare (‘frapper’) ou de uerum (‘vrai’) uniquement, ou de uerum boare (‘clamer le vrai’), ou si plutôt nous ne nous soucions pas de savoir d’où le terme provient pourvu que nous comprenions ce qu’il signifie. »

Or, la notion de Verbe est fréquemment associée à celle de vérité dans l’ Evangile selon saint Jean : saint Jean écrit clairement en 17,17 que le Λόγος est vérité (ἀλήθεια). La traduction en latin de λόγος et ἀλήθεια par uerbum et ueritas (ou l’adjectif neutre substantivé uerum) est donc particulièrement heureuse puisqu’elle permet d’associer plus étroitement les deux termes du fait de leur sonorité même. Le passage suivant montre bien que, dans Verbum, Augustin entendait uerum:

  • Aug. Trin.3) 13, 19, 24 : Et cum lego ‘Verbum caro factum est et habitauit in nobis’, in Verbo intellego uerum Dei Filium.
    « Et quand je lis : ‘le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous’, dans ‘Verbe’, je comprends ‘le vrai Fils de Dieu’. »

D.2. « Verbe mental »

La notion de « verbe mental » (qu’Augustin appelle soit uerbum, soit uerbum mentis, soit uerbum cordis) est étroitement liée à celle-ci, puisque c’est un concept élaboré par Augustin pour permettre au croyant de se faire une idée, même inexacte, de la Trinité divine à travers une trinité propre à l’âme humaine. Le verbe mental est alors le correspondant dans l’âme humaine du Verbe divin. Il désigne le processus réflexif par lequel l’âme prend conscience d’elle-même et se dit à elle-même ; cette prise de conscience que l’âme fait de sa propre pensée s’accompagne d’amour pour cette pensée et pour cette réflexivité, en même temps qu’elle a pour source cet amour.

  • Aug. Trin. 9, 10, 15 : Verbum est igitur quod nunc discernere et insinuare uolumus, cum amore notitia. Cum itaque se mens nouit et amat, iungitur ei amore uerbum eius. Et quoniam amat notitiam et nouit amorem, et uerbum in amore est et amor in uerbo et utrumque in amante atque dicente.
    « Donc le verbe que nous voulons maintenant discerner et suggérer, c’est la connaissance avec l’amour. C’est pourquoi, quand l’âme se connaît et s’aime, son verbe lui est uni par l’amour. Et puisqu’elle aime sa connaissance et connaît son amour, le verbe est dans l’amour et l’amour dans le verbe et l’un et l’autre dans l’âme qui aime et qui dit [le verbe]. »

D.3. « Parole »

Comme uerbum est en latin classique le « mot », véhicule du discours, on comprend que, pour désigner la « parole » conçue comme un enseignement divin que le croyant va prêcher à autrui, uerbum ait aussi été retenu dans le vocabulaire chrétien4). Le fait que le Christ, Verbe divin, se soit présenté lui-même comme « Parole » du Père a aussi sans doute joué un rôle dans le choix de uerbum pour désigner la notion de « parole ». Ajoutons qu’en grec dans la Septante, c’est le même terme λόγος qui renvoie au Verbe, à la Parole et à la parole. Le plus troublant est finalement que, dans ce cas, le singulier uerbum soit employé pour renvoyer à ce qui, en tant que prédication, consiste nécessairement en un ensemble de mots. Il semble donc qu’on ait là, par certains côtés, une réactivation du sémème Σ2, propre à l’œuvre de Plaute, à la différence près que, dans le cas de la « parole », on n’a pas l’idée d’un ensemble de mots clos, d’étendue précise, mais plutôt celle d’un discours aux bornes floues :

  • Aug. Trin. 15, 28, 51 : Sed utinam praedicando uerbum tuum et laudando te tantummodo loquerer.
    « Mais puissé-je seulement parler en prêchant ta parole et en te louant ! »

Il arrive aussi que Christ lui-même dise qu’il est Parole de Dieu :

  • Aug. Trin. 1, 10, 21, à propos du Christ : ‘Nuntiabo’, quippe ait, quia Verbum eius est.
    « ‘Je parlerai’, dit-il, parce qu’il est la Parole de celui-ci [c’est-à-dire du Père]. »

D.4. « Chose »

Enfin, le dernier sens relevé chez saint Augustin est celui de « chose ». Il s’explique par un calque sémantique de l’hébreu dabar – à la fois « mot » et « chose » –, qui est apparu dans les traductions latines de l’Ancien Testament. C’est pourquoi ce sens de uerbum est totalement marginal par rapport à son sens le plus usuel de « mot » :

  • Aug. Trin.5) 3, 11, 25 (l’auteur cite Gen. 22, 15-16) : ‘Et uocauit’, inquit, ‘angelus Domini Abraham iterum de caelo dicens: per me iuraui, dicit dominus, propter quod fecisti hoc uerbum et non pepercisti filio tuo dilecto propter me’, et cetera.
    « L’Ange du Seigneur du haut du ciel appela de nouveau Abraham et lui dit : ‘je l’ai juré par moi-même, dit le Seigneur, parce que tu as fait cette chose et que tu ne m’as pas refusé ton fils unique, etc’… »

E. Les expressions lexicalisées

Verbum peut aussi s’intégrer à des expressions lexicalisées dans lesquelles son sens s’est si bien fondu avec celui des autres éléments du syntagme que ce dernier a un sens qui fonctionne comme celui d’un mot unique et défie les lois de la compositionnalité, puisqu’il est différent de la simple somme de ceux de ses éléments. Voir les expressions lexicalisées suivantes : uerba dare alicui (« tromper »), conceptis uerbis (« en termes solennels »), uerbi causa/gratia (« par exemple »), uerbis meis (tuis, suis …) (« de ma/ ta/ sa part »).

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1) Cf. Donat, Comment. Terenti Adelph., V, 8, 29, P. Wessner (éd.), t. 2, Teubner, 1905, 179. Voir J. COLLART (1978, 16).
2) Il y aurait là un point de contact avec ῥῆμα dont le sens étymologique est, s’il faut en croire le DELG, le « résultat d’une action verbale», « la formule ». Reste à savoir si l’on peut raisonnablement postuler que Varron faisait un rapprochement entre les deux termes dont les Anciens ne réalisaient probablement pas la parenté étymologique.
3) Augustin, De Trinitate (livres 8 à 15). Texte établi et traduit par P. Agaësse, S.J., Bruges, 1955 (Bibliothèque Augustinienne, t. 16).
4) Dans ce sens, uerbum est en concurrence avec sermo , comme on le voit en Jean 12, 48.
5) Augustin, De Trinitate (livres 1 à 7). Texte établi et traduit par M. Mellet, O.P., et Th . Camelot, O.P., Bruges, 1955 (Bibliothèque Augustinienne, t. 15).