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dictionnaire:uanitudo6 [2013/02/05 16:36]
lecaude [6.2.2. Origine du suffixe]
dictionnaire:uanitudo6 [2014/12/20 16:06] (Version actuelle)
desiderio
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-<html><div class="titre">uānĭtudō, -ĭnis, f.</div></html> \\  <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> +<html><class="lestitres">uānĭtudō, -ĭnis, f.</p></html><html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html>  
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-La forme de la racine se laisse entrevoir grâce au rapprochement avec le grec εὖνις « privé de ». Cette comparaison a permis à M. Peters (1980, 51, avec bibliographie) de poser une racine %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>// ‑. Dans ce cas, le grec εὖνις supposerait (abstraction faite du suffixe secondaire) un %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑, qui est à la source du védique //ūná//- et de l’avestique //ūna//-. Le prototype %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑ est également reflété en arménien dans  //ownayn //((CLACKSON (1994, 46). )) « vide », où le /u/ atone n’a pas été réduit car il se trouve en position initiale((CLACKSON (1994, 45). )). Pour rendre compte de la terminaison complexe -//ayn//, deux approches((NUSSBAUM (1998, 75, note 240). )) sont possibles. Ou bien l’on admet une chaîne de dérivation %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑ « vide » (véd. //ūná// ‑) → collectif %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>neh<sub>2</sub>// « espace vide » → dérivé du collectif %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>neh<sub>2</sub>‑ino// ‑ « vide ». Ou bien, au lieu d’admettre une explication en termes indo-européens (peut-être exposée à l’anachronisme), on pourrait partir du constat que arm. //ownayn// comporte le même élément que //miayn // « seul » et //amenayn// « tout ». Cette question est toutefois sans incidence pour les faits latins. La reconstruction d’une racine %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>// ‑ a reçu une confirmation indépendante grâce à la mise en relation, proposée par Nussbaum (1998, 79-84), de cette famille avec le grec ἐάω, l’auteur ayant prouvé, par une enquête interne au grec, que les formes de ἐάω ne peuvent s’expliquer que par un radical grec %%*%%//ewā// ‑ (aor. ἐᾶσαι, ind. εἴασα, fut. ἐάσω ont un /ā/ long). Le digamma interne est par exemple attesté dans les gloses ἔβασον· ἔασον, Συρακόσιοι et εὔα· … ἔα. Comme l’explique Nussbaum (1998, 50), l’augment que présentent εἴασα et l’imparfait εἴων est secondaire, puisque, en cette position, la longue devait être abrégée((NUSSBAUM (1998, 41, 47-48). Comme le souligne l’auteur (p. 41), les formes résultant de l’abrègement « were simply re-augmented ». )) en hiatus. Bien que le rapprochement de  //uānus // avec ἐάω paraisse très satisfaisant, il reste que la formation du thème de présent grec fait encore l’objet d’un débat : a-t-on la trace d’un présent hérité, comme le propose Jasanoff (2003, 110), ou bien ἐάω est-il plus simplement une création interne au grec, comme le suggère Nussbaum (1998, 45)? Finalement, les reconstructions %%*%%//wāno//- ou %%*%%//wāzno//- de  //uānus // se laisseraient ramener à des prototypes indo-européens %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-no-// ou %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-s-no-//, tandis que //uāstus// reflète %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-s-to‑//. Le gotique //wans // « manquant » remonte, quant à lui, à %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>-(o)no‑//.+La forme de la racine se laisse entrevoir grâce au rapprochement avec le grec εὖνις « privé de ». Cette comparaison a permis à M. Peters (1980, 51, avec bibliographie) de poser une racine %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>// ‑. Dans ce cas, le grec εὖνις supposerait (abstraction faite du suffixe secondaire) un %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑, qui est à la source du védique //ūná//- et de l’avestique //ūna//-. Le prototype %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑ est également reflété en arménien dans  //ownayn //((CLACKSON (1994, 46). )) « vide », où le /u/ atone n’a pas été réduit car il se trouve en position initiale((CLACKSON (1994, 45). )). Pour rendre compte de la terminaison complexe -//ayn//, deux approches((NUSSBAUM (1998, 75, note 240). )) sont possibles. Ou bien l’on admet une chaîne de dérivation %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑ « vide » (véd. //ūná// ‑) → collectif %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>neh<sub>2</sub>// « espace vide » → dérivé du collectif %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>neh<sub>2</sub>‑ino// ‑ « vide ». Ou bien, au lieu d’admettre une explication en termes indo-européens (peut-être exposée à l’anachronisme), on pourrait partir du constat que arm. //ownayn// comporte le même élément que //miayn // « seul » et //amenayn// « tout ». Cette question est toutefois sans incidence pour les faits latins. La reconstruction d’une racine %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>// ‑ a reçu une confirmation indépendante grâce à la mise en relation, proposée par Nussbaum (1998, 79-84), de cette famille avec le grec ἐάω, l’auteur ayant prouvé, par une enquête interne au grec, que les formes de ἐάω ne peuvent s’expliquer que par un radical grec %%*%%//ewā// ‑ (aor. ἐᾶσαι, ind. εἴασα, fut. ἐάσω ont un /ā/ long). Le digamma interne est par exemple attesté dans les gloses ἔβασον· ἔασον, Συρακόσιοι et εὔα· … ἔα. Comme l’explique Nussbaum (1998, 50), l’augment que présentent εἴασα et l’imparfait εἴων est secondaire, puisque, en cette position, la longue devait être abrégée((NUSSBAUM (1998, 41, 47-48). Comme le souligne l’auteur (p. 41), les formes résultant de l’abrègement « were simply re-augmented ». )) en hiatus. Bien que le rapprochement de  //uānus // avec ἐάω paraisse très satisfaisant, il reste que la formation du thème de présent grec fait encore l’objet d’un débat : a-t-on la trace d’un présent hérité, comme le propose Jasanoff (2003, 110), ou bien ἐάω est-il plus simplement une création interne au grec, comme le suggère Nussbaum (1998, 45)? Finalement, les reconstructions %%*%%//wāno//- ou %%*%%//wāzno//- de  //uānus // se laisseraient ramener à des prototypes indo-européens %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-no-// ou %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-s-no-//, tandis que //uāstus// reflète %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-s-to‑//. Le gotique //wans // « manquant » remonte, quant à lui, à %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>-(o)no‑//.
  
 En revanche, //uānus// n’est pas nécessairement apparenté à la famille de //uacuus//, qui pourrait contenir une racine de structure %%*%%//wVk// ‑ (on compare le hittite //wakkāri// « manquer », mais l’étymologie de ce verbe est elle-même débattue((KLOEKHORST (2008, sv).))). En revanche, //uānus// n’est pas nécessairement apparenté à la famille de //uacuus//, qui pourrait contenir une racine de structure %%*%%//wVk// ‑ (on compare le hittite //wakkāri// « manquer », mais l’étymologie de ce verbe est elle-même débattue((KLOEKHORST (2008, sv).))).
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 - et un suffixe -//dō// (gén. //-dĭn-is//) présent dans //cupīdō// F (gén. //cupīdĭn-is//) ou //libīdo// F (gén. //libīdĭn-is//). Pour des informations plus détaillées sur ce suffixe, voir [[:dictionnaire:dhell_formation_des_mots_3_sup_e_sup_partie|DHELL, Formation des mots (3e partie)]]. \\  \\  [[:dictionnaire:uanitudo5|Page précédente]] ou [[:dictionnaire:uanitudo|Retour au plan]] ou [[:dictionnaire:uanitudo7|Page suivante]] - et un suffixe -//dō// (gén. //-dĭn-is//) présent dans //cupīdō// F (gén. //cupīdĭn-is//) ou //libīdo// F (gén. //libīdĭn-is//). Pour des informations plus détaillées sur ce suffixe, voir [[:dictionnaire:dhell_formation_des_mots_3_sup_e_sup_partie|DHELL, Formation des mots (3e partie)]]. \\  \\  [[:dictionnaire:uanitudo5|Page précédente]] ou [[:dictionnaire:uanitudo|Retour au plan]] ou [[:dictionnaire:uanitudo7|Page suivante]]
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