uānĭtudō, -ĭnis, f.

(substantif)


5. Place dans le lexique latin

5.1. Analyse synchronique du lexème. Formation du mot en latin

En synchronie, uānĭtūdō est analysable en latin pour le sujet parlant en uān-ĭtūdō ou bien uānĭ-tūdō. C’est un nom abstrait de qualité, un substantif formé sur un adjectif de qualité. L’adjectif de base est uānus, -a, -um « vide, vain, fallacieux ».

Le suffixe –tūdō (-ĭtūdō ), substantival et généralement déadjectival, a servi à créer des noms abstraits dont certains appartiennent au vocabulaire fondamental du latin (beatĭtūdō, longĭtūdō, uastĭtūdō, magnĭtūdō). Mais il a perdu sa productivité dès l’époque classique. Pour ce terme particulier, il fut ici concurrencé par le suffixe productif -tās (gén. -tā t-is) F., de sorte que le substantif uānĭtās (gén. uānĭtātis) a concurrencé et remplacé uānĭtūdō au cours de la latinité ; étant fait sur la même base avec un suffixe différent, uānĭ-tās apparaît comme une variante suffixale de uānĭtūdō, qui a une fréquence très faible et limitée à l’époque archaïque.

5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins

Seul le grammairien du IVesiècle de notre ère Nonius Marcellus, dans le De compendiosa doctrina, fait mention de uānĭtūdo , qu’il présente comme un équivalent de uānĭtās chez Plaute et chez Pacuvius :

  • Non.2, p. 184, l.3 Mercier = Lindsay vol. 1, p. 270: VANITVDO pro uanitate.
    Plautus (Capt. 569): pol, ego ut rem uideo, tu inuentu’s uera uanitudine.
    Pacuvius Duloreste (125) : []primum hoc abs te oro, minus inexorabilem faxis ; ni turpassis uanitudine aetatem tuam.

Ce passage prend place au sein d’une liste alphabétique répertoriant d’autres termes présentés comme des équivalents : par exemple VARIANTIA pro uarietas, qui succède immédiatement au passage cité.

5.3. « Famille » synchronique du terme

Vānĭtūdō est une variante suffixale de uānĭtās, avec lequel il a pu être en concurrence à l’époque archaïque, mais fut rapidement éliminé ensuite. Il est possible qu’il ait été aussi une variante poétique de uānĭtās , créée par les poètes pour des besoins métriques et stylistiques. De toute façon, le suffixe -tūdō substantival et déadjectival pour former des noms abstraits de qualité a perdu sa productivité dès l’époque classique. Il est demeuré dans des termes fondamentaux (beatitudo, magnitudo, uastitudo, longitudo), mais fut concurrencé par des suffixes plus productifs.

Pour la famille synchronique du lexème, voir uānĭtās.

5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes