uānĭtās, -tātis f.

(substantif)


5. Place dans le lexique latin

5.1. Analyse synchronique du lexème. Formation du mot en latin

Vānĭtās est de formation latine, à partir de la base uānĭ- ou uān-, tirée de l’adjectif uānus, a, um, et du suffixe -tās (-tātis) ou -ĭtās (-ĭtātis), l’un des suffixes ayant servi à créer des noms abstraits en latin.

5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins

Isidore rapproche uānus du nom de Vénus :

  • Isid. Orig. 10, 280 : uanus a Venere etymologiam trahit. Item uanus inanis, falsus, eo quod memoria euanescat (cité par R. Maltby).

5.3. « Famille » synchronique du terme

L’adjectif uānus a donné lieu à quelques composés et dérivés à côté de uānitās, uānitūdo et uānitiēs:

-les composés uānĭ-dic-us, a, um « menteur, hâbleur » (deux occurrences, chez Plaute et Ammien Marcelin, ce qui permet d’avancer qu’il s’agit là d’une création occasionnelle plaisante) et uānĭ-loqu-us, a, um « menteur, fanfaron, vantard » (quatre occurrences à l’époque archaïque et classique, mais davantage à l’époque tardive), le substantif uānĭ-loquentia, ae, f. « paroles futiles, bavardage, fanfaronnades, vantardise » (Pl.+) et sa variante tardive uānĭ-loquium, ii, n., ainsi que l’adjectif uānĭ-loquax, -ācis « mensonger, menteur » (Ps.-Aug.) ; Plaute forge aussi l’hapax uānĭ-loqui-dōrus « diseur de mensonges » (Pers. 702) à l’aide d’un troisième élément grec, -δῶρον.

-le verbe dénominatif dérivé uānor, -ārī « mentir, tromper » (Acc.+) et le participe présent d’un fréquentatif non attesté autrement uānitantes, -ium « gens superficiels, vaniteux, bavards » (tard.).

5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes

C’est avec glōria que la relation est la plus complexe, car uānitās est à la fois le synonyme de glōria « vanité » et l’antonyme de glōria « gloire ». Arrogantia et superbia « orgueil » constituent deux autres synonymes de uānitās, le premier en étant plus distant que le second. Enfin uānitās a pour synonyme uānitūdō, dont il constitue une variante suffixale. Mais le premier lexème a un sens plus large que le second, attesté seulement deux fois et cantonné à l’époque archaïque.



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