sŭperbus, -a, -um

(adjectif)


7. Descendance du lexème

7.1. Les descendants du lexème dans les langues romanes par la voie phonétique

7.2. Les emprunts faits au latin par les langues anciennes et modernes

Le français emprunte l’adjectif latin superbus dès le début du XIIIe siècle (cf. TLFi ) : l’adjectif fr. superbe continue la polysémie du latin superbus avec des évolutions. Le sens dépréciatif d’« orgueilleux » sort de l’usage au XVIesiècle. À l’époque classique, un emploi mélioratif émerge, unissant les idées de fierté et de grandeur pour qualifier une action ou une personne qui s’élève légitimement au-dessus des conduites ordinaires. Le sens de « magnifique » est devenu prédominant et a donné celui de « qui a de la prestance, de la beauté ». À partir d’un sémantisme commun, en latin, au substantif superbia et à l’adjectif superbus, le français a différencié sémantiquement le substantif superbe et l’adjectif superbe, le premier exprimant l’orgueil et le second, la prestance.

Le portugais subervo conserve le sens d’ « orgueilleux », que perd le français.

Lat. supĕrbus est aussi à l’origine d’it. superbo, attesté avant 1306 (DELI, De Mauro) ou au XIVe siècle (DEI). Selon le DELI, il s’agit d’un terme savant ; il a le sens de « qui manifeste de l’orgueil », « qui est satisfait de soi-même » mais aussi, à propos d’entités inanimées, « qui est de qualité excellente » (De Mauro). Des formes plus anciennes sont attestées et référencées dans les dictionnaires : superbio (DEI), sobèrbo, sopèrbio, sopèrbo, sopièrbo, supèrbio, supèrvo (Battaglia). C’est à partir de la tradition ecclésiastique que le terme se développe en Italie (DEI). On trouve aussi plusieurs formes dialectales :
- dialecte de Sassari : supéivu (Muzzo)
- dialecte des Abbruzzes : superbo (Finamore)
- frioulan : supiarbeôs, supièrbeôs, supiarbi, supiarp, supierbi (Pirona)
- dialecte de l’Ombrie : superbiusu (Frontini).



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