somnus, -ī (m.)

(substantif)


3. Distribution dans les textes au cours de la latinité

3.0. Généralités

Il s’agit d’un terme ancien, attesté depuis l’époque archaïque dans les premiers textes latins, chez Accius, Pacuvius, Ennius et Plaute. Il est classique et usuel et de relativement grande fréquence.

3.0.1. Première occurrence dans les textes ou inscriptions

Accius, Pacuvius, Ennius et Plaute ; par exemple :

  • Pl. Most. 697 : Non bonust somnus de prandio.
    « Le sommeil n’est pas bon au sortir du déjeuner. »
  • Pl. Miles Gloriosus 215: Age siquid agis : uigila, ne somno stude.
    « Au travail, voyons, au travail. Ouvre l’œil, ne t’endors pas. » (traduction A. Ernout, CUF)
    Littéralement : « Concentre-toi sur ta tâche. Reste éveillé, ne t’adonne pas au sommeil. »

3.0.2. Répartition et distribution des occurrences au cours de la latinité

Somnus est attesté durant toute la latinité. Il devait être usuel dans la langue courante quotidienne, comme le rappellent, par exemple, ses occurrences dans les comédies de Plaute. Il est passé dans les langues romanes de plusieurs manières (cf. § 7 ).

Dans le Dictionnaire fréquentiel et index inverse de la langue latine publié en 1981 par le LASLA, somnus figure à la cinquième page sur 100 de la liste par ordre décroissant de fréquence des éléments du corpus lemmatisés à cette date par le LASLA avec 200 occurrences, 84 en prose et 116 en poésie. Il fait donc partie des 5% de termes les plus fréquents.

Avec un corpus plus étendu, l’hyperbase latin enregistre 395 occurrences de somnus (d’après les renseignements que nous a fort aimablement fournis D. Longrée, Directeur du LASLA, en septembre 2011). Il s’agit donc d’un terme de grande fréquence. Mais on observe une diminution de sa fréquence relative, donc de son emploi concret dans les textes à partir du IIIesiècle ap. J.-C.

3.1. Distribution diachronique (périodes d’attestation)

Les chiffres du tableau suivant sont issus de la base de données CLCLT-6 (Brepols), sans que soient pris en compte les textes répertoriés dans les catégories dubium, ambiguum, terminus ad quem et terminus post quem. Ils représentent donc le nombre minimal d’occurrences de somnus dans les textes latins du IIIes. av. J.-C. au Ves. après J.-C. :

Période Nombre d’occurrences Fréquence relative
(pour 1 000 000 mots)
IIIe - IIe s. av. J.-C. 34 128
Iers. av. J.-C. 273 150
Iers. ap. J.-C. 523 195
IIes. ap. J.-C. 121 109
IIIes. ap. J.-C. 57 72
IVes. ap. J.-C. 415 67
Ves. ap. J.-C. 612 53

3.2. Distribution diastratique (diaphasique)

Sa fréquence est remarquable dans les textes de poésie qui présentent tous, d’après les indications de D. Longrée de 2011, un écart réduit significatif : Lucrèce, +5,4 ; Catulle, +1,6 ; Virgile, Géorgiques, +3,1, Enéide, +5,2 ; Horace, +3,8 ; Tibulle, +2,8 ; Properce, +4,7 ; Ovide, + 8,8 et + 4,7 ; Juvénal, +2, 5.

Cette caractéristique est confirmée par les œuvres de Sénèque qui offrent des écarts réduits négatifs pour les textes en prose, par exemple – 4, 3 dans le De beneficiis et un écart réduit positif, +2,2 dans les Tragédies.

Parmi les prosateurs seuls Quinte-Curce (+1,3), Pétrone (+1,7) et Pline (+0,4) manifestent une légère prédilection pour ce terme. Mais les éléments poétiques de la langue de Quinte-Curce ont été remarqués par ses commentateurs. Il faudrait toutefois affiner cette analyse en tenant compte des acceptions de somnus.

3.3. Distribution diatopique (dialectale, régionale)

3.4. Distribution par auteur, par œuvre

D’après les nombres d’occurrences ci-dessous, somnus est employé en poésie chez Ovide (principalement dans les Amours, les Fastes, les Héroïdes et les Métamorphoses) avec une fréquence relative de 559, en prose chez Cicéron (De Divinatione ; Lettres à Atticus) et dans l’Histoire Naturelle de Pline l’Ancien (fréquence relative : 227). Son nombre élevé d’occurrences chez Augustin n’est pas significatif si l’on tient compte de sa fréquence relative, qui est de 76.

• Période I. Plaute : des origines à la mort d’Ennius

Nombre d’occurrences
Plaute 25
Ennius 9

• Période II. Térence : de Caton à l’époque de Sulla

Nombre d’occurrences
Térence 3
Caton 0
Pacuvius 1

• Période III. Cicéron : la fin de la République

Nombre d’occurrences
Cicéron 89
César 1
Salluste 6
Varron 1
Lucrèce 35
C. Nepos 1
Catulle 7

• Période IV. Virgile : le siècle d’Auguste (43 av. JC-14 ap. JC)

Nombre d’occurrences
Virgile 53
Horace 24
Ovide 127
Tite-Live 40
Vitruve 0
Properce 20
Tibulle 8

• Période V. Sénèque : la dynastie julio-claudienne

Nombre d’occurrences
Sénèque 60
Lucain 24
Celse 65
Columelle 10
Pline l’Ancien 92
Pétrone 13
Quinte-Curce 22
Valère Maxime 20
Manilius 6
Perse 1

• Période VI. Tacite : des Flaviens à Trajan (69-117 ap. J.-C)

Nombre d’occurrences
Quintilien 11
Tacite 19
Pline le Jeune 14
Stace 70
Silius Italicus 48
Juvénal 13
Martial 20
V. Flaccus 22
Frontin 1

• Période VII. Apulée : Hadrien et les Antonins (117-192)

Nombre d’occurrences
Apulée 33
Suétone 11
Aulu-Gelle 6

• Période VIII. Tertullien et l’Histoire auguste : des Sévères à Constantin (193-337)

Nombre d’occurrences
Tertullien 41
Lactance 17

• Période IX : du milieu du IVe au début du Ve s., l’Empire après Constantin jusqu’à Honorius (337-423)

Nombre d’occurrences
Augustin 389


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