signum, -i (n.)

(substantif)



2. Morphologie

2.1. Indications grammaticales

- Substantif de la 2e déclinaison des neutres du type templum
- Flexion :
Singulier : nomin.-acc. sign-ŭm, gén. sign-ī, dat.-abl. sign-ō
Pluriel : nomin.-acc. sign-ă, gén. sign-ōrŭm, dat.-abl. sign-īs
Thème en synchronie (constant dans la flexion) : sign-
Désinence de Nt. Pl. nomin.-acc. : -ă provenant d’un ancien suffixe de collectif (*-h2).

2.2. Variantes morphologiques

2.2.1. Elimination de la catégorie grammaticale du genre neutre

On observe, entre le latin et les langues romanes, la disparition de la catégorie grammaticale du genre neutre pour les substantifs latins. Ils sont passés dans les langues romanes soit au masculin (à partir des formes flexionnelles du singulier, l’acc. sg. nt. en –ŭ(m) étant réinterprété comme un masculin), soit au féminin (à partir des formes flexionnelles du pluriel, le nomin.-acc. pl. nt. en –ă étant réinterprété comme un féminin sg.).

Dans certains cas, la même langue romane possède donc deux substantifs différents, l’un masculin et issu du singulier en latin, l’autre féminin et issu du pluriel en latin. C’est le type français un grain m. vs une graine f. ou bien un voile m. vs une voile f.

Pour les descendants de signum dans les langues romanes, on peut citer (cf. § 7) : a.-occ. senh m. vs senha f.

2.2.2. Les variations de genre grammatical en latin

Des flottements de genre grammatical, notamment entre neutre et masculin, sont déjà observables en latin dans les textes de l’époque archaïque pour certains lexèmes. Il doit s’agir en grande partie de variations diastratiques, dans des niveaux de langue bas, proches de la langue parlée quotidienne des gens peu cultivés. Le phénomène se retrouve dans les mêmes niveaux de langue bas à l’époque post-classique1) et tardive. Le latin de l’époque mérovingienne, par exemple, en offre des exemples assez nets : Grégoire de Tours (fin du VIe s. ap. J.-C.) emploie dans le même passage, à quelques mots de distance, le terme gaudium « joie » tantôt au neutre gaudium, tantôt au féminin gaudia (genre grammatical qui se maintiendra dans fr. la joie f.).

Pour lat. signum, les textes latins ne nous donnent pas d’indice d’un tel phénomène.

2.3. Formation du lexème

Thème thématique, formé avec la voyelle thématique *-ŏ- : nomin.-acc. sg. : *-ŏ-m > -ŭm par fermeture d’une voyelle brève en syllabe finale fermée à l’époque archaïque pré-littéraire. Pour ce type de flexion, la forme ancienne avec un ŏ bref à la finale de mot (après amuïssement de la nasale finale) est encore attestée dans les inscriptions de l’époque archaïque pré-littéraire.



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1) Voir par exemple lat. lac, gén. sg. lact-is Nt., représenté par ne forme d’acc. sg. masculin lactem chez Pétrone (Sat. : extrême fin du Ier s. ou début du IIe s. ap. J.-C.).