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dictionnaire:rursus1 [2012/03/19 15:25]
garrido
dictionnaire:rursus1 [2014/06/18 13:41] (Version actuelle)
lecaude [1.2. Phonétique et phonologie]
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-<html><div class="titre">dēnuō(adverbe)</div></html>+<html><div class="titre">rursus</div></html> \\  <html><center><big><big>(adverbe)</big></big></center></html>
  
  
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 ===== 1.1. Graphie et variantes graphiques ===== ===== 1.1. Graphie et variantes graphiques =====
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 +Cet adverbe offre une pluralité de formes : deux allomorphes d’origine morphologique //rursus// (figement d’un ancien nominatif masculin sg.) et //rursum// (figement d’un ancien accusatif masculin sg., cf. [[:dictionnaire:rursus2#2.2.Variantes morphologiques|§ 2.2.]]) et d’autres formes où les diverses graphies reflètent probablement des variantes de prononciation : //rusum//, //rusus//, //russum.// 
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 +====A) La forme rusum====
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 +De la forme //rūsum, // la //BTL // donne 21 occurrences, dont 10 chez Plaute, 4 en poésie (Catulle, Lucrèce, Virgile : avec une première syllabe longue), alors que les autres occurrences sont toutes chez des auteurs tardifs.
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 +Cette graphie pourrait correspondre à une prononciation où la consonne //r// à la coda de la syllabe initiale a pu être assimilée (assimilation régressive à la frontière de syllabe) par la sifflante à l’attaque de la seconde syllabe. Ensuite, la graphie montre une simplification de la sifflante géminée. Cette simplification de la géminée a peut-être également eu lieu dans la prononciation puisqu’on était derrière une voyelle longue (-//ss-// est maintenu derrière voyelle brève, mais se simplifie en -//s//- derrière voyelle longue). 
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 +====B) La forme rusus====
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 +La //BTL// donne également 14 occurrences de //rusus//, principalement chez Virgile (où la première syllabe est longue). Il s’agit de l’allomorphe du //rusum// précédent selon la variation -//m / -s//. La forme //rusus// supporte donc une explication phonétique identique à celle de //rusum.// 
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 +====C) La forme russum====
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 +On ne relève qu’un seul exemple de la graphie //russum, // chez Plaute :
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 +  *Pl. //Trin.//  181 :  \\  // Neque adeo hasce emi mihi nec  ussu rae meae :   \\  // Illi **re**demi **russum**, a me argentum dedi.  \\  « Et ce n’est pas pour cette raison que j’ai acheté cette maison, ni pour mon propre usage : c’est pour lui (= Charmidès) que je l’ai **r**achetée **de nouveau **; j’ai payé à partir de ma propre fortune ».
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 +Dans ce passage, l’adverbe est employé conjointement avec le préverbe //re//- (ici sous sa forme //red//-), présent dans //rĕd-ēmī, //  les deux morphèmes pouvant être traduits par le préverbe français //r//- dans le verbe //r-acheter//.
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 +Phonétiquement cette forme à géminée (-//ss//-) correspond à la phase chronologiquement antérieure aux deux formes précédentes (//rūsum, rūsus//), où la géminée n’a pas encore été simplifiée. La même absence de simplification de -//ss//- (qui est un trait de la langue archaïque) est, précisément, attestée au vers précédent dans le substantif //ussurae//   (à la place de l’orthographe habituelle //ūsūrae//).
  
  
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-[[:dictionnaire:denuo|Retour au plan]] ou [[:dictionnaire:denuo2|Page suivante]]+['ru:r.sus] et ['ru:r.sum] 
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 +/'ru:r.sus/ et  /'ru:r.sum/ 
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 +Selon le témoignage des inscriptions archaïques pré-littéraires, la nasale finale (-//m//) était probablement affaiblie ou amuïe dans la prononciation. 
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 +Il devait en être de même aux périodes archaïque littéraire et classique dans les bas niveaux de langue, mais non dans les niveaux de langue élevés, où la nasale finale avait probablement été restaurée et maintenue, du moins dans certaines conditions syntagmatiques de //saṃdhi// externe et de manière plus ou moins nette. 
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 +Cette tendance à l’affaiblissement s’accentuant, la nasale -//m// finale n’était plus prononcée dans la langue courante en latin tardif.  Au contraire, la sifflante finale (-//s//) était peut-être faiblement articulée ou même amuïe à l’époque archaïque pré-littéraire au témoignage des inscriptions, mais elle devait être prononcée plus nettement aux périodes classique, postclassique et tardive. 
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 +A l’époque archaïque pré-littéraire, les deux allomorphes //rursus// et //rursum// avaient donc probablement la même prononciation ['ru:r.su]. A partir de l’époque classique, le fait que le -//s// final ait été plus solide que le -//m// final a peut-être favorisé l’emploi de //rursus// aux dépens de //rursum//. 
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