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dictionnaire:quomodo4detailleb [2015/01/23 13:42]
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    * Quint.// inst.// 8,5,5 : \\ //sunt etiam qui decem genera fecerint, sed eo modo, quo fieri uel plura possunt.// \\ « il y a aussi des auteurs qui distinguent dix types (scil. de sententiae), mais d’une manière qui leur permettrait d’en distinguer bien plus. » \\    * Quint.// inst.// 8,5,5 : \\ //sunt etiam qui decem genera fecerint, sed eo modo, quo fieri uel plura possunt.// \\ « il y a aussi des auteurs qui distinguent dix types (scil. de sententiae), mais d’une manière qui leur permettrait d’en distinguer bien plus. » \\
  
-   * Cels. //méd.// 4,12,3 : \\ …, //ut quo modo se quisque aeger refecerit, eo sanus utatur.// \\  « … que chacun adopte en bonne santé le régime qui l’a guéri lorsqu’il était malade.»+   * Cels. //méd.// 4,12,3 : \\ …, //ut quo modo se quisque aeger refecerit, eo sanus utatur.// \\  « … que chacun adopte en bonne santé le régime qui l’a guéri lorsqu’il était malade.»  
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 +==== B.2.6. Dans la prose de l’époque tardive ==== 
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 +=== B.2.6.1. Chez Lucifer de Cagliari === 
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 +== a. L’emploi relatif == 
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 +Ce qui vient d’être dit de la persistance de l’emploi relatif de //quo modo// avec maintien intact du sens de chacun de ses constituants en latin postclassique semble aussi se confirmer en latin tardif, puisqu’au IVe siècle chez Lucifer de Cagliari un emploi relatif désynthétisé avec inversion du diptyque est encore repérable, par ex. sous forme de l’expression de manière //eo modo quo : // \\ 
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 +   * Lucif. //Athan.// 2,18 l.25-26 : //Cum non, inquam, rem egeris **eo modo quo** iusserit te agere dominus, fuisti ausus ...// \\ « Alors que, dis-je, tu n’as pas réglé l’affaire de la façon dont t’a ordonné de la régler le Seigneur, tu as osé … » 
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 +Ce même emploi semble être à l’origine du composé adverbial dans : \\ 
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 +   * Lucif. //Athan.// 1,41 l.40-42 : …, //crede quia et ante aduentum eius qui uicerunt diabolum **non aliter** crediderunt **quam quomodo** hodie credimus.//  \\« …, sois convaincu que même avant sa venue ceux qui triomphèrent du diable ne crurent pas autrement que nous ne croyons aujourd’hui. » \\ 
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 +//Quomodo//, qui apparaît ici après //non aliter quam// comme pléonastique, peut procéder d’un //(eo) modo quo// qui fonctionne comme complément de manière à côté de credimus tout comme //non aliter// le fait à côté de //crediderunt.// 
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 +== b. L’emploi comparatif en structure corrélative == 
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 +Si l’emploi de //quomodo// comparatif agglutiné est chez Lucifer plus fréquent et plus varié qu’il ne l’était en latin préclassique, il est en revanche nettement moins souple et diversifié que chez Cicéron ou des auteurs postclassiques tels Quintilien, Sénèque ou Pétrone. \\ 
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 +La seule structure représentée chez Plaute, à savoir le diptyque normal avec reprise anaphorique de //quo(=)modo//, est d’un emploi rare chez Lucifer ; on relève deux occurrences,  l’une avec //ita//, l’autre avec //sic// : les deux sont suivis de //et// , qui, au contact d’un nom ou d’un pronom, garde sa valeur propre de « aussi » : \\ 
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 +   * Lucif. //reg. apost.// 9 l.45-46 : \\ //Quomodo, inquis, decipere ? **Quomodo et te** iam deceperit, **ita et nos** uult decipi.// \\ « Comment nous tromper ? demandes-tu. Comme il t’a déjà trompé toi, ainsi il veut que nous soyons trompés nous aussi. » \\ 
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 +   * Lucif. //Athan.// 1,7 l.1-2 : \\ //Sed dicis : ‘Isto in loco deo deuotissimus Moyses **quomodo** sacerdot**um** fecit mentionem, **sic et** iudic**is**.’//  \\ « Mais tu dis : ‘En ce lieu, Moyse parfaitement soumis à Dieu, tout comme il a fait mention de prêtres, a aussi fait mention de juge.’ » \\ 
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 +À la différence de ce qu’on a constaté chez Cicéron, où le diptyque normal l’emportait encore nettement sur le diptyque inverse (10 occurrences sur 13), Lucifer offre, en cas de corrélation, une majorité écrasante de diptyques inverses (28 occurrences sur 30) ; la tendance à l’inversion non expressive du diptyque s’était annoncée dès le latin postclassique. \\ 
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 +//Ita … quomodo//, déjà rare au Ier siècle av. J.-C. et entièrement sorti d’usage en latin postclassique, est réutilisé modérément, à trois occasions, chez Lucifer dans des structures non elliptiques, normalement bien charpentées avec des balancements contrastifs : \\ 
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 +   * Lucif. //non parc.// 31 l.32-35 : \\ // inueniris excogitare fidem mutare, hoc est ut __non__ **ita** __credamus__, **quomodo** patriarchae, prophetae, apostoli ac martyres __crediderint__, __sed__ institueris sic credendum, quomodo conperditus tuus Arrius. // \\ « Il se trouve que tu envisages de nous faire changer de foi, c’est-à-dire que nous ne devons plus croire comme ont cru les patriarches, les prophètes, les apôtres et les martyrs mais tu as établi qu’il faut croire comme ton dépravé d’Arius. » 
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 +//Quomodo// y joue le rôle d’un adverbe prédicatif par rapport au verbe de la proposition subordonnée (p), laquelle joue à son tour, de conserve avec ita, le rôle d’adverbe prédicatif par rapport au verbe de P. \\ 
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 +Un exemple qui fait au contraire bien ressortir le caractère actanciel et, partant, la présence indispensable de //ita…quomodo// p par rapport au verbe de la proposition-hôte (//teneas//) est : \\ 
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 +   * Lucif. //non conu.// 14 l.29-31 : \\ //Constat itaque te, qui **ita __non teneas__, quomodo tradiderit apostolis dominus et apostoli episcopis**, te non habere deum…  (Constat itaque te, qui non teneas, te  non habere deum) // \\ « Voilà pourquoi c’est un fait établi que toi qui ne t’en tiens pas aux préceptes que le Seigneur a transmis aux apôtres ni à ceux que les apôtres ont transmis aux évêques, tu ne possèdes pas dieu … » \\ 
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 +Avec 25 occurrences, les emplois de //sic…quomodo// ne sont pas seulement plus fréquents mais aussi plus variés. Si //sic… quomodo// concurrence occasionnellement //ita… quomodo// dans des agencements non abrégés avec des symétries appuyées : \\ 
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 +   * Lucif. //Athan.// 1,41, l.7-9 : \\ //Interea sic uos Arriani superiores poteritis Athanasio inueniri nunc apud deum, **quomodo** et illi tunc inuenti sunt qui Iob exprobrant.// \\ « Cependant vous, Ariens, vous pourrez à présent être jugés devant Dieu supérieurs à Athanase, comme l’ont été autrefois aussi les détracteurs de Job. » \\ 
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 +il intervient de préférence dans des structures elliptiques. L’abréviation peut consister dans la suppression du seul verbe avec maintien des actants :   \\ 
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 +   * Lucif. //Athan.// 1,19 l.3-5 : \\ //**Sic** uos filii perditionis Arriani interficere temptatis Athanasium, **quomodo** Nabutheum Iezabel, ... // \\ « Vous, Ariens, fils de la perdition, vous tâchez de tuer Athanase comme Jézabel <l’a fait pour> Naboth. » \\ 
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 +   * Lucif. //non conu.// 4 l.36-40 : \\ … //quando **sic** inter nos et uos separatum esse uoluerit deus, **quomodo** inter lumen et tenebras, inter uitam et mortem, inter dulcem et amarum, **quomodo**  inter sanctos angelos dei… et inter illos apostatas, … ?// \\ « … puisque Dieu a voulu qu’il y ait entre vous et nous une telle séparation qu’entre la lumière et les ténèbres, entre la vie et la mort, entre le doux et l’amer, qu’entre les saints anges de Dieu … et ces apostats, … ? » \\ 
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 +Sporadiquement, il y a omission du verbe subordonné et de ses compléments, le seul élément maintenu étant le sujet : \\ 
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 +   * Lucif. //non parc. 31 l.32-35 : \\ inueniris excogitare fidem mutare, hoc est ut… institueris sic credendum **quomodo** conperditus tuus Arrius. // \\ « il se trouve que tu envisages de nous faire changer de foi, c’est-à-dire que … tu as établi qu’il faut croire comme ton dépravé d’Arius. » \\ 
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 +C’est dans le dernier exemple, construit sur le modèle de Petron. 38,15 qu’on a le plus nettement l’impression que la séquence introduite par //quomodo// perd son statut propositionnel pour devenir, à l’intérieur d’une phrase simple, un syntagme nominal. \\ 
 + 
 +À l’opposé d’une tendance qui a commencé à se manifester en latin postclassique et qui consiste à rapprocher, sur le modèle de //sicut//, aussi //sic// et //quomodo//, les deux éléments restent chez Lucifer constamment bien éloignés l’un de l’autre, sauf dans : \\ 
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 +   * Lucif. //Athan.// 2,5 l.16-18 : \\ //Fructibus ergo tuis quomodo non ouis fuisse lupus agnitus es, **sic et quomodo** sis, nisi tibi consulueris, arbor igni destinata, probant sacra euangelia. //  \\ « Les saints évangiles montrent que par les fruits que tu portes, tu t’es révélé loup et non pas brebis, tout comme, si tu ne prends pas soin de toi, tu seras un arbre destiné au feu. »  \\ 
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 +où le rapprochement de //sic// et de //quomodo// comparatif, uniquement séparés par //et//, souligne le rôle parenthétique de la comparative (//sic et quomodo … destinata//).  
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 +== c. L’emploi circonstanciel en structure non corrélative == 
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 +On a relevé chez Lucifer 13 structures non corrélatives, où //quomodo// comparatif est employé seul sans //ita// ou //sic. Quomodo// p y est le plus souvent affecté à l’expression d’une comparaison parenthétique. \\ 
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 +À côté d’emplois comparables à ceux des structures corrélatives, où //quomodo// p, sous forme complète ou abrégée, joue, en position initiale ou finale, le rôle d’un actant : \\ 
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 +   * Lucif. //reg. apost.// 2 l. 26-27 : \\ //Et tu inquis : ‘Ego nisi recte fuissem credens, nisi quomodo est deo placitum uiuerem, numquam profecto nunc usque imperarem’.// \\ « Et toi, tu dis : ‘Si je n’avais pas eu la bonne foi, si je ne vivais pas comme il plaît à Dieu, je n’aurais, à coup sûr, jamais continué à régner jusqu’à ce jour’. » \\ 
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 +   * Lucif. //non parc.// 26 l. 60-62 : \\ … //tu contra cum militari manu sis pugnans contra nos quos cognoscis **credere, quomodo patriarchae, prophetae, apostoli ac martyres crediderint**, … // \\ « … alors que toi au contraire tu te bats avec une force armée contre nous qui croyons, tu le sais, comme ont cru les patriarches, les prophètes, les apôtres et les martyrs, … » \\ 
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 +ainsi que de deux constructions elliptiques où //quomodo//, dans le premier cas, joue le rôle d’un //quasi// introduisant une hypothèse contrefactuelle, dans le second, introduit une comparative imbriquée dans une restrictive en //nisi// dont le noyau prédicatif est sous-entendu : \\ 
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 +   * Lucif. //reg. apost.// 1 l.14-15 (Iud. 6,16) : \\ //Ego ero tecum, et percuties Madiam **quomodo unum hominem**.//  \\ « Je serai avec toi, et tu battras Madiân comme [s’il n’était qu’]un seul homme. » \\ 
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 +   * Lucif. //non parc.// 26 l.4-6 : \\ //Ille tradidit dominum Iudaeis, quia non fuerat credens **nisi quomodo sit nunc credens conscotinus tuus Sirmiensium**, qui dicebatur ac dicitur indigne Fotinus.// \\ « Il livra le Seigneur aux Juifs, parce qu’il n’avait pas été croyant, sinon comme est à présent croyant ton// conscotinus// de Sirmium, qui était appelé et est appelé indignement //Fotinus. //» \\ 
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 +on trouve chez Lucifer toute une série d’exemples où //quomodo// p, sans corrélatif, a une portée large et est, à l’image de ce qu’on a vu chez Cicéron, incident à l’ensemble de la proposition. C’est le cas lorsqu’il se présente sous forme : \\ 
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 +- de parenthèse méta-énonciative comportant par ex. un verbe de parole : \\ 
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 +   * Lucif. //reg. apost.// 3 l.1-2 : \\ //‘Si male, inquis, egissem, si, **quomodo dicit Lucifer**, essem haereticus, …//  \\  « ‘Si, dis-tu, je m’étais mal comporté, si, comme dit Lucifer, j’étais hérétique, …’ » \\ 
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 +   * Lucif. //Athan.// 1,10 l.44-46 : //Credo dictum fuisset nobis : ‘Plus honorificastis Constantium quam me’, **quomodo illi dictum est quod plus honorificauerit filios quam deum**.//  « Je crois qu’on nous aurait dit : ‘Vous avez honoré Constance plus que moi’, comme on lui a dit qu’il avait honoré ses fils plus que Dieu. » \\ 
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 +- de rallonge : \\ 
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 +   * Lucif. //moriend.// 3 l. 88-89 (I Ioh. 2,17) : \\ //qui autem fecerit uoluntatem dei, manet in aeternum, **quomodo et deus manet in aeternum**.//  \\ « Mais celui qui accomplit la volonté de Dieu demeure éternellement, comme Dieu aussi demeure éternellement. » \\ 
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 +- ou d’incidente épexégétique au sein de P : \\ 
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 +   * Lucif. //Athan.// 1,31 l. 47-48 : \\  //cognoscis tu quod tibimet conquiras mortem, tu qui nolueris in imagine dei, **quomodo es factus a deo**, manere,...// \\  « tu sais que tu te prépares la mort, puisque tu n’as pas voulu demeurer à l’image de Dieu, comme tu as été créé par Dieu, … » \\ 
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 +Avec l’élargissement de son incidence, //quomodo// voit son sens premier de « manière » se diluer au profit d’une idée d’analogie vague (« de même que ») entre deux situations mises en parallèle. Que pareille relation de similitude donne lieu, en contexte favorable, à différents effets de sens, causal, temporel, contrastif ou concessif, //quomodo// passant alors pour une simple conjonction de subordination circonstancielle sans fonction adverbiale dans p ressort d’une série d’autres énoncés répertoriés encore au IVe siècle dans la Vulgate. Ce phénomène de transcatégorisation a dû se produire parallèlement à celui déclenché par //quomodo// interrogatif qui lui aussi, suite à un ternissement de son sens modal et une abdication de son statut adverbial dans la subordonnée, est devenu une simple conjonction introduisant une proposition complétive au sens de « que ». 
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 +=== B.2.6.2. Dans le Nouveau Testament de la Vulgate === 
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 +== a. L’emploi comparatif == 
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 +Sur le modèle des textes classiques, la Vulgate continue, certes, à présenter des systèmes comparatifs sous forme de diptyque normal, avec reprise anaphorique de //quomodo// par //ita//, qui, suivi de //et// au sens de « aussi », instaure une comparaison entre deux actes semblables émanant de deux agents différents ou, sous une forme hautement elliptique de la proposition comparée, entre deux situations analogues se produisant à deux moments différents : \\ 
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 +   * //Vulg. Rom. 6,4 : \\ consepulti enim sumus cum illo per baptismum in mortem ut **quomodo** surrexit **Christus** a mortuis per gloriam Patris **ita et nos** in nouitate uitae ambulemus // \\ « Nous avons en effet été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, pour que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous évoluions nous aussi dans une vie nouvelle. » \\ //ὥσπερ ... Χριστὸς ..., οὕτως καὶ ἡμεῖς ...// \\ 
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 +   * //Vulg. Gal. 4,29 : \\ sed **quomodo tunc** qui secundum carnem natus fuerat persequebatur eum qui secundum spiritum **ita et nunc** // \\ « Mais comme alors l’enfant de la chair persécutait celui de l’esprit, ainsi il en est encore maintenant. » //ὥσπερ τότε..., οὕτως καὶ νῦν... //  \\ 
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 +Sans corrélatif, on peut citer : \\ 
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 +   * //Vulg. Ioh. 14,27 : \\  pacem relinquo uobis pacem meam do uobis **non quomodo mundus** dat **ego** do uobis//  \\ « je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. » // οὐ καθὼς ὁ κόσμος ... ἐγὼ...// \\ 
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 +On a ici affaire à une tension contradictoire dans la mesure où non prend en charge l’expression de l’incomparabilité du //modus// p (manière de faire ou manière d’être) de la comparée avec le //modus// p de la comparante. 
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 +== b. D’autres emplois circonstanciels ? == 
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 +D’autres emplois semblent, dans un contexte ambigu, susceptibles de plusieurs lectures. Ainsi, dans : \\ 
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 +   * //Vulg. I Cor. 7,15 : \\ et uiscera eius abundantius in uos sunt reminiscentis omnium uestrum oboedientiam **quomodo** cum timore et tremore excepistis eum // \\ « Et son affection pour vous augmente quand il se rappelle votre obéissance à vous tous, **comment / que / puisque** vous l’avez accueilli avec crainte et tremblement » \\ 
 + 
 +on peut d’abord hésiter entre //quomodo// interrogatif introduisant au sens de « comment » une interrogation indirecte à l’indicatif et //quomodo// introduisant au sens de « que » une complétive conjonctive assertive : dans les deux cas, la subordonnée sert d’explicitant sémantique à //omnium uestrum oboedientiam//, sa forme étant au-delà du SN conditionnée par le noyau prédicatif //reminiscentis// ; finalement, on pourrait y voir un //quomodo// conjonctif introduisant une circonstancielle au sens de « puisque » : //quomodo// p livre alors la cause de la proposition principale : « pourquoi son affection redouble-t-elle …? puisque vous l’avez accueilli… ». Cette dernière interprétation évite de recourir à l’explication de la complétive par apposition et coréférence au moins partielle à un SN. Pareil agencement de la phrase est surtout fréquent lorsque le SN est constitué d’un substantif accompagné d’un endophorique qui rend la présence d’une détermination indispensable ; il l’est beaucoup moins lorsque la complétive représente, comme ici, une appositive explicative, sémantiquement omissible. \\ 
 + 
 +La même explication causale semble encore être de mise dans : \\ 
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 +   * //Vulg. II Petr. 1,2-3 : \\ gratia uobis et pax adimpleatur in cognitione Domini nostri 3 **quomodo** omnia nobis diuinae uirtutis suae quae ad uitam et pietatem donata est per cognitionem eius qui uocauit nos propria gloria et uirtute //  \\  « à vous grâce et paix en abondance, par la connaissance de notre Seigneur ! 3 **Car** sa divine puissance nous a donné tout ce qui concerne la vie et la piété : elle nous a fait connaître Celui qui nous a appelés par sa propre gloire et vertu. » \\ 
 + 
 +Si //quomodo// introduit ici une subordonnée, il est donc l’équivalent de //quod / quoniam// classique. \\ 
 + 
 +Notons d’ailleurs que, dans les deux derniers exemples cités, le correspondant grec de quomodo est //ὡς//. \\ 
 + 
 +Une lecture finale semble enfin possible après des verbes qui peuvent être interprétés soit comme monovalents soit comme bivalents. C’est le cas de : \\ 
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 +   * //Vulg. Matth. 12,14 : \\ exeuntes  autem Pharisaei **consilium faciebant** aduersus eum **quomodo** eum perderent //  \\  « Étant sortis, les Pharisiens tenaient conseil contre lui se demandant comment ils pouvaient le perdre / en vue de le perdre » \\ 
 + 
 +Si //consilium faciebant// est employé transitivement, //quomodo// p a une fonction actancielle, et joue le rôle d’une complétive interrogative ; si //consilium faciebant// est employé intransitivement, sens qui peut être suggéré par l’adjonction //aduersus eum, quomodo// p joue le rôle d’une circonstancielle périphérique à sens final. Selon J. Pirson, cet emploi final de //quomodo// procéderait de son équivalence avec //quod// après un verbe exprimant la volonté ou le désir. \\ 
 + 
 +Cet effet de sens n’a rien de choquant puisque déjà chez Térence (//Phorm.// 756-757) on a trouvé un exemple de //quo modo// relatif + subjonctif exprimant une nuance de but. \\ 
 + 
 +Dans les exemples de la Vulgate, une telle interprétation est surtout envisageable dans un contexte de délibération, la visée finale exprimant alors l’issue souhaitée de la délibération. 
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 +[[:dictionnaire:quomodo4|Aller au § 4.0]] ou [[:dictionnaire:quomodo|Retour au plan]] ou [[:dictionnaire:quomodo5|Aller au § 5]]  
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