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1.1.1. Graphie usuelle : <quaero > <quaerere >

1.1.2. La graphie <quair- >, reflétant la prononciation ancienne [ai] de la diphtongue [ae], est attestée dans les inscriptions à date ancienne : CIL I, 11: ne qvairatis honore .

1.1.3. On trouve aussi la graphie <quer→, qui réflète la monophtongaison de [ae] en e long ouvert [

ε

:] (lequel a pu donner, éventuellement, en se fermant davantage, un e long fermé [e:]), dès certaines inscriptions pompéiennes, par exemple : CIL IV, 1546ª : qverite.

1.1.4. On trouve aussi une occurrence de la graphie <quiir→ dans une inscription de Pompéi : CIL IV, 1604 : qviiriis.

Cette dernière graphie <quiir→ fait problème.

a) Si elle note un i long [i:], ce dernier résulterait de la fermeture d’un e long fermé [e:], issu lui-même du e long ouvert [

ε

:] résultant de la monophtongaison de la diphtongue [ae] (issue de [ai]). Ce i long [i:] est attesté ici dans le verbe simple, alors qu’il figure habituellement en syllabe intérieure ouverte dans les verbes préverbés ac-quīrere, an-quīrere, con-quīrere, etc.

On pourrait penser, dans cette attestation épigraphique à Pompéi, qu’il s’agit soit d’une influence des préverbés en i long sur le verbe simple (phénomène bien attesté ailleurs en latin et notamment en latin postclassique), soit d’une variation dialectale de prononciation liée à un substrat osque dans cette région.

b) Une autre explication tiendrait à la forme même des signes graphiques de cette inscription et à son interprétation. Si la graphie consiste en deux barres verticales, elles pourraient noter non deux voyelles i successives (selon l’interprétation précédente), mais une seule voyelle de timbre e sans indication de longueur pour cette voyelle. Dans la première syllabe de < qviiriis > , les deux barres verticales correspondraient à un e long (ouvert [

ε

:] ou fermé [e:]). Dans la seconde syllabe (finale du mot), les deux barres verticales correspondraient à un i [i] bref en latin classique (quaerĭs) ou, éventuellement, à une variante ouverte de ce dernier, soit un e bref fermé [e].

(Voir l’inscription + Väänänen sur les insc. De Pompéi, etc.)

1.2. Phonétique et phonologie

La diphtongue [ai] évolua en [ae] (stade atteint dès les premiers textes littéraires à l’époque archaïque), qui se monophtongue en e long ouvert [

ε

:]. Après une période où ont dû coexister des variantes diastratiques et diatopiques [ae] / [

ε

:] à l’époque classique et postclassique, la monophtongue [

ε

:] s’imposa. L’évolution phonétique du terme quaerere à l’infinitif a donc été : [‘kwai.re.re] > [‘kwae.re.re] > [‘kw

ε

:.re.re]

En outre, le e long ouvert [

ε

:], dans les préverbés, se trouvant en syllabe intérieure ouverte, s’est fermé en e long fermé [e:], lequel s’est fermé encore davantage en i long [i:], selon l’évolution suivante : [‘kw

ε

:.re.re] > [‘kwe:.re.re] > [‘kwi:.re.re], qui est régulière pour les préverbés

(et peut-être occasionnellement pour le verbe simple ? Cf. supra).