pŭdīcĭtĭa, -ae, f.

(substantif)



6. Histoire du lexème

6.1. Histoire au cours de la latinité. Évolution des emplois

Pudicitia apparaît en latin préclassique avec ses deux valeurs de « pudeur » et « honorabilité, honneur », dont la conjonction s’explique par l’influence de pudicus. Seul le sens de « pudeur » connaît un développement important. Il a une fréquence particulière chez certains auteurs chrétiens comme Tertullien, auteur d’un De pudicitia. Le principe dont la vie doit être l’illustration est la pudicitia :

  • Tert. Pud. 1, 1 : Pudicitia […] in saeculo morabatur, si natura praestruxerat […]
    « La retenue […] demeurait dans le siècle, si les dispositions naturelles l’avaient établie […] »,

tandis que la même retenue comme facteur orientant ou n’orientant pas la conduite est le pudor :

  • Tert. Pud. 1, 14 :
    […] amputantes […] intimam effigiem pudoris ipsius, cum moechis et fornicatoribus ueniam pollicentur […]
    « […] altérant l’image de la pudeur elle-même, quand ils promettent le pardon aux adultères et aux débauchés […] ».

6.2. Étymologie et origine

Le radical pud-, attesté dans pudor, pudeō, n’a pas d’étymologie claire. De Vaan conclut par un non liquet. Les rapprochements proposés, pauiō « frapper » dans Walde-Hofmann ou la racine *speud- « (se) presser, aiguillonner » (gr. σπεύδω « je me hâte », lit. spaudžiu « je peine ») dans Ernout-Meillet ne sont satisfaisants, ni pour le sens, ni pour la forme. Il serait encore envisageable, comme le suggère De Vaan, de rapprocher paueō « avoir peur », mais, sans même parler du sens, l’analyse formelle serait problématique.


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