potentia, -ae (f.)

(substantif)


3. Distribution dans les textes au cours de la latinité

3.0. Généralités

3.0.1. Première occurrence dans les textes ou inscriptions

Potentia est attesté pour la première fois à l’époque classique dans les discours de Cicéron. Peut-être faut-il considérer la première occurrence d’impotentia chez Térence comme une attestation indirecte de potentia. Mais rien n’est moins sûr, dans la mesure où impotentia a pu être formé par dérivation suffixale à partir de l’adjectif impotens plutôt que par préfixation à partir de potentia.

3.0.2. Répartition et distribution des occurrences dans les textes au cours de la latinité

On dénombre plusieurs centaines d’occurrences de potentia au cours de la latinité, ce qui en fait un terme de grande fréquence.

3.0.3. Fréquence comparée des formes flexionnelles

Comme la plupart des noms dits abstraits, potentia est attesté surtout au singulier. Ses premières occurrences au pluriel n’apparaissent qu’au IIes. de notre ère.

3.1. Distribution diachronique (périodes d’attestation)

Période Nombre d’occurrences
IIIe-IIes. av. J.-C. 0
Iers. av. J.-C. 135
Iers. ap. J.-C. 198
IIes. ap. J.-C. 110
IIIes. ap. J.-C. 34
IVes. ap. J.-C. 994
Ves. ap. J.-C. 1244

3.2. Distribution diastratique (diaphasique)

Relevant en premier lieu du vocabulaire politique et social, potentia a également connu une fortune importante dans des textes techniques (par exemple dans les Astronomica de Manilius) ou philosophiques. Il est ainsi employé par les stoïciens Sénèque et Pline l’Ancien pour dénoter la puissance immanente de la nature ou de la divinité, qui se manifeste à travers les phénomènes naturels. Mais c’est sans doute chez les traducteurs et commentateurs des philosophes grecs Platon et Aristote, et notamment chez Calcidius et Marius Victorinus, que potentia devient véritablement la dénomination d’un concept philosophique, lorsqu’il est employé pour traduire le concept grec de puissance, exprimé par δύναμις.

3.3. Distribution diatopique (dialectale, régionale)

Absence d’informations.

3.4. Distribution par auteur, par œuvre

• Période I. Plaute : des origines à la mort d’Ennius

Plaute
0

• Période II. Térence : de Caton à l’époque de Sulla

Térence Caton
0 0

• Période III. Cicéron : la fin de la République (80-43)

Cicéron César Salluste Varron Lucrèce Catulle
77 9 20 1 0 0

Il est notable que Lucrèce, qui parle pourtant, dans le De rerum natura, de la force et de la puissance de la nature et des éléments qui la constituent, n’emploie pas potentia; il lui préfère en fait potestas et uis, que l’on trouve dans des emplois similaires à ceux de potentia chez Sénèque et Pline l’Ancien au siècle suivant.

• Période IV. Virgile : le siècle d’Auguste (43 av. JC-14 ap. JC)

Virgile Horace Ovide Tite-Live Vitruve
4 0 29 2 1

De même que Lucrèce, Vitruve préfère potestas à potentia pour dénommer la puissance des éléments naturels.

• Période V. Sénèque : la dynastie julio-claudienne

Sénèque Lucain Celse Columelle Pline l’Ancien Pétrone Quinte-Curce Valère Maxime
76 4 3 0 36 1 7 17

Durant cette période, ce sont Sénèque et Pline l’Ancien qui présentent le plus d’occurrences de potentia: sur les 36 occurrences de Pline, 26 sont employées dans un sens non usuel ; quant à Sénèque, 18 de ses occurrences de potentia figurent dans les Questions naturelles et la majorité d’entre elles présentent également un sens technique (cf. § 4.2.).

• Période VI. Tacite : des Flaviens à Trajan (69-117 ap. J.-C)

Quintilien Tacite Pline le Jeune Stace Juvénal Martial
3 85 2 6 2 0

Le nombre important d’occurrences tacitéennes s’explique par l’usage polémique qu’en fait l’auteur pour disqualifier le régime impérial, fondé sur une puissance de fait plutôt que sur un pouvoir de droit (cf. § 4.2.).

• Période VII. Apulée : Hadrien et les Antonins (117-192)

Apulée Suétone Aulu-Gelle
4 12 2

• Période VIII. Tertullien et l’Histoire auguste : des Sévères à Constantin (193-337)

Tertullien Minucius Felix Arnobe Histoire Auguste Cyprien Lactance
10 0 28 6 2 35

• Période IX : du milieu du IVes. au début du Ve, l’Empire après Constantin jusqu’à Honorius (337-423)

Marius Victorinus Augustin Jérôme Calcidius Ammien Marcelin Egérie Macrobe Donat Martianus Capella Ausone
270 567 272 28 9 0 14 5 4 1

• Période X : du milieu du Veà la fin du VIe

Grégoire de Tours Priscien
40 4


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