porcus, -ī (m.) « cochon, porc »

(substantif)



6. Histoire du lexème

6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois

L’importance du porc dans le monde romain transparaît dans la richesse onomasiologique du vocabulaire latin. La création d’une terminologie spécialisée et l’articulation du lexique technique sont subordonnées à la spécialisation des savoirs dans un domaine donné.

La variété des termes relatifs au porc en latin se vérifie aussi bien dans la désignation des conditions et des fonctions de l’animal vivant que dans la nomenclature des parties de son corps destinées à la cuisine. La richesse lexicale du latin s’observe dans le croisement et la stratification de termes attestés dans d’autres langues indo-européennes et également dans les autres langues de l’Italie ancienne.

Au cours de l’histoire de la langue latine, la terminologie du porc ou cochon a subi des renouvellements remarquables. Le mot sus n’a survécu dans aucune langue romane, sinon dans des formations savantes (it. suino, fr. suidé, etc.). La brièveté de sa forme monosyllabique au nominatif sg. ne constitue pas une raison suffisante pour justifier cette disparition. Il y a, en effet, des mots monosyllabiques ou dissyllabiques qui ont été renforcés, moyennant des suffixes, comme le montrent les aboutissements français du nom du soleil et de l’abeille (issus non de sol et apis, mais de soliculus et apicula).

En grec, le mot correspondant ὗς a également disparu au profit de πρόβατον, qui s’est déjà imposé dans la langue du Nouveau Testament en demeurant dans le grec moderne à côté du plus récent γουρουνι. Dans ce cas également, l’existence d’une homophonie entre ὗς et οἰ̃ς (le nom grec de la brebis, qui a également disparu au profit de πρόβατον) n’est pas suffisante pour expliquer la disparition de ces deux termes. En général, en présence d’homophones, c’est l’un de deux termes qui est remplacé et non pas les deux.

6.2. Étymologie et origine

Le terme porcus est hérité et il a nombreux correspondants dans d’autres langues indo-européennes, avec une concentration particulière dans les langues de l’Europe occidentale, notamment : les langues celtiques (v.-irl. orc, avec des occurrences indirectes dans l’onomastique personnelle et dans la toponymie : par exemple le nom des îles Orcades ; les toponymes français Orgueuil < Orcogilum ; Orsay < Orceiacum) ; les langues germaniques (v.-h.-all. farah ) ; les langues baltiques (lit. paŕšas).

En outre, il n’est pas inconnu dans les langues situées plus à l’Est dans le domaine indo-européen, par exemple les langues slaves (russ. Porosja, serbo-croate prâse) et l’avestique (av. parƏsa).


Aller au §5 ou Retour au plan ou Aller au §7