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dictionnaire:negare4 [2016/05/03 19:28]
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     * Hil., //Trin.//, 6, 50, à propos de la nature du Christ comme corps: //… et qua tandem, rogo, tu istud fide denegas, quod ne ipsi quidem **negant** qui nesciunt?// \\ «… et enfin, je te le demande, en fonction de quelle foi nies-tu (//denegas//) ce que ne **nient** (//negant//) même pas ceux qui le méconnaissent?»((De même Hier, //Epist.//, 42, 2.)).     * Hil., //Trin.//, 6, 50, à propos de la nature du Christ comme corps: //… et qua tandem, rogo, tu istud fide denegas, quod ne ipsi quidem **negant** qui nesciunt?// \\ «… et enfin, je te le demande, en fonction de quelle foi nies-tu (//denegas//) ce que ne **nient** (//negant//) même pas ceux qui le méconnaissent?»((De même Hier, //Epist.//, 42, 2.)).
  
-En dehors de tout parallèle avec //negare//, les contextes de //denegare// mettent souvent en évidence le refus comme étant au cœur d’un enjeu, car il est plus ou moins justifiable en fonction des attentes des acteurs((- Varr., //RR.//, 2, 10, 9, mœurs en Illyrie: //Nec non etiam hoc, quas uirgines ibi appellant, non numquam annorum uiginti, quibus mos eorum non **denegauit**, ante nuptias ut succumberent quibus uellent et incomitatis ut uagari liceret et filios habere.// \\ «J’ajoute que celles que là-bas on appelle vierges, parfois âgées de vingt ans, se donnent avant leur mariage à qui leur plaît - la coutume du pays ne le leur //défend// pas – et elles ont le droit d’aller et de venir sans être accompagnées et d’avoir des enfants.» \\ (trad. Ch. Guiraud). \\  - Liv. 44, 22, 13: //Si quis est, qui, quod e re publica sit, suadere se mihi in eo bello, quod gesturus sum, confidat, is ne **deneget** operam rei publicae et in Macedoniam mecum ueniat.// \\  «S’il est quelqu’un qui s’assure d’être en mesure de me donner des conseils utiles à l’État dans la guerre que je vais faire, qu’il ne **refuse** pas ses services à l’État et qu’il vienne avec moi en Macédoine.» \\ (trad. P. Jal). \\ - Tert., //Ad. Marc.//, 4, 28:  //Christus uero postulatus a quodam ut inter et fratrem ipsius de diuidenda hereditate componeret, operam suam, et quidem tam probae causae, **denegauit**. \\ «Le Christ, lui, sollicité par quelqu’un pour régler un différend entre lui et son frère sur le partage d’un héritage, **refusa** son concours quand il s’agissait d’une cause si honnête.»)). Si le verbe //denegare// paraît avoir, par rapport au simple //negare//, une valeur ‘intensive’, elle s’explique à partir de la valeur directive et perfective de //de-// pour un procès mené à son terme((Voir BRACHET, 2000, 82-83.)). +En dehors de tout parallèle avec //negare//, les contextes de //denegare// mettent souvent en évidence le refus comme étant au cœur d’un enjeu, car il est plus ou moins justifiable en fonction des attentes des acteurs((- Varr., //RR.//, 2, 10, 9, mœurs en Illyrie: //Nec non etiam hoc, quas uirgines ibi appellant, non numquam annorum uiginti, quibus mos eorum non **denegauit**, ante nuptias ut succumberent quibus uellent et incomitatis ut uagari liceret et filios habere.// \\ «J’ajoute que celles que là-bas on appelle vierges, parfois âgées de vingt ans, se donnent avant leur mariage à qui leur plaît - la coutume du pays ne le leur //défend// pas – et elles ont le droit d’aller et de venir sans être accompagnées et d’avoir des enfants.» \\ (trad. Ch. Guiraud). \\  - Liv. 44, 22, 13: //Si quis est, qui, quod e re publica sit, suadere se mihi in eo bello, quod gesturus sum, confidat, is ne **deneget** operam rei publicae et in Macedoniam mecum ueniat.// \\  «S’il est quelqu’un qui s’assure d’être en mesure de me donner des conseils utiles à l’État dans la guerre que je vais faire, qu’il ne **refuse** pas ses services à l’État et qu’il vienne avec moi en Macédoine.» \\ (trad. P. Jal). \\ - Tert., //Ad. Marc.//, 4, 28:  //Christus uero postulatus a quodam ut inter et fratrem ipsius de diuidenda hereditate componeret, operam suam, et quidem tam probae causae, **denegauit**.// \\ «Le Christ, lui, sollicité par quelqu’un pour régler un différend entre lui et son frère sur le partage d’un héritage, **refusa** son concours quand il s’agissait d’une cause si honnête.»)). Si le verbe //denegare// paraît avoir, par rapport au simple //negare//, une valeur ‘intensive’, elle s’explique à partir de la valeur directive et perfective de //de-// pour un procès mené à son terme((Voir BRACHET, 2000, 82-83.)). 
  
  
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 où la place d’//abnegat// au dactyle cinquième n’est pas due au hasard. où la place d’//abnegat// au dactyle cinquième n’est pas due au hasard.
  
-L’on ne s’étonnera pas que chez les auteurs chrétiens //abnegare// équivaille à //negare// «renier» avec, comme complément, une proposition ou un substantif désignant Dieu, la foi ou un élément de doctrine pour signifier «renier dieu / la foi((Ambr., //Off.//, 1, 49, à propos de ceux qui estiment que Dieu n’a pas le souci du monde: //Quod si aut Deum creatorem suum **abnegant** aut ferarum et bestiarum se haberi numero censent, quid de illis dicamus qui hac se condemnant iniuria? \\ «S’ils **renient** Dieu leur créateur, ou s’ils estiment qu’ils sont comptés au nombre des bêtes sauvages et des animaux, que dire des gens qui se condamnent par cet outrage?» \\ (trad. M. Testard); \\ de même, - Tert., //Fug.//,12; - Nouat., //Trin.//, 11, 10; - Lact., //Div//, 7, 27, 6; - Arn., //Adu. Nat.//, 2, 51.))». En revanche, il faut souligner une innovation majeure: la construction d’//abnegare// avec un réfléchi afin d’exprimer une idée nouvelle, le renoncement à soi. Deux structures existent, illustrées par deux traductions d’un même passage des Évangiles, qui signifie : «Si quelqu’un veut venir à ma suite, **qu’il se renie lui-même** et prenne sa croix et qu’il me suive»:+L’on ne s’étonnera pas que chez les auteurs chrétiens //abnegare// équivaille à //negare// «renier» avec, comme complément, une proposition ou un substantif désignant Dieu, la foi ou un élément de doctrine pour signifier «renier dieu / la foi((Ambr., //Off.//, 1, 49, à propos de ceux qui estiment que Dieu n’a pas le souci du monde: //Quod si aut Deum creatorem suum **abnegant** aut ferarum et bestiarum se haberi numero censent, quid de illis dicamus qui hac se condemnant iniuria?// \\ «S’ils **renient** Dieu leur créateur, ou s’ils estiment qu’ils sont comptés au nombre des bêtes sauvages et des animaux, que dire des gens qui se condamnent par cet outrage?» \\ (trad. M. Testard); \\ de même, - Tert., //Fug.//,12; - Nouat., //Trin.//, 11, 10; - Lact., //Div//, 7, 27, 6; - Arn., //Adu. Nat.//, 2, 51.))». En revanche, il faut souligner une innovation majeure: la construction d’//abnegare// avec un réfléchi afin d’exprimer une idée nouvelle, le renoncement à soi. Deux structures existent, illustrées par deux traductions d’un même passage des Évangiles, qui signifie : «Si quelqu’un veut venir à ma suite, **qu’il se renie lui-même** et prenne sa croix et qu’il me suive»:
    
     * Vetus Latina, //Matth.//, 16, 24: //si quis uult post me uenire, **abneget** se sibi et tollat crucem suam cotidie  et sequatur me.// \\ et: \\  Vulgate, //Matth.// 16, 24 : //si quis uult uenire post me, **abneget** semet ipsum.//     * Vetus Latina, //Matth.//, 16, 24: //si quis uult post me uenire, **abneget** se sibi et tollat crucem suam cotidie  et sequatur me.// \\ et: \\  Vulgate, //Matth.// 16, 24 : //si quis uult uenire post me, **abneget** semet ipsum.//