mandūcāre

(verbe)



7. Descendance du lexème

7.1. Les descendants du lexème dans les langues romanes par la voie phonétique

7.1.1. Phonétique et phonologie

Plusieurs langues romanes ont conservé lat. mandūcāre par la voie phonétique, comme le français manger, l’italien mangiare, le catalan manjar, le logoudorien mandicare, mannicare, le provençal manjà, le roumain mânca.

Selon Le Robert s.v. fr. manger p. 1269, l’évolution phonétique du latin vers le français se présente ainsi : « duc- donnant dj- puis le son j- » : anc.-fr. mangier > fr.-mod. manger.

La Gaule de la fin du VIème siècle possédait peut-être les deux verbes, comedere et mandūcāre, selon une variation diatopique, avant l’élimination de comedere au cours du Haut Moyen Âge. Seul le descendant de lat. mandūcāre restera donc en ancien-français1).

La péninsule ibérique a gardé le type comedere, à l’infinitif normalisé : l’espagnol et le portugais ont comer.

Le terme hérité de l’indo-européen, correspondant de lat. ēsse, est conservé dans certaines langues germaniques, comme en attestent l’anglais to eat et l’allemand essen.

7.1.2. Sémantique

Les descendants des langues romanes ont conservé le sens générique « manger » du lexème latin.

7.2. Les emprunts faits au latin par les langues anciennes et modernes

Certains termes de la « famille » tournant autour de lat. manducare ont été empruntés (par exemple fr. mandibule est un calque savant de lat. mandibulum dans le vocabulaire scientifique), mais il ne semble pas que manducare lui-même ait servi de point de départ à des emprunts savants.


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1) Le français, à la fin du XIVe s., a créé artificiellement l’adjectif comestible, calque morphologique d’une forme de latin médiéval du IXe siècle faite sur lat. comestus, qui n’existait pas dans l’Antiquité.