mandūcāre

(verbe)



2. Morphologie

2.1. Indications grammaticales

Le verbe appartient à la première conjugaison en a long : mandūcō, -ās, -āre, -āuī, -ātum.

2.2. Variantes morphologiques

Le verbe de la voix active mandūcō, -are a une variante déponente mandūcor, -āris, -ārī  « jouer des mâchoires, mastiquer », attestée à l’époque archaïque chez Lucilius et Afranius (au –IIe s. av. J.-C.), puis à l’époque de Lucrèce chez Pomponius (début du –Ier s. av. J.-C.) (voir § 3.0, etc.). Dans ses premières occurrences, le verbe est donc déponent, alors qu’il est ensuite seulement en emploi actif et passif (voir P. Flobert, Les déponents latins …s.v. manducor p. 204).

2.3. Formation du lexème

Mandūcāre (avec sa variante déponente manducari) est un verbe dénominatif dérivé de mandūcus, -ī M. « goinfre », qui est le nom de l’ogre dans la comédie atellane, dans la pompa circensis. Cet ogre avait d’énormes mâchoires et faisait claquer ses dents (cf. P. Fest. 115 L.).

Sur manducus est aussi bâti le substantif mandūcō, -ōnis M. « le bâfreur » (avec un suffixe -ōn- M.1)).

Mandūcus est fait sur le verbe mandĕre « mâcher, jouer des mâchoires » (en parlant des animaux, des ogres) avec un suffixe agentif -ūcus (*-ūko-)2).

Dans le verbe manducare, par perte de sèmes spécifiques, on est passé du sens de « manger gloutonnement, dévorer » (contenant un sème quantitatif de grande quantité et une connotation dépréciative) au sens de « manger » non marqué, ni sur le plan quantitatif, ni sur le plan connotatif 3).


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1) Pour ce suffixe : F. GAIDE 1988.
2) Cf. M. FRUYT (1986, 184 et 195-196).
3) Cf. EM s.v. mando.