mallĕus, -ī (m.)

(substantif)



6. Histoire du lexème

6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois

La principale évolution du substantif malleus concerne ses emplois métaphoriques et symboliques, notamment dans le latin biblique et, par conséquent, dans les textes des auteurs chrétiens.

6.2. Etymologie et origine

Lat. marculus m. «petit marteau de forgeron» repose sur la syncope d’un *măl(ĭ)culus (< *mălăk-ĕlo-s) selon Schrijver (1991: 456), qui rapproche pour le sens russ. мóлoт «marteau» (v.-sl. mla-tŭ, sl.-com. *mól-tŭ), lequel repose sur i.-e. *mólh2-to- « écrasement ». C’est là un nom du type gr. νόστος (< *nós-to- «retour, intégrité»).

On ne saurait, en revanche, rendre compte de lat. marculus en posant un étymon †molh2-lo- ou †molh2-tlo- admis par de Vaan (2008: 360).

La forme sous-jacente est un animé it.-com. *mălăk-s (< *ml̥h2-k-) «celui qui ramollit» avec le traitement pléophonique sous l’accent. La forme est apparentée à gr. μαλάξαι «ramollir» (le fer), ainsi qu’au théonyme lat. Mulciber (< it.-com. *molki-φor-ó- «qui confère la souplesse au métal»).

Tout le groupe de mulceō, mulcēre «ramollir» (< *molk-éye/o-) de formation causative est ainsi apparenté : le degré *o alternant *mól(h2)-k- passait régulièrement à *molk- en vertu de l’effet-Saussure (Garnier, 2010a: 439).

Par ailleurs, il faut admettre un ancien substantif *mol(h2)-ní- « souplesse » aboutissant à it.-com. *mol-ní-. On en aurait tiré un dérivé d’appartenance *molnéy-o- « objet destiné à ramollir le métal » (> lat. *molleus, croisé avec marculus pour donner malleus).

On remarque qu’un étymon *melh2-ní- f. «écrasement» est postulé par germ.-com. *melnijaz «écrasant» (< *melh2-ni-yó-), lequel est l’étymon de v.-isl. mjǫllnir «nom du marteau de Thórr».



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