mallĕus, -ī (m.)

(substantif)



5. Place dans le lexique latin

5.1. Analyse synchronique du lexème. Formation du mot en latin

Dans lat. mallĕ-us, il est possible d’isoler un radical synchronique mallĕ-, base de dérivation des autres mots de sa famille (cf. § 5.3). Mais ce radical ne peut être analysé, dans la synchronie du latin, en unités plus petites.

5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins

  • Isid. Orig. 19, 7 , 2 : malleus uocatur, quia dum quid calet et molle est, caedit et producit.
    « Le marteau est appelé malleus parce qu’il frappe et forme un objet pendant qu’il est chaud et mou (mollis). »

5.3. « Famille » synchronique du terme

Terme technique dénotant une entité concrète relevant du domaine des outils usuels des artisans, malleus a servi de base de dérivation :

- au nom d’agent mallĕātor, -tōris (m.) « celui qui travaille avec le marteau », soit « qui bat le minerai », soit « qui frappe la monnaie » ; ce substantif semble servir de nom d’agent en -tor à un verbe dénominatif non attesté *mallĕ-ā-re « manipuler un marteau » sur malle-us « marteau »; si tel est le cas, il est analysable en mallĕā-tor ; mais l’analyse synchronique en mallĕ-ātor avec une forme suffixale en -ātor (allomorphe de -tor) est également possible.

- à l’adjectif mallĕātus, -a, -um « battu au marteau », qui semble servir de participe parfait passif à un verbe dénominatif non attesté *mallĕ-ā-re « manipuler un marteau » sur malle-us « marteau » ; si tel est le cas, il est analysable en mallĕā-tus, -a, -um ; mais l’analyse synchronique en mallĕ-ātus, -a, -um avec une forme suffixale en -ātus, -a, -um (allomorphe de -tus, -a, -um) est également possible.

- au diminutif mallĕ-ŏlus, -ī (m.) , formé à l’aide du suffixe diminutif –ŭlus (< *-lo- diminutif), qui dénote non seulement un petit maillet, mais aussi une crossette, c’est-à-dire une nouvelle branche poussant à partir d’un scion de l’année précédente (voir la définition qu’en donne Columelle, § 5.4), et un trait incendiaire qui, allongé comme un sarment, comporte à son extrémité une petite boule contenant une matière inflammable. Du sens de « crossette » est issu le dérivé mallĕ-ŏl-āris, -e (formé avec le suffixe relationnel -ālis dissimilé en -āris parce que la base contient déjà un /l/) « relatif aux boutures », attesté également chez Columelle.

5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes

Le terme le plus proche de malleus est son diminutif malle-olus, -i (m.) qui dénote le petit maillet :

  • Celse 8, 3, 4 : […] scalper malleolo adactus []
    « […] un tranchant enfoncé sur un petit maillet […] »

Mais il s’agit à la fois d’une parasynonymie, en raison de la différence de taille, et d’une synonymie partielle puisque, à la différence de malleus, le dérivé malleolus est polysémique. Il dénote deux objets ayant quelque ressemblance avec un maillet, en l’occurrence une crossette, c’est-à-dire une nouvelle branche :

  • Col. 3, 6, 3 : Malleolus autem nouellus est palmes, innatus prioris anni flagello, cognominatusque ad similitudinem, quod, in ea parte qua deciditur ex uetere sarmento, prominens utrimque mallei speciem praebet.
    « Quant au mailleton, c’est une branche nouvelle, issu d’un scion de l’année précédente, nommé en raison de sa ressemblance, parce que, en saillie des deux côtés à l’endroit où on le détache du vieux sarment, il offre l’apparence d’un maillet. » (traduction J.-C. Dumont, 1993, CUF)

et un trait incendiaire qui, allongé comme un sarment, comporte à son extrémité une petite boule contenant une matière inflammable :

  • Sis. Hist. 83 : [] partim malleolos, partim fasces sarmentorum incensos []
    « […] en partie des traits incendiaires, en partie des faisceaux de sarments enflammés […] » (traduction J.-F. Thomas)



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