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dictionnaire:mactare7 [2015/03/09 09:53]
desiderio [7.1. Les descendants du lexème dans les langues romanes par la voie phonétique]
dictionnaire:mactare7 [2015/03/09 10:05] (Version actuelle)
desiderio [7.2. Les emprunts faits au latin par les langues anciennes et modernes]
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-Les dictionnaires de l’italien donnent comme emprunts au latin les mots suivants+- Le verbe it. //mattare// « immoler, tuer, sacrifier » est traditionnellement considéré par les dictionnaires de l’italien comme un lexème savant emprunté au latin (selon le[[:dictionnaire:langues_romanes|DEI]] //s.u.// et le [[:dictionnaire:langues_romanes|GDLI]] //s.u//.). Mais, comme nous l’avons vu ci-dessus (§ 7.1.), en réalité il peut être issu du latin //mactare// par la voie phonétique avec une assimilation régulière -//ct//- > -//tt//- (voir Rohlfs 1966, § 258).
  
-- le verbe it. //mattare// « immoler, tuer, sacrifier », attesté avant 1292 dans les œuvres de Bono Giamboni. Ce verbe a désormais disparu de l’italien contemporain. Il est traditionnellement considéré comme un lexème savant, emprunté au latin (selon le [[:dictionnaire:langues_romanes|DEI]] //s.u.// et le [[:dictionnaire:langues_romanes|GDLI]] //s.u//.). Cependant, aucune raison phonétique n’empêche de le considérer comme une forme héritée du latin, dans la mesure où il présente l’assimilation régulière du groupe -//ct//- > -//tt//- (voir Rohlfs 1966, § 258). 
  
 +- Le substantif it. //mattatoio// « abattoir » est bâti sur le verbe it. //mattare//. C’est une formation interne à l’italien, datant du XIX<sup>e</sup> siècle. Aujourd’hui, cette forme n’est plus analysable en synchronie, parce que le verbe //mattare// est tombé en désuétude. En revanche, elle était analysable au XIX<sup>e</sup> s., comme le montre le témoignage d’A. Livini dans //Il Borghini//, II, p. 689 (1864), donné comme exemple dans le [[:dictionnaire:langues_romanes|DELI]] //s.u.// : « qui [a Perugia] non usano, come dicono, //mattare// [ammazzare, macellare] le vitelline di latte e di queste al //mattatoio// [ammazzatoio] non ce ne capita nemmeno una » (« à Pérouse, il n’est pas d’usage, à ce que l’on dit, de tuer ou d’abattre (//mattare//) les génisses, et c’est pourquoi l’on n’en trouve pas à l’abattoir (//mattatoio//). »).  It. //mattatoio// « abattoir » est construit sur une base de dérivation issue du verbe //matta//- à l’aide du suffixe -//toio// servant à former des noms d’instruments et de lieux. Quelques années plus tard (1890), le mot //mattatoio// est stigmatisé dans le //Lessico// de P. Fanfani et C. Arlìa : 
  
-- le substantif it. //mattatoio// « abattoir » est une formation interne à l’italien, datant du XIX<sup>e</sup> siècle. Aujourd’hui, cette forme n’est plus analysable en synchronie, parce que le verbe //mattare//, dont le nom est un dérivé, est tombé en désuétude. En revanche, elle était analysable au XIX<sup>e</sup>  s., comme le montre le témoignage d’A. Livini dans //Il Borghini//, II, p. 689 (1864), donné comme exemple dans le [[:dictionnaire:langues_romanes|DELI]] //s.u.// : « qui [a Perugia] non usano, come dicono, //mattare// [ammazzare, macellare] le vitelline di latte e di queste al //mattatoio// [ammazzatoio] non ce ne capita nemmeno una » (« à Pérouse, il n’est pas d’usage, à ce que l’on dit, de tuer ou d’abattre (//mattare//) les génisses, et c’est pourquoi l’on n’en trouve pas à l’abattoir (//mattatoio//). »).  It. //mattatoio// « abattoir » est construit sur une base de dérivation issue du verbe //matta//- à l’aide du suffixe -//toio// servant à former des noms d’instruments et de lieux. Quelques années plus tard (1890), le mot //mattatoio// est stigmatisé dans le //Lessico// de P. Fanfani et C. Arlìa :  
  
     * « quell’edifizio apposito dove si uccidono le bestie, dicesi //Macello//, e non //Mattatojo//; nè [//sic//] vale il dire che viene dal latino, perchè [//sic//] quando si ha la voce propria italiana e comunissima, non occorre un latinismo ».     * « quell’edifizio apposito dove si uccidono le bestie, dicesi //Macello//, e non //Mattatojo//; nè [//sic//] vale il dire che viene dal latino, perchè [//sic//] quando si ha la voce propria italiana e comunissima, non occorre un latinismo ».
  
  
-Ils soulignent l’origine latine du mot et affirment qu’on n’a pas besoin de créer un mot nouveau « latinisant » (//mattatojo//, où la notation <j> du phomène [j] est caractéristique du XIX<sup>e</sup> siècle) quand il existe déjà un mot italien : //macello//. Par extension, it. //mattatoio// dénote tout lieu où l’on commet des meurtres et où l’on fait des exécutions capitales.+Ils soulignent l’origine latine du mot et affirment qu’on n’a pas besoin de créer un mot nouveau « latinisant » (//mattatojo//, où la notation <//j//> du phomène [j] est caractéristique du XIX<sup>e</sup> siècle) quand il existe déjà un mot italien : //macello//. Par extension, it. //mattatoio// dénote tout lieu où l’on commet des meurtres et où l’on fait des exécutions capitales.
  
  
-le substantif it. //mattatore//, qui signifie d’abord « celui qui travaille dans un abattoir », puis « un m’as-tu-vu », est considéré traditionnellement comme un calque d’esp. //matador//, nom d’agent dérivé du verbe //matar// « tuer » dénotant le toréro chargé de tuer le taureau dans la //corrida//. Depuis la deuxième moitié du XIX<sup>e</sup> siècle, it. //mattatore// désigne celui qui travaille dans un abattoir et qui est chargé de tuer les animaux : le rapprochement avec le verbe it. //mattare// et le nom de lieu it. //mattatoio// a vraisemblablement favorisé l’évolution sémantique du nom it. //mattatore// vers la désignation du métier de celui qui travaille dans un abattoir. Comme le souligne le //Dizionario moderno// d’Alfredo Panzini (1905), « nel gergo teatrale è detto l’attore o il cantante che primeggia, che uccide gli altri per il raffronto con il suo valore » (p. 409, //s.u.// %%*%%//matador//, avec renvoi à //mattatore//), c’est-à-dire « dans la langue du théâtre, on appelle //mattatore// le chanteur ou l’acteur qui ‘tue’ les autres par ses capacités ». Le même dictionnaire cite également le passage de //I Promessi Sposi// d’Alessandro Manzoni où le personnage de Don Ferrante appelle Botero et Machiavelli  « que’ due matadori » (« ces deux m’as-tu-vu ») (chap. XXVIII). Cet exemple montre bien que le mot //mattatore//, déjà au XIX<sup>e</sup> siècle, désigne quelqu’un qui réussit à attirer l’attention des autres parce qu’il excelle dans ses activités, en particulier dans le domaine du théâtre, puis du cinéma, de la télévision et du sport. Cette deuxième valeur du mot //mattatore// peut s’expliquer par calque sémantique de l’espagnol : de même que le //matador// est en espagnol le toréro le plus important, de même le //mattatore// est en italien l’acteur ou l’athlète le plus important ou, plus généralement, celui qui joue le rôle le plus important dans une activité donnée (voir Cordié 1962, 59-60).  +Le nom d’agent it. //mattatore//, qui signifie d’abord « celui qui travaille dans un abattoir », puis « un m’as-tu-vu », est considéré traditionnellement comme un calque d’esp. //matador//, nom d’agent dérivé du verbe //matar// « tuer » dénotant le toréro chargé de tuer le taureau dans la //corrida//. Depuis la deuxième moitié du XIX<sup>e</sup> siècle, it. //mattatore// désigne celui qui travaille dans un abattoir et qui est chargé de tuer les animaux : le rapprochement avec le verbe it. //mattare// et le nom de lieu it. //mattatoio// a vraisemblablement favorisé l’évolution sémantique du nom it. //mattatore// vers la désignation du métier de celui qui travaille dans un abattoir.
  
  
-le substantif //mattazione//, qui a pour sens « immolationsacrifice » est un emprunt au latin //mactatio//, à l’accusatif sg. //mactationem//. Il désigne d’abord ce que l’on fait dans un abattoir et, par extension, tout meurtre et toute immolation+Comme le souligne le //Dizionario moderno// d’Alfredo Panzini (1905), « nel gergo teatrale è detto l’attore o il cantante che primeggiache uccide gli altri per il raffronto con il suo valore » (p. 409, //s.u.// %%*%%//matador//, avec renvoi à //mattatore//), c’est-à-dire « dans la langue du théâtreon appelle //mattatore// le chanteur ou l’acteur qui ‘tue’ les autres par ses capacités ». Le même dictionnaire cite également le passage de //I Promessi Sposi// d’Alessandro Manzoni où le personnage de Don Ferrante appelle Botero et Machiavelli  « que’ due matadori » (« ces deux m’as-tu-vu ») (chap. XXVIII)
  
  
-le substantif it. //mattanza// est un nom d’action dénotant la phase finale de la pêche aux thons. Selon Pitré (1928, 56), il s’agit d’un néologisme importé par les Génois en sicilien, pour désigner ce qu’on appelle en sicilien //ocisa// « le meurtre des thons ». Le mot //mattanza// était déjà usuel au début du XX<sup>e</sup> siècle dans les //tonnare// siciliennes. Par extension métaphorique, it. //mattanza// désigne une série de crimes et de meurtres commis par la mafia et les organisations criminelles. Il s’agit, là encore, d’un calque sémantique issu du rapprochement avec esp. //matanza// « meurtre », qui dénote le meurtre des taureaux.+Cet exemple montre bien que le mot //mattatore//, déjà au XIX<sup>e</sup> siècle, désigne quelqu’un qui réussit à attirer l’attention des autres parce qu’il excelle dans ses activités, en particulier dans le domaine du théâtre, puis du cinéma, de la télévision et du sport. Cette deuxième valeur du mot //mattatore// peut s’expliquer par calque sémantique de l’espagnol : de même que le //matador// est en espagnol le toréro le plus important, de même le //mattatore// est en italien l’acteur ou l’athlète le plus important ou, plus généralement, celui qui joue le rôle le plus important dans une activité donnée (voir Cordié 1962, 59-60). 
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 +- Le substantif //mattazione//, qui a pour sens « immolation, sacrifice » est un emprunt au latin //mactatio//, à l’accusatif sg. //mactationem//. Il désigne d’abord ce que l’on fait dans un abattoir et, par extension, tout meurtre et toute immolation. 
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 +- Le substantif it. //mattanza// est un nom d’action dénotant la phase finale de la pêche aux thons. Selon Pitré (1928, 56), il s’agit d’un néologisme importé par les Génois en sicilien, pour désigner ce qu’on appelle en sicilien //ocisa// « le meurtre des thons ». Le mot //mattanza// était déjà usuel au début du XX<sup>e</sup> siècle dans les //tonnare// siciliennes. Par extension métaphorique, it. //mattanza// désigne une série de crimes et de meurtres commis par la mafia et les organisations criminelles. Il s’agit, là encore, d’un calque sémantique issu du rapprochement avec esp. //matanza// « meurtre », qui dénote le meurtre des taureaux.
  
  
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