lībertās, -tātis F.

(substantif)



7. Descendance du lexème

7.1. Descendance du lexème dans les langues romanes par la voie phonétique

M.-L. ne donne aucun descendant de libertas par la voie phonétique dans les langues romanes.

7.2. Les emprunts faits au latin par les langues anciennes et modernes

De nombreuses langues ont emprunté le substantif latin par la voie savante, dans ses différentes acceptions :

Le fr. liberté est attesté au pluriel (libertés) dès 12661) dans le sens de «immunités, franchises accordées à une ville, etc.», et au même siècle, une forme liureteit peut se lire dans un sens philosophique «pouvoir qu’a la volonté de se déterminer sans subir aucune contrainte»2). Les autres acceptions du terme latin, «condition d’homme libre», «statut de souveraineté politique», «indépendance», « opportunité », «possibilité» de faire quelque chose, «liberté de parole», «franchise», se retrouvent aussi dans le substantif français moderne. L’anglais liberty est un emprunt au français.

De même, l’it. libertà est un emprunt savant, attesté au début du XIVe siècle chez Dante, d’abord dans le sens de «fait d’être libre (et non esclave)», puis, au cours des siècles dans des acceptions diverses : «condition d’être libre» en général, «indépendance», et au pluriel, «acte ou comportement trop familier, peu correct» (dans des locutions comme pigliarsi tante libertà, prendersi più libertà)3).

Esp. libertad est attesté depuis 1250 selon le DCELC, et continue aussi la polysémie du substantif latin.

Il convient aussi de noter les emprunts cat. llibertat, port. liberdade, et roum. libertate.


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1) cf. FEW s. v. libertas.
2) in Sapientia ds Dialogue Grégoire, éd. W. Foerster, p. 289, 18 (cf. TLFi s. v. liberté)
3) cf. DELI s. v. libertà