lībertās, -tātis F.

(substantif)



1. Graphie, phonétique, phonologie

1.1. Variantes graphiques

Nous connaissons trois graphies différentes : < libertat- >, < leibertat- > et < loebertat- >. Les deux premières sont attestées directement dans les textes et l’épigraphie, tandis que la troisième est seulement mentionnée par un lemme de Festus.

  • Pl. Pœn., 1218 :
    HA. Gaudio ero uobis…
    AD. At edepol nos uoluptati tibi
    HA. Leibertatique.
    AD. Isto pretio tuas nos facile feceris.

    « Hannon : Je vous donnerai de la joie… Adelphasie : Et nous, par Pollux, du plaisir ! Hannon : … et la liberté ! Adelphasie : A ce prix là, tu nous feras tiennes facilement. »
  • AE 1922.00087 (« fasti antiates maiores », à la date des Ides d’Avril) : E Eidus n(efas) p(iaculum) / Iovi Victor(i) Iov(i) / Leibert(ati)
    « Ides : jour néfaste, sacrifice expiatoire à Jupiter Victor et Jupiter Libertas. »
  • Fest. p.108 L. : Loebesum et loebertatem antiqui dicebant liberum et libertatem. Ita Graeci λοιβήν et λείβειν.
    « Les Anciens disaient loebesum et loebertatem pour liberum (libre) et libertatem (liberté), à l’image du grec λοιβήν (libation) et λείβειν (répandre le vin). »

1.2. Phonétique et phonologie

La graphie <ei> représente une prononciation ei de diphtongue, qui s’est monophtonguée ensuite en i long : ī. La forme correspondante en grec nous oblige à poser anciennement une forme héritée en *eu, qui a subi en latin une dissimilation de labialité portant sur le second élément de la diphtongue : *eu > ei.

A côté de cette évolution a pu se produire une autre évolution. La graphie <oe> attestée par Festus pourrait représenter une variante de prononciation oe, qui pourrait provenir de *ou dissimilé (même dissimilation de labialité) en *oi et donc : *eu > *ou (évolution attendue de la diphtongue *eu à une époque archaïque prélittéraire en latin) > *oi (par dissimilation de labialité) > *oe (par ouverture du second élément, influencé par le premier) (cf. § 6.2.).

Le ī, résultant de la monophtongaison de la diphtongue ei (cf. § 1.1), est long. Le ā du suffixe -tāt- (-tās, -tāt-is F.) est long également.

Le terme devait être prononcé [li:.'bεr.ta:s] et représenter une séquence phonologique /li:.'ber.ta:s/. Le graphème /e/ note pour le latin archaïque et classique une voyelle brève sans qu’existe une opposition phonologique entre un e fermé /e/ et un e ouvert /ε/.


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