lentus, -a, -um

(adjectif)



4.2. Exposé détaillé

L’intérêt d’une étude sémantique de lentus tient à ce que sa signification ne se limite pas à celle du français lent et qu’elle présente une large polysémie. Cette dernière connaît sa plus grande extension à partir des débuts de l’époque impériale, qui correspondent aussi à une fréquence plus grande, en particulier chez les poètes (Virgile, Ovide) et chez Pline l’Ancien.

A. « Flexible, sans rigidité, mou »

Lentus se dit de ce qui n’est pas rigide, mais se laisse fléchir, sans aller à la cassure. Cet emploi est sans doute le plus ancien, car il apparaît dès Plaute :

  • Pl. As. 575 :
    ualidos lictores, ulmeis adfectos lentis uirgis !
    « […] de robustes licteurs, munis de souples verges d’orme ! » (traduction A. Ernout, 1959, CUF).

Il perdure ensuite :

  • Virg. En. 7, 164-165 :
    aut acris tendunt arcus aut lenta lacertis
    spicula contorquent […]

    « […] d’autres tendent les arcs nerveux ou brandissent avec vigueur les dards qui vibrent […] » (traduction J. Perret, 1978, CUF)
  • Tib. 3, 7, 90 :
    […] lento perfregerit obuia pilo.
    « […] il aura traversé le but avec un pilum qui ploie. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Vitr. 2, 5, 2 (à propos de pierres – saxa) :
    […] quae plus habent aquae lenta
    sub umore
    .
    « […] celles qui ont plus d’eau sont rendues malléables par l’humidité […] » (traduction L. Callebat, 1992, CUF)
  • Mel. 3, 103 (à propos des Humantropodes) :
    inflexi lentis cruribus, quos serpere potius quam ingredi referunt.
    « […] ils avancent courbés sur des jambes pas fermes et rampent, dit-on, plus qu’ils ne marchent. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Ps.-Sen. H. O. 301-302 (à propos d’Achéoüs) :
    cum lenta serpens fieret, in taurum trucem
    nunc flecteret serpente deposita […]

    « quand il devenait un serpent flexible, puis, quittant cette peau, se changeait en un taureau farouche et menaçant […] » (traduction F.-R. Chaumartin, 1999, CUF)
  • Hier. Ep. 125, 11 :
    […] uel fiscellam texe iunco, uel canistrum lentis plecte uiminibus, sariatur humus […]
    « […] tisse une corbeille avec du jonc, ou bien tresse un panier avec des viornes flexibles, sarcle la terre […] » (traduction J. Labourt, 1961, CUF)
  • Aus. Mos. 246-247 (à propos du pêcheur) :
    Ille autem scopulis subiectas pronus in undas
    inclinat lentae conexa cacumina uirgae.

    « […] lui, là-bas, penche vers l’eau qui sous les rochers ruisselle, incline le souple scion de sa gaule flexible et lance un hameçon gainé d’une fatale amorce. » (traduction B. Combeaud, 2010, Mollat)

Parfois le contexte souligne que l’objet ne peut se briser :

  • Pline l’Ancien HN 22, 25 (à propos de l’éryngé, confondue avec la réglisse) :
    […] coloris buxei melior quam nigra, quaeque lenta quam quae fragilis […]
    « […] couleur de buis, elle est meilleure que noire et flexible meilleure que cassante […] » (traduction J. André, 1970, CUF)
  • Prop. 4, 3, 39 :
    quae tellus sit lenta gelu, quae putris ab aestu.
    « […] quelle terre est engourdie par le gel, quelle poussière vient de la chaleur. » (traduction S. Viarre, 2005, CUF)

Cette flexibilité modérée a deux orientations, vers une emprise plus grande :

  • Pl. Men. 94 :
    Ita istaec nimis lenta uincla sunt escaria.
    « tant ces liens de bouche sont vraiment élastiques : plus on les tend, plus ils serrent fort. » (traduction P. Grimal, 1991, Gallimard)

ou vers une moindre pression :

  • Pline l’Ancien HN 17, 130 (à propos des chenilles) :
    hoc malum tepore umido et lento. Fit aliud ex eodem, si sol acrior insecutus inussit ipsum uitium ideoque mutauit.
    « Ce fléau est produit par une tiédeur humide et molle, il est remplacé par un autre quand elle est suivie d’un soleil trop ardent qui brûle les chenilles et change la nature du mal. » (traduction J. André 1964, CUF).

De là un sémème (1) « flexible » :
/qui n’a pas de ferme rigidité/ /et se laisse plier / /sans casser/

B. « Visqueux, mou, malléable »

Cette capacité à se laisser fléchir sans casser donne une sorte de souplesse engourdie, qui correspond à la viscosité, en particulier pour les liquides :

  • Cat. Agr. 40, 2 :
    Haec una bene condepsito, quam maxime uti lentum fiat.
    « Pétrissez bien l’ensemble de manière que le mélange soit le plus liant possible. » (traduction R. Goujard, 1975, CUF)
  • Hor. Sat. 2, 2, 75-76 :
    Dulcia se in bilem uertent stomachoque tumultum
    lenta feret pituita […]

    « Les douces saveurs se tourneront en bile et la visqueuse pituite mettra la révolution dans ton estomac. » (traduction F. Villeneuve, 1995, CUF)
  • Stat. Silv. 3, 2, 67-68 :
    Vsque adeone parum lentas transire paludes
    stagnaque et angustos summittere pontibus amnes ?

    « Était-ce donc si peu que de franchir les lacs dormants et les étangs, et d’assujettir à des ponts d’étroites rivières ? » (traduction H.-J. Izaac, 1956, CUF)

ou des matières molles :

  • Pline l’Ancien HN 11, 239 :
    Spuma id est, lacte concretior lentiorque quam quod serum uocatur.
    « Le beurre, plus épais et plus visqueux qu’on nomme sérum est l’écume du lait. » (traduction, A. Ernout, 1947, CUF)
  • Pline l’Ancien HN 25, 116 :
    Acini tantum in usu, gustru acres et lenti.
    « On emploie seulement des baies qui sont d’un goût âcre et visqueuses. » (traduction, J. André, 1974, CUF)

De là un sémème (2) « visqueux » :
/qui n’a pas de ferme rigidité/ /présente une consistance épaisse/ /et s’écoule sans rapidité/
à mettre ne relation avec :
(1) « flexible »: /qui n’a pas de ferme rigidité/ /et se laisse plier t/ /sans casser/.

Le sème générique demeure, mais il s’opère un changement de sèmes spécifique, ce qui est caractéristique d’une polysémie de sens étroite (R. Martin, 1992, 83).

C. « Lent, apathique »

À partir de Cicéron, lentus connaît un enrichissement sémantique important, qu’une traduction automatique par fr. lent ne suffit pas toujours à expliciter. Les emplois sont variés et l’adjectif s’applique à :

la lenteur pour agir, se mouvoir ou se développer, qu’il s’agisse d’une personne ou d’une chose :

  • Cic. Att. 1, 18, 4 (= t. 1 n° 24) :
    Hunc ego accepi in senatu, ut soleo, sed nihil est illo homine lentius.
    « Je l’ai accueilli au sénat comme je sais le faire, mais il n’y a rien de plus apathique que cet homme-là. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Liv. 10, 28, 6 :
    […] lentior uidebatur pedestris pugna, equitatum in pugnam
    concitat.

    « […] le combat d’infanterie lui paraissait trop lent, il poussa à l’attaque sa cavalerie. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Pline l’Ancien HN 17, 95 :
    Ex his lentissma est pirus, ocissima omnium
    cyprirus […]

    « […] de ceux-ci, le plus lent est le poirier, le plus rapide est le souchet […] » (traduction J.-F. Thomas)
  • Tac. An. 15, 63, 3 :
    Seneca, quoniam senile corpus et parco uictu tenuatum lenta effugia sanguini praebebat, […]
    « Sénèque, dont le corps sénile et affaibli par l’abstinence n’offrait au sang qu’un lent écoulement […] » (traduction P. Wuilleumier, 1989, CUF)
  • Amm. 20, 8, 21 :
    […] et, necessitudine omni relicta digressus, uenit ad Constantium itineribus lentis […] »
    « […] il partit, abandonnant toute sa famille, s’en vint rejoindre Constance à petites étapes […] » (traduction J. Fontaine, 1996, CUF)
  • Aus. Epigr. 17, 1-2 :
    Tam segnis scriptor quam lentus, Pergame, cursor,
    fugisti et primo captus est in stadio.

    « Paresseux à écrire, aussi lent à courir, Pergame, tu as fui et tu fus pris au premier kilomètre. » (traduction B. Combeaud, 2010, Mollat)
  • Avien. Arat. 1794-1796 :
    sique sues lentae, si lanae sedula nutrix,
    si capra dumosis errans in saltibus ultro
    in uenerem pergat
    […]
    « […] et si les truies paresseuses, si l’activité productrice de laine, si la chèvre errante des ravins broussailleux persistent à chercher l’amour […] » (traduction J. Soubiran, 1981, CUF)
  • Hier. Ep. 66, 8 : Vbi uideris fumare patinas et Phasides lentis uaporibus decoqui […]
    « Là où on voit fumer les plats et les faisans cuire lentement à l’étouffée […] (traduction J. Labourt, 1953, CUF)
  • Aug. Doct. 4, 2, 10 :
    […] illi animos audientium in errorem mouentes impellentesque dicendo terreant, […], isti pro ueritate lenti frigidique dormitent.
    « […] que ceux-là terrifient par la parole les esprits des auditeurs en les entraînant et en les poussant vers l’erreur […], que ceux-ci dorment, engourdis et froids devant la vérité. » (traduction J.-F. Thomas)

la lenteur pour parler :

  • Cic. Brut. 178 :
    […] nimis ille quidem lentus in dicendo et paene frigidus, sed et callidus et in capiendo aduersario uersutus […]
    « […] un homme lent dans son débit et presque froid, mais retors et habile à prendre l’adversaire au dépourvu […] » (traduction J.-F. Thomas)
  • Quint. 11, 3, 52 :
    Promptum sit os, non praeceps, moderatum, non lentum.
    « Que notre débit soit prompt, non précipité, modéré, non pas lent. » (traduction J. Cousin, 1979, CUF)
  • Tac. Dial. 22, 3 :
    Lentus est in principiis, longus in narrationibus, otiosus
    circa excessus.

    « Il est lent dans l’exorde, long dans la narration, languissant dans les digressions. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Aug. Conf. 8, 5, 42 :
    […] non erat omnino quid responderem ueritate conuictus, nisi tantum uerba lenta et somnolenta […]
    « […] vaincu tout entier par la vérité, je n’avais rien à répondre, rien sinon des paroles nonchalantes et somnolentes […] » (traduction J.-F. Thomas)

l’insensibilité de celui qui se laisse difficilement émouvoir :

  • Ov. Am. 1, 6, 13-14 :
    Te nimium lentum timeo, tibi blandior uni,
    Tu, me quo possis perdere, fulmen habes
    . \\« Ce que je crains, c’est de te trouver trop peu réactif. Tu es le seul que j’essaie d’amadouer ; c’est toi qui as en main la foudre pour me perdre. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Ov. Tr. 2, 513-514 :
    Luminibusque tuis, totus quibus utitur orbis,
    scenica uidisti lentus adulteria
    .
    « De tes yeux qui veillent sur l’univers entier, tu as vu avec indifférence l’adultère sur la scène. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Tib. 2, 3, 45-46 :
    claudit et indomitum moles mare, lentus ut intra
    neglegat hibernas piscis adesse minas
    .
    « une digue enferme la mer indomptable afin que, tranquille, le poisson puisse y mépriser les menaces de la tempête. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Sen. Breu. 9, 3 :
    Quid securus et in tanta temporum fuga lentus menses tibi et annos in longam seriem, utcumque auiditati tuae uisum est, exporrigis ?
    « Pourquoi, insoucieux et nonchalant dans la fuite précipitée du temps, alignes-tu au gré de ton avidité une longue file de mois et d’années ? » (traduction A. Bourgery, 1959, CUF)

la lenteur à se manifester, la capacité à se retenir :

  • Sil. 6, 698-699 (à propos d’Hannibal face à des tableaux représentant des scènes de la guerre punique) :
    Quae postquam infesto percensuit omnia uultu
    arridens Poenus, lenta proclamat ab ira.

    « Ayant parcouru toutes ces peintures d’un air hostile, le Punique, avec un air amer, fit enfin éclater la rage qu’il taisait. » (traduction P. Miniconi et G. Devallet, 1981, CUF)
  • Sen. Ben. 7, 29, 2 :
    Quaedam nomina bona lentus et sapiens creditor fecit, qui sustinuit […]
    « Un créancier patient et sage a rendu bonnes des créances, car il a su attendre […] » (traduction J.-F. Thomas)
  • Tac. An. 3, 70, 2 :
    Sane lentus in suo dolore eset ; rei publicae iniurias ne
    largiretur.

    « Que le prince se montrât nonchalant dans son ressentiment personnel, soit ; mais qu’il ne fît pas remise des offenses envers l’État. » (traduction P. Wuilleumier, 2003, CUF)

la lenteur de ce qui tarde à se réaliser :

  • Liv. 5, 5, 7 :
    Breuis enim profecto res est, si uno tenore peragitur nec ipsi per intermissiones has […] lentiorem spem nostram facimus.
    « Assurément, la tâche est brève, si elle se fait dans un effort continu et si, par nos interruptions […], nous ne rendons pas nous-même notre espoir plus lent à se réaliser. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Sen. Ben. 2, 2, 2 :
    […] gratiamque pretiosi sed lenti et diu cogitati muneris
    uincit
    .
    « […] le cadeau […] dépasse le charme de celui d’un cadeau précieux, mais qui a tardé à arriver et qui a fait l’objet d’une réflexion prolongée. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Juv. 6, 565 :
    Consulit ictericae lento de funere matris
    « Elle le consulte sur la mort trop lente de sa mère, qui a la jaunisse. » (traduction J. Gérard, 1983, CUF)

De là un sémème (3) « lent » :
/ qui met beaucoup de temps/ /dans un mouvement en douceur/ /sans rapidité/,
à mettre en relation avec :
(2) « visqueux »v : /qui n’a pas de ferme rigidité/ /présente une consistance épaisse/ /et s’écoule sans rapidité/.

Un seul sème, spécifique, est commun, celui de /sans rapidité/, ce qui caractérise une polysémie lâche de sens (R. Martin, 1992, 83).

D. « Résistant »

Dans un emploi surtout poétique, le mot s’applique à des personnes ou des choses qui ne se laissent pas changer :

  • Virg. En. 12, 772-773 :
    Hic hasta Aeneae stabat, huc impetus illam
    detulerat fixam et lenta radice tenebat.

    « La pique d’Énée était là, un jet impétueux l’y avait portée, fixée ; elle restait prisonnière d’une racine tenace. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Prop. 4, 4, 9-10 :
    Quid tum Roma fuit, tubicen uicina Curetis
    cum quateret lento murmure saxa Iouis ?

    « Qu’était donc Rome alors que le trompette de Cures secouait les rochers proches de Jupiter d’un grondement persistant ? » (traduction S. Viarre, 2005, CUF)
  • Ov. Am. 3, 1, 15-16 :
    Et prior ‘ecquis erit, dixit, tibi finis amandi,
    o argumenti lente poeta tui ?

    « S’adressant à moi la première : ‘Connaîtras-tu un jour un terme à l’amour, poète attaché à ton sujet ?’ » (traduction J.-F. Thomas)
  • Vitr. 8, 3, 18 :
    Item plumbum, quod est lentissimum et grauissimum, si in uase conlocatum fuerit et in eo acetum suffusum, id autem opertum et oblitum erit, efficietur, uti plumbum dissoluatur et fiat cerussa.
    « Si on met du plomb qui est si tenace et si pesant dans un vase où on a versé du vinaigre et que d’autre part on ferme hermétiquement, il adviendra que le plomb se désagrègera et deviendra de la césure. » (traduction L. Callebat, 1973, CUF)
  • Nemes. Ecl. 4, 50-51 :
    Qui tulerit Meroes fastidia lenta superbae,
    Sithonias feret ille niues […]

    « Qui aura enduré les dedans tenaces de l’altier Méroé, supportera les neiges sithoniennes. » (traduction P. Volpilhac, 1975, CUF)

D’où un sémème (4) « résistant » :
/qui ne casse pas/,
en relation avec :
(1) « flexible »: /qui n’a pas de ferme rigidité/ /et se laisse plier doucement/ /sans casser/.

Il y a un seul sème commun, générique, celui d’absence de cassure, caractéristique d’une polysémie lâche (R. Martin, 1992, 83).

E. Fonctionnement du polysème

Lentus présente une polysémie complexe, que peut synthétiser l’analyse sémique :

Il n’existe, certes, pas de sème commun à l’ensemble des 4 sémèmes, mais chaque sémème se rattache à un autre par au moins un sème, ce qui écarte l’homonymie et caractérise une polysémie lâche.

L’élément sémantique fédérateur est en quelque sorte l’idée de souplesse engourdie, qui est à la base de deux orientations opposées : la lenteur et la résistance. Un bon exemple illustre cela :

  • Pl. Mil. 1201-1205 :
    PA. […] Quidnam tam intus fuisse te dicam diu ?
    PY. Numquam ego me tam sensi amari quam nunc ab illa muliere.
    PA. Quid iam ?
    PY. Vt multa uerba feci, ut lenta materies fuit !
    Verum postremo impetraui ut uolui ; donaui, dedi
    quae uoluit, quae postulauit. Te quoque ei dono dedi.

La longueur des tractations et leur caractère contradictoire (uerum postremo impetraui … dedi quae uoluit) laisse entendre que Philocomasie a fait preuve de suffisamment de résistance pour ne pas céder tout de suite et d’assez de souplesse pour ne pas aller d’emblée à la rupture, d’où la bonne interprétation que donne A. Ernout de ut lenta materies fuit ! : « Quelle résistance souple et tenace elle m’a opposée ! ». La traduction complète du passage donne :

  • « Palestrion. - Pourquoi donc es-tu resté si longtemps ?
    Pyrgopolinice. - Jamais je ne me suis senti aimé par cette femme-là autant qu’aujourd’hui !
    PA. - Comment cela ?
    PY. - Que de paroles il m’a fallu ! Quelle résistance souple et tenace elle m’a opposée ! Mais enfin, j’ai obtenu ce que je voulais ; je lui ai donné tout ce qu’elle a voulu, tout ce qu’elle a demandé. Je lui ai fait cadeau de toi aussi. » (traduction A. Ernout, 1963, CUF)


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