lentus, -a, -um

(adjectif)



3. Distribution dans les textes au cours de la latinité

3.0. Généralités

3.0.1. Première occurrence dans les textes ou inscriptions

  • Pl. Mil. 1203 :
    (…) Vt multa uerba feci, ut lenta materies fuit !
    « Que de paroles il m’a fallu ! Quelle résistance souple et tenace elle m’a opposée ! » (trad. A. Ernout, CUF).

3.0.2. Répartition et distribution des occurrences dans les textes au cours de la latinité

Lentus est attesté durant toute la latinité, avec une haute fréquence jusqu’au +Ier siècle ap. J.-C., une fréquence moyenne par la suite.

3.0.3. Fréquence comparée des formes flexionnelles

3.1. Distribution diachronique (périodes d’attestation)

Bien qu’un peu moins attesté que lui, lentus présente une distribution chronologique analogue à celle de l’adjectif de sens proche tardus (cf. tardus, §3.).

Cela laisse penser que la baisse de fréquence observée au cours de la latinité serait davantage liée aux genres littéraires représentés et aux sujets abordés qu’à une évolution linguistique, la descendance romane des deux termes plaidant en faveur d’un maintien de leur emploi dans la langue parlée usuelle.

Période Nombre d’occurrences Fréquence relative (pour 1 000 000 mots)
IIIe - IIe s. av. J.-C. 11 38
Iers. av. J.-C. 115 63
Iers. ap. J.-C. 287 107
IIes. ap. J.-C. 32 29
IIIes. ap. J.-C. 5 6
IVes. ap. J.-C. 56 9
Ves. ap. J.-C. 59 5
Total 565 23

La fréquence relative la plus élevée est au +1er s. apr. J.-C. La fréquence relative la plus faible se rencontre dans la période la plus tardive de ce tableau au +5e s. ap. J.-C.

3.2. Distribution diastratique (diaphasique)

La polysémie concrète de l’adjectif lentus entraîne une forte représentation chez les poètes et les naturalistes, mais il est peu employé par la prose classique (César, 1 occurrence seulement ; Cicéron, 11 occurrences) : voir le tableau ci-dessous en 3.4.

3.3. Distribution diatopique (dialectale, régionale)

3.4. Distribution par auteur, par œuvre

Le tableau ci-dessous présente les auteurs chez lesquels lentus est le plus fréquent (cf. en comparaison tardus, §3.4.).

Il fait apparaître une sur-représentation de cet adjectif dans la poésie, indépendamment du déterminisme lié aux sujets traités : César, au moins, aurait eu l’occasion d’utiliser lentus, mais il n’en présente qu’une seule occurrence.

Peut-être l’adjectif lentus est-il affecté d’une certaine connotation, d’une nuance pathétique qui le rend contre-indiqué dans la prose traitant des affaires politiques et militaires.

Auteur
(par ordre de fréquence relative croissante)
Nombre d’occurrences Fréquence relative
(pour 1 000 000 mots)
Cicéron 11 10
César 1 13
Sénèque 43 122
Pline l’Ancien 60 149
Columelle 17 156
Ovide 38 167
Lucain 13 243
Virgile 32 366
Silius Italicus 31 392
Tibulle 5 613
Properce 16 620

On observe pour l’adjectif lentus les mêmes regroupements fréquentiels selon les auteurs que pour l’adjectif de sens proche tardus (tardus, §3.4.).

On rencontre par ordre de fréquence relative croissante :
- la prose classique du -1er s. av. J.-C. (Cicéron, César) ;
- la prose technique et scientifique du +1er s. apr. J.-C. (Sénèque, Pline l’Ancien, Columelle) ;
- la poésie du début de l’époque impériale et au-delà (Ovide, Lucain, Virgile, Silius Italicus) ;
- l’élégie de l’époque classique (Tibulle, Properce).

L’auteur offrant la fréquence relative la plus élevée est Properce ; celui qui présente la fréquence relative la plus basse est Cicéron. La distribution semble donc liée au genre littéraire.


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