le supplétisme verbal





Le supplétisme, l’un des processus fondamentaux d’évolution des langues flexionnelles1) , est un phénomène mineur si l’on considère le nombre de lexèmes concernés mais majeur quant au rôle qu’il joue dans le renouvellement lexical. Le terme de supplétisme est lui-même récent puisqu’il n’est apparu dans le domaine linguistique qu’à l’extrême fin du XIXème siècle : c’est au comparatiste allemand H. Osthoff (1899) que l’on doit peut-être ce néologisme. Les grammairiens latins s’étaient déjà penchés sur ce phénomène, non en le décrivant mais en critiquant cette « anomalie » à l’aide de qualificatifs péjoratifs : les verbes supplétifs sont dits tantôt defectiui, tantôt confusi chez Charisius ; ils sont classés, chez Diomède, parmi les uerba temporibus confusa ou corrupta uerba.

1) Cf. W. MAŃCZAK (1966, 82).