laus, laudis f.

(substantif)



1. Graphie, phonétique, phonologie

1.1. Graphie et variantes graphiques

<laus >, <laud- >

Graphie donnée par le TLL: <lauudes >, dans CIL VIII, 10694 :

VDES ° DLCΛ

EOLAV ° SVVM

D

Deo laudes dicamus .

D’après le TLL, on ne trouve pas la graphie <los >, <lod- > avec la voyelle <o > à la place de la diphtongue <au > dans la documentation dont nous disposons. Cette graphie <o> reflèterait une prononciation en o long, ouvert ou fermé, résultat de la monophtongaison de la diphtongue [aw].

Cependant, le flottement entre les graphies <au > et <o >, correspondant respectivement aux prononciations de la diphtongue [aw] et de la voyelle longue de timbre o (ouvert ou fermé) [o:] ou [ɔ:], qui en est issue par monophtongaison, est bien attesté pour d’autres lexèmes contenant cette diphtongue. On trouve par exemple, dès l’époque archaïque, les variantes de graphie et de prononciation <caulis > et <colis > chez Caton (Agr. 33, 4 et 35, 2) pour le nom du chou et celui de la tige des plantes (cf. Niedermann 1997 (rééd.), 65). De nombreuses variations diatopiques ainsi que diastratiques entre <au > et <o > (notant o long, ouvert [ɔ:] ou fermé [o:]) sont attestées à l’époque archaïque et classique (cf. 4èmepartie).

Même si la diphtongue [aw] semble avoir été conservée en latin plus longtemps que les autres diphtongues dans certaines variantes diastratiques (certains idiolectes de haut niveau de langue), il est probable que, dans la langue parlée quotidienne, la diphtongue [aw] n’a pas pu se maintenir telle quelle durant toute la latinité. Même si l’on ne trouve pas de trace graphique d’une prononciation en o long, la diphtongue a dû être monophtonguée dans la langue parlée, comme l’atteste d’ailleurs le descendant du lexème anc.-fr. los (cf. § 7.1.1 ).

Dans cette hypothèse, la graphie <au > est devenue archaïsante en latin à partir d’une certaine époque (pour le traitement phonétique des diphtongues, cf. 4èmepartie).

1.2. Phonétique et phonologie

[‘laws] > [‘lɔ:s] peut-être [‘lo:s] ?

Etant donné que le segment initial de la diphtongue [aw] correspond à une voyelle ouverte de timbre a, il est probable que la monophtongaison a abouti à un o long ouvert [ɔ:] plutôt qu’à un o long fermé [o:]. Parallèlement, en effet, l’ancienne diphtongue notée <ae > et issue de <ai > semble avoir abouti, pour les mêmes raisons, à un e long ouvert [ɛ:] plutôt qu’à un e long fermé [e:] (cf. quaerere § 1 ).

Lorsque la quantité vocalique eut cessé d’être un trait phonologique pertinent et eut été remplacée par une opposition entre timbre ouvert et timbre fermé, l’aboutissement de l’ancienne diphtongue <au > /aw/ semble avoir été un o ouvert [ɔ]. Lat. aurum « or » a abouti à fr. or prononcé [ɔʀ], ce qui laisserait supposer pour lat. aurum à l’époque tardive (ou, du moins, postclassique) une prononciation [‘ɔru].



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