iterum

(adverbe)


5. Place dans le lexique latin

5.1. Analyse synchronique du lexème. Formation du mot en latin

L’adverbeiterum est constitué par l’assemblage de plusieurs éléments morphologiques hérités.

Il est formé sur le thème pronominal i- (*ey- / *i-) de l’endophorique latin productif (anaphorique, cataphorique, corrélatif du relatif en anaphore ou en cataphore) : is (ea, id).

Ce dernier est suivi du suffixe thématique *-tero-, employé comme morphème de comparatif dans certaines langues indo-européennes anciennes (sanskrit, grec, etc.) et comme morphème d’opposition à deux termes en latin.

La forme latine iterum pourrait résulter du figement et de la lexicalisation à l’accusatif neutre sg. de l’adjectif de flexion thématique ainsi créé, même si cet adjectif reconstruit n’est pas attesté.

Le figement en un adverbe d’un adjectif thématique sous une forme homophone de l’accusatif neutre sg. est assez productif en latin dès l’époque pré-littéraire ainsi qu’aux époques archaïque et classique. Il devient très productif à l’époque tardive (cf. § 2.3. et § 6.2. ).

Le suffixe hérité *-tero- pour une opposition à deux termes dans les dimensions spatiale, temporelle et notionnelle (voir DHELL 3ème partie ) était probablement encore un peu analysable en synchronie, puisqu’il était peut-être reconnu dans des lexèmes grammaticaux (pronoms et adjectifs) usuels comme alter « l’autre de deux » ; des couples antonymiques d’adjectifs usuels dénotant des oppositions spatio-temporelles ou notionnelles à deux termes comme dextĕr (dextĕra, dextĕrum) « situé à droite » vs sĭnistĕr « situé à gauche » ; et des couples antonymiques d’adverbes d’opposition spatio-temporelle ou notionnelle comme

dextrā « à droite » vs sinistrā « à gauche », ultrā « au-delà » vs citrā « en-deçà », intrā (adverbe et préposition) « à l’intérieur, dans l’intérieur de » vs extrā (adverbe et préposition) « à l’extérieur, en dehors de ». On trouve aussi des adverbes comportant le morphème directif en o long (ultrō « en allant au-delà, de l’autre côté », intrō « vers l’intérieur, à l’intérieur »).

5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins

  • Cassiod. in psalm. 70, 21, 1. 419A : iterum positum est pro frequenti, eo quod multipliciter aliquid iteretur.

5.3. « Famille » synchronique du terme

Iterum a donné lieu au dérirvé iterō « répéter » (d’où « dire sans cesse, aller répétant »), attesté dès l’époque archaïque, par exemple chez Plaute :

  • Pl. Trin. 832 : infidum esse iterant.

Ce verbe fut renforcé à basse époque par le préfixe re- : reiterō (Donat).

Dans la langue rustique, iterō a pris le sens technique de « labourer une seconde fois » (pour le sens, cf. fr. biner), sens qui est passé dans les langues romanes (cf. § 7 ).

Le verbe iterō lui-même a suscité des dérivés : iterātiō, iterātīuus (terme de grammaire synonyme de frequentātīuus), iterābilis (bas latin), iterāmen, iterātim, iterātō, iteritās (tardif).

5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes

Iterum fait partie d’un ensemble d’adverbes latins exprimant la répétition, auquel appartiennent aussi les adverbes denuo et rursum1). Mais ces trois adverbes présentent des propriétés différentes. Rursus possède à l’origine une valeur spatiale. Cet emploi, qui est surtout métaphorique, peut être consideré comme contre-directionnel. Dans le domaine du contre-directionnel, un ensemble plus restreint, limité aux syntagmes verbaux exprimant l’accomplissement ou l’achèvement, à valeur télique, engendre la lecture restitutive. Cette lecture est la plus caractéristique pour rursus, même si la lecture répétitive est bien représentée aussi, surtout avec des prédicats exprirmant une activité. Denuo est fréquent en latin archaïque, mais rare en latin classique. Son emploi le situe entre rursus et iterum, mais son sens principal est répétitif, comme iterum. Toutefois, il peut aussi présenter parfois une lecture restitutive.

Quant à iterum , il offre seulement la lecture répétitive. Le nombre des répétitions peut augmenter lorsque iterum est employé avec d’autres adverbes de fréquence reliés par une conjonction copulative.


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