inclutus, -a, -um

(adjectif)


1. Graphie, phonétique, phonologie

1.1. Graphie et variantes graphiques

<inclutus > et les variantes <inclytus >, <inclitus >.

La variante <inclytus > montre que l’adjectif a dû être réinterprété comme un emprunt au grec

ἔγκλυτος ou, comme en témoigne Festus, comme une création latine à partir de la base d’un radical grec -κλυτό- au moyen du préverbe in- (cf. § 5.2. ).

En réalité, inclŭtus est une forme héritée, correspondant latin du grec ἔγκλυτος (cf. § 6.2. ).

1.2. Phonétique et phonologie

[‘in.klu.tus] et [‘in.kli.tus]

On peut se demander si les variantes graphiques <inclytus > et <inclitus > correspondaient aussi à des variantes phonétiques dans la prononciation .

Le signe <y > dans la graphie <inclytus > est une manière de rendre (par calque de signifiant) l’upsilon < υ>, notant le phonème /ü/, dans l’adjectif grec ἔγκλυτος. Comme nous l’avons vu supra ( § 1.1. ), en effet, l’adjectif latin fut réinterprété en synchronie, dans le sentiment du sujet parlant, comme un calque grapho-phonématique de cet adjectif grec. Il est alors possible qu’il ait existé – dans certains idiolectes savants au sein de la communauté linguistique du latin et chez certains sujets parlants conscients de cette origine grecque – des prononciations à la grecque avec une voyelle palatale [ü] (et non le /u/ vélaire du latin), ce qui donnerait une prononciation: [‘in.klü.tus].

La graphie <inclitus > pourrait refléter une prononciation en [i] dans le cadre du flottement entre les deux voyelles brèves [i] et [u] lors de la fermeture des voyelles brèves en syllabe intérieure ouverte (apophonie) 1). On attendrait phonétiquement [i] devant une occlusive dentale, mais le vocalisme [u] pourrait être dû à l’influence de –clutus (cf. infra § 6.2. ).

On pourrait songer également à une variante de la prononciation à la grecque en [‘in.klü.tus]. En effet, parce que le son [ü] ne correspondait à aucun phonème latin, il a pu se produire en quelque sorte une « latinisation » de nature phonématique, grâce à un glissement vers la voyelle [i], représentant le phonème latin /i/, avec une prononciation [‘in.kli.tus]. Etant donné sa nature palatale, en effet, le son [ü] était intermédiaire entre les réalisations phonétiques des phonèmes latins /i/ et /u/.

/‘in.klu.tus/ /‘in.kli.tus/



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1) À ce sujet, cf. Quint. 1, 4, 7 : et medius est quidam u et i litterae sonus (non enim sic ‘optumum’ dicimus vel ‘optimum’ ), « et il y a un son médian entre les lettres u et i (en effet, nous neprononçons pas de la même manière ‘ optumus ’ et ‘ optimus ’). »