grossus, -a, -um

(adjectif)



4.1. Résumé

A. « Non mûr, vert »

Grossus se dit d’un fruit encore vert, qui n’a pas atteint sa pleine maturité :

  • Col. 12, 44, 8 (à propos de la façon de conserver des raisins en pot) :
    Tempus autem, quo includi debent, id fere quod adhuc siccitatibus et sereno caelo grossa uariaque sunt acina.
    « Le moment où il faut les enfermer est à peu près celui où les grains, par l’effet d’un temps sec et serein, sont encore verts et en véraison. » (traduction J. André, 1988, CUF)

En relation avec grossus, -i M. employé pour la figue non mûre :

  • Cat. Agr. 94 :
    Fici ut grossos teneant, facito omnia quo modo oleae.
    « Pour que les figuiers conservent les fruits non mûrs, procédez en tout comme pour les oliviers.» (traduction J.-F. Thomas)
  • Macr. Sat. 3, 20, 5:
    Grossi appellantur fici quae non marturescunt. Hos Graeci dicunt ὀλύνθους.
    « On nomme grossi les figues qui ne mûrissent pas, olynthoi chez les Grecs. » (traduction J.-F. Thomas)

B. « Consistant »

B. 1. « Gros, épais »

  • Tert. Anim. 54, 4 (à propos des enfers) :
    Hos Plato uelut gremium terrae describit in Phaedone, quo omnes labes mundialium sordium confluendo et ibi desidendo […] quasi caeno immunditiarum rerum grossiorem […] aerem stipent.
    « Platon les représente comme le centre de la terre où toutes les taches des ordures du monde, en affluant et en s’établissant […] chargent l’air plus épais comme d’un bourbier d’immondices […] » (traduction J.-F. Thomas)

Pour les doigts :

  • Hier. Ep. 82, 3 :
    Qui in scorpionibus caedit et lumbis patris habere se putat digitos grossiores, cito regnum mansueti Dauid dissipat.
    « […] qui frappe avec des scorpions et se flatte que ses doigts sont plus gros que les reins de son père, dissipe sans tarder le royaume de David.» (traduction J. Labourt, 1954, CUF)
  • Aug. Psalm. 113, 1, 4 :
    […] et tamen, dilectissimi, propheta iste quem commemoraui, etiam grossa corda limauit, et ad intelligenda de praeteritis rebus gestis futura incunctanter extendit.
    « […] et cependant, mes très chers, ce prophète dont je viens de parler, a affiné même des esprits épais et les a infailliblement amenés à comprendre le futur à partir du passé. » (traduction J.-F. Thomas)

B. 2. « Large »

  • Aug. Duab. 15, 70, 18 :
    […] sed malui grossius quam scrupulosius definire.
    « […] mais j’ai préféré donner une définition un peu large plutôt que trop étroite. » (traduction J.-F. Thomas)

C. Homonymie ou polysémie ?

Le sens étymologique « gros, grossier » (cf. §6.1) explique l’emploi pour « gros, épais » et pour « non mûr », car une telle figue est charnue et compacte. La perspective diachronique oriente vers une polysémie. En synchronie, il n’est pas sûr du tout que les locuteurs de l’époque de Tertullien voyaient en grossus « gros, épais » le même mot que celui signifiant « non mûr », ce qui oriente vers l’homonymie.


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