grossus, -a, -um

(adjectif)



3. Distribution dans les textes au cours de la latinité

3.0. Généralités

3.0.1. Première occurrence dans les textes ou inscriptions

  • Columelle 12, 44, 8 (à propos de la façon de conserver des raisins en pots) :
    Tempus autem, quo includi debent, id fere est quod adhuc siccitatibus et sereno caelo grossa uariaque sunt acina.
    « Le moment où il faut les enfermer est à peu près celui où les grains, par l’effet d’un temps sec et serein, sont encore verts et en véraison. » (traduction J. André, 1988, CUF)

3.0.2. Répartition et distribution des occurrences dans les textes au cours de la latinité

L’adjectif grossus est un terme technique et prosaïque de très faible fréquence, et qui n’apparaît pas dans les textes avant Columelle dans un contexte concret à propos de la conservation des denrées agricoles.

3.0.3. Fréquence comparée des formes flexionnelles

3.1. Distribution diachronique (périodes d’attestation)

Nous avons porté entre parenthèses les emplois du substantif grossus, -ī (cf. §4.2.A). La plupart de ses occurrences aux +IVe et Ve siècles sont liées au verset 2,13 du Cantique des Cantiques : « ficus protulit grossos suos ». Dans ce passage, le fruit vert est vu comme la promesse du Salut. Pour la relation entre l’adjectif et le substantif, cf. §4.2.C.

Période Nombre d’occurrences Fréquence relative (pour 1 000 000 mots)
IIIe - IIe s. av. J.-C. 0 (2) 0
Iers. av. J.-C. 0 (2) 0
Iers. ap. J.-C. 2 (12) 1
IIes. ap. J.-C. 0 (0) 0
IIIes. ap. J.-C. 1 (2) 1
IVes. ap. J.-C. 7 (20) 1
Ves. ap. J.-C. 12 (9) 1
Total 22 (47) 1

Ce tableau montre clairement que l’adjectif grossus est globalement très peu attesté dans les textes latins. Il devait avoir une meilleure fréquence dans la langue orale puisqu’il a perduré dans certaines langues romanes comme le français et il était peut-être usuel dès le +1er s. ap. J.-Ch. dans certains domaines d’expérience concrets comme l’agriculture ou l’agronomie.

Sur 22 occurrences de l’adjectif grossus, on trouve 11 occurrences au comparatif, ce qui montre que l’adjectif grossus est un quantificateur de la grande taille, facilement intensifié. En outre, il est souvent employé dans une axiologie négative avec une connotation péjorative (cf. §4.2.B.1.), ce qui confirme son appartenance au groupement latin des adjectifs de défaut physique (cf. §5.1 et 5.4.).

3.2. Distribution diastratique (diaphasique)

3.3. Distribution diatopique (dialectale, régionale)

3.4. Distribution par auteur, par œuvre

L’adjectif est très peu attesté au cours de la latinité. Deux occurrences se trouvent chez Columelle, dans le sens « non mûr », cf. §4 ; puis la forme se lit sporadiquement chez les auteurs chrétiens : Tertullien (1 occurrence), Jérôme (3), Augustin (8).


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