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dictionnaire:follis7 [2014/03/12 12:28]
lecaude [7.1.2. Sémantique]
dictionnaire:follis7 [2014/12/17 13:32] (Version actuelle)
desiderio
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-<html><div class="titre">follis, -is (m.)</div></html> \\  <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> +<html><class="lestitres">follis, -is (m.)</p></html> <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> 
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-En italien, l’adjectif //folle// [‘fɔlle] présente une évolution phonétique régulière : la voyelle accentuée brève -//ŏ//- du latin donne en italien [ɔ], la syllabe étant fermée ; la consonne géminée [ll] se maintient, là où, en français, elle subit un processus de vélarisation, qui donne lieu à la forme moderne masculine //fou//. L’ancien-français atteste encore la forme offrant la consonne latérale : dans la //Chanson de Roland// on peut lire :+L’ancien-français atteste encore la forme offrant la consonne latérale : dans la //Chanson de Roland// on peut lire : 
     * //Laissun les fols, as sages nus tenuns! // \\  «laissons les fous, tenons-nous-en aux sages!»     * //Laissun les fols, as sages nus tenuns! // \\  «laissons les fous, tenons-nous-en aux sages!»
 et Rabelais écrit : //Un fol enseigne bien un sage.//  et Rabelais écrit : //Un fol enseigne bien un sage.// 
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-Au XVII<sup>ème</sup>siècle, la forme de masculin //fol//  (encore employée comme archaïsme ou par plaisanterie) est considérée comme vieillie. On la trouve encore aujourd’hui devant une voyelle (//un fol espoir//) ou un [h] aspiré (//par un//  //fol hasard//) ou encore dans des locutions figées ou proverbes comme //bien fol est qui s’y fie//.+Au XVII<sup>ème</sup> siècle, la forme de masculin //fol// (encore employée comme archaïsme ou par plaisanterie) est considérée comme vieillie. On la trouve encore aujourd’hui devant une voyelle (//un fol espoir//) ou un [h] aspiré (//par un//  //fol hasard//) ou encore dans des locutions figées ou proverbes comme //bien fol est qui s’y fie//.
  
 +En italien, l’adjectif //folle// [‘fɔlle] présente une évolution phonétique régulière : la voyelle accentuée brève -//ŏ//- du latin donne en italien [ɔ], la syllabe étant fermée ; la consonne géminée [ll] se maintient, là où, en français, elle subit un processus de vélarisation, qui donne lieu à la forme moderne masculine //fou//. 
  
 +Le passage de lat. //follis// à esp. //fuelle// répond aux règles phonétiques habituelles: chute de la marque casuelle, palatalisation de la géminée, ouverture de la voyelle palatale finale, diphtongaison du /o/ bref initial sous l’accent. C’est un cas de maintien du /f/ initial devant diphtongue.
 ==== 7.1.2. Sémantique ==== ==== 7.1.2. Sémantique ====
  
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-- esp. //follón//, qui comporte le suffixe esp. –//ón, -ona//, qui forme des substantifs et des adjectifs avec une valeur augmentative, intensive. Le //DRAE//  distingue deux entrées et donc deux termes homonymes: +- esp. //follón//, qui comporte le suffixe esp. –//ón, -ona//, qui forme des substantifs et des adjectifs avec une valeur augmentative, intensive. Le //DRAE//  distingue deux entrées et donc deux termes homonymes: 
  
 esp. //follón//-1 ( qu’il fait venir à la fois de lat. //follis//  et du substantif esp. //fuelle//) avec pour sens principaux : comme adjectif : «mou, faible, paresseux et négligent ; vain, arrogant, couard et vil», comme substantif : «pétard qui explose sans bruit, affaire pénible, pet silencieux» ;  esp. //follón//-1 ( qu’il fait venir à la fois de lat. //follis//  et du substantif esp. //fuelle//) avec pour sens principaux : comme adjectif : «mou, faible, paresseux et négligent ; vain, arrogant, couard et vil», comme substantif : «pétard qui explose sans bruit, affaire pénible, pet silencieux» ; 
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 En espagnol médiéval avec la graphie esp. //folgar//, il avait aussi le sens d’«avoir des relations sexuelles» (sens aujourd’hui disparu): En espagnol médiéval avec la graphie esp. //folgar//, il avait aussi le sens d’«avoir des relations sexuelles» (sens aujourd’hui disparu):
  
-    * Sánchez de Vercial, Clemente, Libro de los exemplos por A. B. C., c. 1400: \\ Dizen que un ombre partio de su cassa para yr camino, e comendo su mugier a su suegra; e la mugier amava a otro mas que a su marido. E la madre dixo al amigo commo el marido de su fija era ydo, e un dia convidolo. E ellos estando comiendo, vino el marido e llamo a la puerta. E la mugier llevantosse apriessa e ascondio al amigo e despues fuesse a la puerta abrir al marido. E de que entro mando que le aparejassen el lecho que venia cansado e queria **folgar.**  La mugier non sabia que se fazer. \\ « On dit qu’un homme quitta sa maison et confia sa femme à sa belle-mère ; la femme aimait un autre que son mari. La mère prévint l’ami que son beau-fils était sorti et l’invita. Alors qu’ils mangeaient, le mari revint et frappa à la porte. La femme se leva aussitôt et cacha l’ami, puis elle alla ouvrir la porte à son mari, lequel sitôt entré demanda qu’on prépare le lit, car il était las et voulait **baiser.**  La femme ne savait que faire. »+    * //Sánchez de Vercial, Clemente, Libro de los exemplos por A. B. C., c. 1400: \\ Dizen que un ombre partio de su cassa para yr camino, e comendo su mugier a su suegra; e la mugier amava a otro mas que a su marido. E la madre dixo al amigo commo el marido de su fija era ydo, e un dia convidolo. E ellos estando comiendo, vino el marido e llamo a la puerta. E la mugier llevantosse apriessa e ascondio al amigo e despues fuesse a la puerta abrir al marido. E de que entro mando que le aparejassen el lecho que venia cansado e queria **folgar.**  La mugier non sabia que se fazer//. \\ « On dit qu’un homme quitta sa maison et confia sa femme à sa belle-mère ; la femme aimait un autre que son mari. La mère prévint l’ami que son beau-fils était sorti et l’invita. Alors qu’ils mangeaient, le mari revint et frappa à la porte. La femme se leva aussitôt et cacha l’ami, puis elle alla ouvrir la porte à son mari, lequel sitôt entré demanda qu’on prépare le lit, car il était las et voulait **baiser.**  La femme ne savait que faire. »
  
 De ce verbe sont dérivés les adjectifs esp.// holgazán // «paresseux»,// holgado // «lâche, ample» et le substantif//// esp. //huelga // «grève». De ce verbe sont dérivés les adjectifs esp.// holgazán // «paresseux»,// holgado // «lâche, ample» et le substantif//// esp. //huelga // «grève».
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-Le substantif lat. //follis//  ne semble pas avoir été emprunté par la voie savante dans les langues anciennes et modernes\\  +Le substantif lat. //follis// ne semble pas avoir donné des emprunts savants dans les langues romanes contemporaines
  
 +Mais, selon le dictionnaire étymologique de la langue espagnole de [[Corominas 1954, s.u.]], le terme //fol// serait attesté en vieil-espagnol et serait un emprunt gallo-roman, qui proviendrait peut-être de la langue des troubadours. Le substantif dérivé esp. //folía// «folie, imprudence» serait attesté dans les textes anciens et deviendrait dans des textes du XVI<sup>ème</sup> siècle la désignation de certains types de danses et de chants. 
  
-[[:dictionnaire:follis6|Aller au § 6]] ou [[:dictionnaire:a-f:follis|Retour au plan]] ou [[:dictionnaire:follis8|Aller au § 8]] 
  
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