flōrus, -a, -um

(adjectif)



5. Place dans le lexique latin

5.1. Analyse synchronique du lexème. Formation du mot en latin

Flōrus, -a, -um est un adjectif construit sur la base i.-e.

*bhleh3- (cf. §6.2), comme flōs, flōris (m.), avec lequel il pouvait être rapproché en synchronie par le biais des sens « fleuri, florissant », d’où « éclatant » (comme les fleurs colorées), et « beau, superbe, magnifique ».

5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins

Certains grammairiens latins paraissent avoir rapproché, pour le sens, lat. flōrus de lat. flāuus ; selon Servius et Probus, flōrus serait l’adjectif ancien auquel flauus se serait substitué dans le vers de Virgile :

  • Serv. En. 12, 605 :
    FLAVOS LAVINIA CRINES antiqua lectio ‘floros’ habuit, id est florulentos, pulchros: et est sermo Ennianus.1)

La remarque de Probus, qui semble justifier (nam) la leçon « floros » par le vers qui suit, permet peut-être de penser qu’il établissait un lien entre flōs et flōrus du même type que celui qui existe entre rosa« rose » et roseus « de la couleur d’une rose ».

5.3. « Famille » synchronique du terme

Voir la « famille » synchronique de flōs : flōs §5.3.

5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes

Le terme le plus proche de flōrus est flāuus, mais flōrus s’en distingue sur plusieurs points : florus se dit exclusivement de la chevelure des hommes et de la crinière des chevaux, alors que flauus s’applique à d’autres entités ; flauus est un terme seulement chromatique, alors que florus peut sortir sémantiquement du domaine purement chromatique pour signifier « beau comme les fleurs sont belles », « éclatant » ; florus relève de la langue poétique noble et connaît de ce fait une restriction d’emploi importante, alors que flauus se rencontre dans des textes plus variés.

La para-synonymie des deux adjectifs est attestée par le flottement qui existe dans la transmission d’un vers de Virgile, le vers 605 du chant 12 de l’Enéide :

  • Serv. En. 12, 605 :
    FLAVOS LAVINIA CRINES antiqua lectio ‘floros’ habuit, id est florulentos, pulchros: et est sermo Ennianus.2).


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1) Probus sic adnotauit: neotericum erat ‘flauos’, ergo bene ‘floros’: nam sequitur ‘et roseas laniata genas’.
2) Probus sic adnotauit: neotericum erat ‘flauos’, ergo bene ‘floros’: nam sequitur ‘et roseas laniata genas’: Accius in Bacchis ‘nam flori crines, uideo, ei propessi iacent’, in iisdem ‘et lanugo flora nunc demum inrigat’, Pacuuius Antiopa ‘ceruicum floros dispergite crines’