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dictionnaire:florus4.2 [2015/07/10 15:52] (Version actuelle)
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 +<html><p class="lestitres"> flōrus, -a, -um
 +</p></html> <html><center><big><big>(adjectif)</big></big></center></html>
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 +====== 4.2. Exposé détaillé ======
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 +===== A. Premières occurrences =====
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 +L’adjectif //flōrus, -a, -um// s’applique à la chevelure des hommes comme à la crinière des chevaux. Il signifie « éclatant, brillant, beau, superbe, magnifique » en général et, la blondeur étant considérée pour les cheveux comme un signe de beauté (cf. //flauus// [[:dictionnaire:flauus4|§4]]), parfois il signifie plus particulièrement « blond ». La couleur blonde pour les cheveux étant considérée comme le sommet de la beauté, on comprend qu’un adjectif signifiant « blond » puisse également signifier « beau ». Il est difficile bien souvent de distinguer entre le sens général de « beau, éclatant, brillant » et le sens restreint de « blond », puisque le terme appartient à un registre poétique très littéraire et que la blondeur peut être une notation conventionnelle de la beauté. 
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 +Mais il semble que //florus// en synchronie ait été associé à //flos// « fleur ». Or le trait saillant des fleurs pour les Romains, comme cela est bien visible dans le lexique latin, est le caractère éclatant de la couleur. On est donc face à un adjectif qui dénote à la fois couleur, brillance et beauté. On sait, en effet, que le lexique latin chromatique est en partie fondé sur la lumière et la brillance ainsi que l’opposition entre brillant et beau d’un côté et mat et terne de l’autre.
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 +Le terme //florus, -a, -um// apparaît dans la tragédie à l’époque archaïque : 
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 +    * Pacuv. //Trag.// 16-17 W :  \\ […] //ceruicum /  \\ **floros** dispendite crines.// \\ « Étalez les **éclatantes / blondes** chevelures des cous. » (traduction J.-F. Thomas) \\ « Let loose the **flower-like**((Cette traduction par angl. //flower-like// semble montrer que le traducteur voit dans l’adjectif //flōrus// un terme associé en synchronie au substantif //flōs// « fleur » ; de même dans l’exemple suivant avec la traduction par angl. //blossoming//. Le sens serait donc ici « beau comme les fleurs, éclatant, brillant ».)) tresses of your necks. » (traduction E.H. Warmington, Collection Loeb, 1967, p. 167)
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 +    * Pacuv. //Inc//. Frg. 34 W :  \\ //Nunc primum opacat **flora** lanugo genas//. \\ « Maintenant un **blond** duvet commence à recouvrir les joues. » (traduction J.-F. Thomas) \\ « Now first begins the **blossoming** down / To shade his cheeks. » (traduction E.H. Warmington, Collection Loeb, 1967, p. 317)
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 +La traduction anglaise irait dans le sens d’une traduction française par « un duvet fleuri ».
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 +    * Acc. //Trag.// 423 D :  \\ //nam **flori** crines, uideo, et propexi iacent.// \\ « car, je le vois, ses cheveux sont **blonds** et s’étalent de toute leur longueur. » \\ (traduction J. Dangel, 1995, CUF). 
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 +On pourrait traduire par « ses cheveux sont magnifiques ».
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 +===== B. Emplois ultérieurs =====
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 +Le mot est encore employé par Virgile((Ce vers est commenté par Servius, qui le cite sous la forme […]// flauos Lauinia crines//. Cf. [[:dictionnaire:florus5|§5.2]].)) à propos de Lavinia apprenant que sa mère, la reine des Latins Amata, s’est donné  la mort : 
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 +    * Virg. //En//. 12, 604-606 :  \\ //Quam cladem miserae postquam  accepere Latinae, \\ filia prima manu **floros** Lauinia crinis \\ et roseas laniata genas// […] \\ « Après que les femmes latines, consternées, eurent appris cette catastrophe, sa fille Lavinia, la première, ravage de ses mains sa **blonde** chevelure, ses joues roses […] » (traduction J. Perret, 1987, CUF)
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 +On pourrait peut-être traduire par « ravage de ses mains sa belle chevelure ».
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 +La rareté du terme autant que sa place entre les coupes penthémimère et hephthémimère met en relief la beauté, fondée peut-être entre autres sur la blondeur, et l’intensité dramatique de la douleur qui s’en prend à un tel signe de beauté.
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 +Le terme se lit également chez Aulu-Gelle, mais c’est encore dans un contexte contenant une référence à l’épopée, puisqu’il s’agit d’un cheval d’une beauté exceptionnelle descendant des chevaux d’Hercule : 
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 +    * Gell. 3, 9, 3 : \\ //Eum equum fuisse dicunt magnitudine inusitata, ceruice ardua, colore poeniceo, **flora** et comanti iuba// […] \\ « Ce cheval, disent-ils, avait une taille hors du commun, une haute encolure, une couleur rouge, une crinière **blonde / brillante** et abondante […] » (traduction J.-F. Thomas). 
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