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dictionnaire:femina6 [2013/02/03 11:43]
lestrade
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desiderio
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-<html><div class="titre">fēmĭna, -ae (f.)</div></html> \\  <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> +<html><class="lestitres">fēmĭna, -ae (f.)</p></html> <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> 
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 ====== 6. Histoire du lexème ====== ====== 6. Histoire du lexème ======
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-Dès le début de l’époque impériale, le lexème //fēmina//, déjà usuel en poésie à l’époque classique, devient fréquent également en prose ; il semble perdre le caractère laudatif qu’il avait chez Cicéron. Un autre phénomène témoigne d’une évolution dans l’usage : alors qu’à la fin de la République, on trouvait //mulier // en face de//uir// dans les passages où les auteurs opposent la femme à l’homme, //fēmina// supplante peu à peu //mulier// dans ce type d’opposition ou de coordination. Tite-Live, dans de tels passages, peut utiliser //mulier,// mais utilise de plus en plus systématiquement //fēmina// au fil de l’//Ab Vrbe Condita//((Voir J.N. ADAMS (1972, 242 //sq.//).)); de même, Sénèque, Quintilien et Tacite ont beaucoup plus souvent recours à //fēmina//. Chez des poètes tels que Lucain, Stace ou Valerius Flaccus, //mulier// est absolument absent.+Dès le début de l’époque impériale, le lexème //fēmina//, déjà usuel en poésie à l’époque classique, devient fréquent également en prose ; il semble perdre le caractère laudatif qu’il avait chez Cicéron. Un autre phénomène témoigne d’une évolution dans l’usage : alors qu’à la fin de la République, on trouvait //mulier // en face de//uir// dans les passages où les auteurs opposent la femme à l’homme, //fēmina// supplante peu à peu //mulier// dans ce type d’opposition ou de coordination. Tite-Live, dans de tels passages, peut utiliser //mulier,// mais utilise de plus en plus systématiquement //fēmina// au fil de l’//Ab Vrbe Condita//((Voir <html><a href=":dictionnaire:femina8#J.N. ADAMS (1972, 242 sq.)">J.N. ADAMS (1972, 242 sq.)</a></html>.)); de même, Sénèque, Quintilien et Tacite ont beaucoup plus souvent recours à //fēmina//. Chez des poètes tels que Lucain, Stace ou Valerius Flaccus, //mulier// est absolument absent.
  
  
-Comme le fait remarquer J.N. Adams((J.N. ADAMS (1972, 245).)), il est probable que l’usage de plus en plus fréquent de //fēmina// dans la poésie et la prose de l’époque impériale ne traduise pas une évolution dans le latin parlé de la vie quotidienne. //Fēmina// est très employé à l’écrit, mais les textes où ce lexème apparaît de façon usuelle sont représentatifs d’un niveau de langue plutôt élevé, voire très soutenu. Dans les quelques textes conservés qui font appel à un registre plus courant, //mulier// est le terme le plus fréquemment utilisé : c’est le cas du //Satiricon// de Pétrone.+Comme le fait remarquer J.N. Adams((<html><a href=":dictionnaire:femina8#J.N. ADAMS (1972, 245)">J.N. ADAMS (1972, 245)</a></html>.)), il est probable que l’usage de plus en plus fréquent de //fēmina// dans la poésie et la prose de l’époque impériale ne traduise pas une évolution dans le latin parlé de la vie quotidienne. //Fēmina// est très employé à l’écrit, mais les textes où ce lexème apparaît de façon usuelle sont représentatifs d’un niveau de langue plutôt élevé, voire très soutenu. Dans les quelques textes conservés qui font appel à un registre plus courant, //mulier// est le terme le plus fréquemment utilisé : c’est le cas du //Satiricon// de Pétrone.
  
  
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-À l’époque tardive, cette distinction diastratique entre //fēmina// et //mulier// semble se maintenir. Selon J.N. Adams((J.N. ADAMS (1972, 240 //sq.//).)), les différentes versions de la //Vetus Latina// - rédigées dans un latin de bas niveau de langue (angl. //standard//) avec certains « vulgarismes » - utilisent presque systématiquement //mulier// ; mais Jérôme, lorsqu’il traduit directement l’hébreu, recourt plutôt à //fēmina//, selon l’usage des gens cultivés de cette époque. Il est cependant probable que, malgré son appartenance à un niveau de langue assez élevé, //fēmina// était un lexème fréquent : il s’est maintenu durant toute la latinité tardive, et est passé dans presque toutes les langues romanes.+À l’époque tardive, cette distinction diastratique entre //fēmina// et //mulier// semble se maintenir. Selon J.N. Adams((<html><a href=":dictionnaire:femina8#J.N. ADAMS (1972, 240 sq.)">J.N. ADAMS (1972, 240 sq.)</a></html>.)), les différentes versions de la //Vetus Latina// - rédigées dans un latin de bas niveau de langue (angl. //standard//) avec certains « vulgarismes » - utilisent presque systématiquement //mulier// ; mais Jérôme, lorsqu’il traduit directement l’hébreu, recourt plutôt à //fēmina//, selon l’usage des gens cultivés de cette époque. Il est cependant probable que, malgré son appartenance à un niveau de langue assez élevé, //fēmina// était un lexème fréquent : il s’est maintenu durant toute la latinité tardive, et est passé dans presque toutes les langues romanes.
 ===== 6.2. Etymologie et origine ===== ===== 6.2. Etymologie et origine =====
  
  
-Le lexème semble être une ancienne forme de participe en %%*%%//-meno-//, lexicalisée et substantivée ; elle serait à rapprocher du grec %%*%%θημένη//, // participe moyen non attesté du verbe (rare et archaïque) θάομαι « sucer, traire ». Le sens originel, reconstitué et non attesté, de ce participe serait alors « qui est sucé, qui allaite ». L’élément //fē-// représenterait la continuation d’une racine indo-européenne //%%*%%d<sup>h</sup>ē- < %%*%%d<sup>h</sup>eh<sub>1</sub>-//, associée à l’idée de fécondité, que l’on retrouverait dans lat. //fēcundus// « fécond, qui produit », //fēlīx// « heureux », //fēnum// « foin »(?) (comme production agricole à l’origine) et gr. θηλή.+Le lexème semble être une ancienne forme de participe en %%*%%//-meno-//, lexicalisée et substantivée ; elle serait à rapprocher du grec %%*%%θημένη//, // participe moyen non attesté du verbe (rare et archaïque) θάομαι « sucer, traire ». Le sens originel, reconstitué et non attesté, de ce participe serait alors « qui est sucé, qui allaite ». L’élément //fē-// représenterait la continuation d’une racine indo-européenne //%%*%%d<sup>h</sup>ē- < %%*%%d<sup>h</sup>eh<sub>1</sub>-//, associée à l’idée de fécondité, que l’on retrouverait dans lat. //fēcundus// « fécond, qui produit », //fēlīx// « heureux », //fēnum// « foin »(?) (comme production agricole à l’origine) et gr. θηλή.
  
  
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