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dictionnaire:femina6 [2013/02/02 14:24]
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desiderio
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-<html><div class="titre">fēmĭna, -ae (f.)</div></html> \\  <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html>+<html><class="lestitres">fēmĭna, -ae (f.)</p></html> <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> 
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 +====== 6. Histoire du lexème ====== 
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 +===== 6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois ===== 
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 +==== 6.1.1. Epoque archaïque : fēmina chez Plaute ==== 
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 +Chez Plaute, on trouve //fēmina// à la fois au sens de « femelle » (sens A) et de « femme » (sens B). //Fēmina// « femelle » apparaît à la fois dans son emploi adjectival et dans son emploi substantival. Par ailleurs, //fēmina// « femme » est fortement concurrencé par //mulier//, terme beaucoup plus courant (279 occurrences de //mulier// pour 13 de //fēmina// « femme »). Dans cette signification,  ce lexème a pour particularité d’être souvent qualifié par des adjectifs soit très mélioratifs //optuma// « excellente », //bona// « bonne », //nitida// « resplendissante », //lepida// « charmante »), soit très péjoratifs (//mala// « méchante », //scelesta// « scélérate »). De toute évidence, il est senti comme particulièrement expressif, ce qui explique sans doute sa faible fréquence ; le terme //mulier// est utilisé de préférence quand le locuteur veut signifier, sans connotation particulière, l’appartenance d’un être humain au sexe féminin ; c’est d’ailleurs //mulier// qui est senti comme l’antonyme de //uir//, le syntagme //uir et mulier// apparaissant à plusieurs reprises tandis que //uir et fēmina// est absent. 
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 +==== 6.1.2. Epoque classique : fēmina en prose (Cicéron) et en poésie (Ovide) ==== 
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 +Chez Cicéron, //fēmina// est, comme chez Plaute, un terme rare, et de loin dépassé en fréquence par le terme //mulier// en ce qui concerne la signification « femme ». Toutefois, l’on constate une évolution assez nette : Cicéron restreint son utilisation du lexème à des tournures particulièrement laudatives (les syntagmes au superlatif tel que //optima femina//, //nobilissima femina//, //grauissima femina//, etc. sont très fréquents, et les adjectifs qualifiant //fēmina// sont tous laudatifs, sans exception((Voir <html><a href=":dictionnaire:femina8#F. SANTORO L’HOIR (1992, 38 sq.)">F. SANTORO L’HOIR (1992, 38 sq.)</a></html>, qui fait une liste exhaustive des adjectifs épithètes qualifiant //femina// dans le corpus cicéronien.)) ; et surtout, il ne l’emploie que pour renvoyer à des femmes appartenant à la noblesse ou à des femmes nées libres dont il veut souligner le haut caractère moral : //fēmina// ne renvoie jamais à une esclave ou une affranchie. Le terme semble donc avoir acquis un nouvel emploi, caractérisé par un sème /bien née/. 
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 +Chez Ovide, peut-être en partie pour des raisons métriques (//mŭlĭĕr//, gén. //mŭlĭĕris// ne peut être utilisé qu’au nominatif-vocatif dans l’hexamètre et le pentamètre dactyliques, et à condition d’être placé devant un mot commençant par une consonne), //fēmina// est le terme le plus usuel pour désigner une femme : il semble dépourvu de connotation particulière. Peut-être faut-il également attribuer cette préférence d’Ovide pour //fēmina// à un souci poétique d’éviter les termes usuels en prose ; //mulier// toutefois n’est pas absent du corpus élégiaque. 
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 +==== 6.1.3. Epoque post-classique ==== 
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 +Dès le début de l’époque impériale, le lexème //fēmina//, déjà usuel en poésie à l’époque classique, devient fréquent également en prose ; il semble perdre le caractère laudatif qu’il avait chez Cicéron. Un autre phénomène témoigne d’une évolution dans l’usage : alors qu’à la fin de la République, on trouvait //mulier // en face de//uir// dans les passages où les auteurs opposent la femme à l’homme, //fēmina// supplante peu à peu //mulier// dans ce type d’opposition ou de coordination. Tite-Live, dans de tels passages, peut utiliser //mulier,// mais utilise de plus en plus systématiquement //fēmina// au fil de l’//Ab Vrbe Condita//((Voir <html><a href=":dictionnaire:femina8#J.N. ADAMS (1972, 242 sq.)">J.N. ADAMS (1972, 242 sq.)</a></html>.)); de même, Sénèque, Quintilien et Tacite ont beaucoup plus souvent recours à //fēmina//. Chez des poètes tels que Lucain, Stace ou Valerius Flaccus, //mulier// est absolument absent. 
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 +Comme le fait remarquer J.N. Adams((<html><a href=":dictionnaire:femina8#J.N. ADAMS (1972, 245)">J.N. ADAMS (1972, 245)</a></html>.)), il est probable que l’usage de plus en plus fréquent de //fēmina// dans la poésie et la prose de l’époque impériale ne traduise pas une évolution dans le latin parlé de la vie quotidienne. //Fēmina// est très employé à l’écrit, mais les textes où ce lexème apparaît de façon usuelle sont représentatifs d’un niveau de langue plutôt élevé, voire très soutenu. Dans les quelques textes conservés qui font appel à un registre plus courant, //mulier// est le terme le plus fréquemment utilisé : c’est le cas du //Satiricon// de Pétrone. 
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 +==== 6.1.4. Epoque tardive ==== 
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 +À l’époque tardive, cette distinction diastratique entre //fēmina// et //mulier// semble se maintenir. Selon J.N. Adams((<html><a href=":dictionnaire:femina8#J.N. ADAMS (1972, 240 sq.)">J.N. ADAMS (1972, 240 sq.)</a></html>.)), les différentes versions de la //Vetus Latina// - rédigées dans un latin de bas niveau de langue (angl. //standard//) avec certains « vulgarismes » - utilisent presque systématiquement //mulier// ; mais Jérôme, lorsqu’il traduit directement l’hébreu, recourt plutôt à //fēmina//, selon l’usage des gens cultivés de cette époque. Il est cependant probable que, malgré son appartenance à un niveau de langue assez élevé, //fēmina// était un lexème fréquent : il s’est maintenu durant toute la latinité tardive, et est passé dans presque toutes les langues romanes. 
 +===== 6.2. Etymologie et origine ===== 
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 +Le lexème semble être une ancienne forme de participe en %%*%%//-meno-//, lexicalisée et substantivée ; elle serait à rapprocher du grec %%*%%θημένη//, // participe moyen non attesté du verbe (rare et archaïque) θάομαι « sucer, traire ». Le sens originel, reconstitué et non attesté, de ce participe serait alors « qui est sucé, qui allaite ». L’élément //fē-// représenterait la continuation d’une racine indo-européenne //%%*%%d<sup>h</sup>ē- < %%*%%d<sup>h</sup>eh<sub>1</sub>-//, associée à l’idée de fécondité, que l’on retrouverait dans lat. //fēcundus// « fécond, qui produit », //fēlīx// « heureux », //fēnum// « foin »(?) (comme production agricole à l’origine) et gr. θηλή. 
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-====== 6. Histoire du lexème ======    
  
-===== 6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois =====