farīna, -ae (f.)

(substantif)




6. Histoire du lexème

6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois

Farīna a connu des acceptions secondaires par métonymie essentiellement, le nom d’un l’ingrédient servant à dénoter une préparation dans laquelle il est utilisé. Il a aussi connu des emplois dans des langues techniques, agriculture, religion ou médecine. Mais tout au cours de la latinité, ce terme a bien conservé son sens premier, générique, de « poudre obtenue à partir de grains de céréales écrasés ». C’est avec cette acception qu’il est entré dans le vocabulaire commun et général de toutes les langues romanes.

6.2. Etymologie et origine

Far, farris1) a des correspondants dans les autres langues italiques et dans les langues indo-européennes occidentales, du Nord-Ouest plus précisément, comme la plupart des lexèmes liés à l’agriculture. Il s’agit peut-être, comme pour lat. faba, d’un emprunt ancien à une langue non-européenne étant donné son sémantisme et la présence d’un a.

Dans les langues de l’Italie ancienne2), on peut citer le correspondant de lat. far et plusieurs dérivés qui attestent la forte présence de ce lexème dans ces langues.

  • en osque far
  • en ombrien far (acc.sg), farer (gén. sg) et les dérivé farariur (nom. m. pl.) équivalent à lat. farinarii et farsio autrement noté fasiu ou fasio (acc. nt pl.) équivalent à lat. farrea
  • en falisque far et peut-être le dérivé farme(n)tom que l’on a proposé de restituer.

En celtique, on peut rapprocher de lat. far :

  • v.irl. bairgen « pain, miche »
  • corn. bara « pain ».

En germanique, on trouve :

  • got. barizeins « κρίθινος », « d’orge » qui correspond exactement pour la forme à lat. farīna mais qui fonctionne comme adjectif et qui restreint l’acception de la base à celui d’une céréale particulière.
  • v.isl. barr « céréales » ou « grain »
  • v.angl. bere « orge ».

En balto-slave, un dérivé en *-no-, *bharsinom, est illustré en slave par :

  • v.sl. brašъno « nourriture »
  • v.russ. borošъno « nourriture à base de farine »
  • serbo-croate brašno avec des guillemets sur le a « farine, nourriture ».

En balte, on citera lit. bariba « nourriture » avec un tildé sur le i.

Les langues italiques et slaves permettent de reconstruire une forme *bhars- refaite en proto-germanique en *bar(e/a)z-. Le celtique ne présente pas de « s ».



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1) cf. vaan (De) Michiel, 2008 s.v.
2) cf. UNTERMANN Jürgen, 2000 s.v.