fābula, ae (f.)

(substantif)



5. Place dans le lexique latin

5.1. Analyse synchronique de la formation du lexème en latin

Ce substantif féminin est analysable en fā-bula.

5.1.1. Le radical latin

Fā-bula comporte à l’initiale le radical synchronique latin - « parler » (avec a long), qui apparaît aussi dans le verbe fā-rī « parler », le substantif féminin fā-ma « réputation, opinion publique », etc. (voir fāma). Le radical synchronique latin - représente la continuation de la racine i.-e. *bheh2- « parler ».

5.1.2. Le suffixe

A la finale du terme fā-bula se trouve le suffixe d’instrument (ou « suffixe médiatif » selon la terminologie de G. Serbat) -bula au féminin. Ce suffixe se présente au genre grammatical neutre dans les autres termes latins : -bulum, -ī. Il provient du suffixe d’instrument i.-e. en *-dhlo-1) (cf. § 2.3 et § 6.2).

5.1.3. La longueur de la voyelle du radical latin

Si ce suffixe i.-e. était ici en position de suffixe primaire et si la forme était conforme à ce que nous attendrions pour ce type de formation, le suffixe *-dhlo- s’attacherait plutôt au degré zéro de la racine i.-e. *bheh2-, ce qui donnerait un radical latin synchronique en a bref (*fa-). La présence du a long dans fā-bula fait penser à un vocalisme long de date latine, à un réarrangement de date latine d’une formation primaire i.-e.

La voyelle a allongée par le latin dans fā-bula permet, en effet, d’intégrer le lexème dans le groupement synchronique des termes bâtis sur le radical latin fā- « parler », aux côtés du verbe fā-rī « parler » (où le radical latin fā- fonctionne aussi comme thème verbal) et du substantif fā-ma « réputation, opinion publique » (voir fāma).

Ce radical latinfā- à voyelle longue a un allomorphe à voyelle brève dans le verbe fatērī « avouer » (pour l’origine de ce verbe, voir infra § 6.2).

5.1.4. Les raisons possibles pour l’allongement en latin

Plusieurs raisons pourraient avoir joué en faveur de l’allongement en latin de la voyelle du radical hérité :

a) fā-bula a pu être réinterprété en latin comme un suffixé en -bula, -ae F. sur le thème verbal du verbe fā-rī (le thème verbal, dans ce cas particulier, étant aussi le radical latin). On trouvait, en effet, la même relation entre « un radical latin terminé par une voyelle longue / un substantif en –bulum / un thème verbal » dans :

- « ficher, enfoncer » dans -bula « fibule » et fīgere « ficher, enfoncer » ;

- « se nourrir, nourrir » dans -bulum « pâturage, fourrage », pābul-ā-rī « se nourrir », pābulā-tiō « action de (faire) paître », pāscere « faire paître », pāscī « être mené à la pâture ».

b) on a voulu éviter une homophonie avec un autre radical latin, particulièrement usuel : fa- / fac- « faire, fabriquer, produire ». Si fā-bula avait conservé le a bref hérité (*fa-bula), la séquence fa- aurait pu être rapprochée en synchronie du radical latin fa- signifiant « faire, fabriquer » présent dans les termes fa-ber « ouvrier », fabr-ica « atelier », fabricā-re, fabricā-tor, fabricā-tiō, etc. (allomorphe de fac-, présent dans faciō, etc.).

c) on a voulu éviter une autre homophonie et même une homonymie avec le substantif fab-ula, -ae F. « petite fève » (Pl. St. 690), diminutif de faba, -ae F. « fève », terme usuel de la vie quotidienne.

5.1.5. La position de G. Serbat

Selon G. Serbat (1975 ; 2002, 337-349), la formation en -bulum / -bula, héritée, avait perdu sa productivité dès les premiers textes latins de l’époque archaïque, de sorte que le suffixe apparaissait dans un nombre limité de lexèmes. G. Serbat considère que fābula est un dérivé primaire, au même titre que stăbulum, fībula, trībulum, pābulum, et remarque que, parmi ces termes, seul stă-bulum présente une voyelle brève (a bref) dans le radical latin, ce qui continue le degré zéro attendu de la racine i.-e. *steh2- « se tenir debout », tandis que le même radical latin offre ailleurs un allomorphe à voyelle longue (issue du degré plein de la racine i.-e. dans le verbe stā-re par exemple)2).

5.1.6. Le genre grammatical féminin

Il resterait à expliquer pourquoi fābula relève du genre grammatical féminin, alors que la plupart des substantifs de cette formation sont des neutres dénotant des entités inanimées.

Il est possible que ce féminin résulte de la réinterprétation d’un ancien neutre pluriel, dénotant une pluralité d’entités assemblées dans un tout, qui est ici un énoncé linguistique (cf. le pluriel uerba à côté du sg. uerbum). De même le pluriel litterae (à l’origine : « ensemble de signes graphiques ») dénote-t-il une lettre ou missive, tandis que le verbe legere « lire » signifie probablement à l’origine « recueillir, mettre ensemble ».

D’autre part, il est fréquent en latin que le genre grammatical des substantifs soit déterminé par le genre grammatical d’autres lexèmes dénotant des entités extralinguistiques appartenant à la même classe cognitive quele designatumdu substantif en question. Or, plusieurs substantifs féminins dénotent divers énoncés linguistiques : oratio, plus tard parabola,etc.

5.1.7. Sémantique

Le suffixe -bulum étant un suffixe d’instrument, on a l’habitude de caractériser le signifié du dérivé comme « l’instrument ou le moyen par lequel on réalise une action » (par exemple : pābulum « fourrage », comme « ce par quoi on nourrit (les animaux) » à côté de pāscere « mener à la pâture » et pāscī « être mené à la pâture »).

A l’expression « suffixe d’instrument », G. Serbat (1975) préfère le terme plus général de « suffixe médiatif » parce qu’il fait remarquer que certains lexèmes (très peu nombreux) correspondent au sens de « lieu où se déroule une action », dans la mesure où cet espace est, lui aussi, un moyen permettant la réalisation du procès : c’est le cas, par exemple, de stăbulum « lieu où séjournent une ou plusieurs entités, lieu où l’on garde (quelque chose), lieu de stockage, etc. » à côté de stāre « se tenir debout et immobile ».

Fābula aurait alors pour sens ancien et « étymologique » : « ce par quoi s’accomplit l’acte de parler ». Mais, en réalité, dès ses premières occurrences, il dénote plutôt l’acte de parler lui-même, à savoir le « propos », la « parole » ou le « récit ».

Selon G. Serbat (1975; 2002), fābula présente donc une double particularité : une particularité morphologique, dans la mesure où il est construit sur un radical latin à voyelle longue alors qu’on attend une voyelle brève qui est attendue,et une particularité sémantique, puisque le sens « instrumental » n’est pas prédominant3).

5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins

Les auteurs latins mettent en rapport fābula avec fāri « parler » :

  • Varr. L. 6, 55 :
    Ab eodem uerbo fari fabulae, ut tragoediae et comoediae, dictae .
  • Isid. Or. I, 40, 1 : fabulas poetae a fando nominauerunt, quia non sunt res factae, sed tantum loquendo fictae.

Pour Diomède, dans les pièces latines, les parties parlées (diuerbia) sont plus importantes que les parties chantées (cantica), ce qui expliquerait qu’on les appelle fabulae:

  • Diom. GLK I, 490, 22 (= Suét. frg. p ; 10, 4) : Latine fabulae appellantur siue fatibulae ; in Latinis enim fabulis plura sunt fantium diuerbia quam (suppl. Leo) cantica quae canuntur : uel a faciendo ; nam et agi fabula, non referri ab actoribus dicitur.

Mais Macrobe signale une autre étymologie synchronique possible en établissant un lien entre fabula et falsi professio « le fait de dire ce qui est faux » :

  • Macr. Somn. I, 2, 7 : fabulae, quarum nomen indicat falsi professionem.

(source de ces quatre citations : Maltby)

5.3. « Famille » synchronique

Les dérivés de fabula sont nombreux et souvent anciens.

5.3.1. Les verbes

Parmi eux il faut souligner l’importance, en nombre d’occurrences, du verbe dénominatif fabulari (contrairement au préverbé confabulari « converser, s’entretenir », qui est rare et tardif). Plaute en présente plus de 50 occurrences, dont l’infinitif archaïque fabularier. Ce verbe signifie « parler » (sans complément) ou « dire » (avec complément), mais ne renvoie jamais à la valeur technique de « pièce de théâtre». Ainsi, il lui arrive de fonctionner de la même manière que loqui dans le syntagme latine loqui, comme dans ce vers d’une togata de Titinius, contemporain de Térence :

  • Titin. Com.104 (éd. Ribbeck) : Qui obsce et uolsce fabulantur.
    « Ceux qui parlent osque et volsque. »

Ce rapport étroit de la famille de fabula à ce que nous appelons la langue ou le langage pour les êtres humains, se manifeste encore dans le nom de la divinité Fabulinus, cité seulement par Varron:

  • Varr. ap. Non. 532,20: Cum primo fari […] incipiebant, sacrificabant diuo Fabulino.
    « Dès qu’ils se mettaient à parler, ils offraient un sacrifice au divin Fabulinus. »

Le verbe fabulari présente quelques formes actives, chez Plaute notamment4). Il faut donc admettre que les deux voix, active et déponente, coexistaient à date ancienne et que la forme déponente s’est imposée par la suite.

Mais les formes hispaniques, l’espagnol hablar et le portugais falar, remontent à fabulare et non à fabulari (cf. § 7.1).

Il n’est pas impossible que la valeur d’« histoire racontée » soit le sens premier de fabula si l’on se fonde sur la signification de son dérivé, le verbe dénominatif fabulari , qui désigne cette succession de propos pouvant se prolonger, où la parole se laisse prendre jusqu’à perdre contact avec le vraisemblable, ainsi que l’illustre l’embarras de Sosie, devant raconter une bataille à laquelle il n’a pas participé :

  • Pl. Amph. 200-201 :
    Verum quasi adfuerim tamen simulabo atque audita eloquar.
    Sed quo modo et uerbis quibus me deceat fabularier.
    « Mais je ferai comme si j’y avais été et j’en parlerai par ouï-dire. Mais comment et en quels termes faire ce récit ? »

Cette dynamique de la parole construisant progressivement un univers de mots n’est pas sans rapport avec les significations de certains termes comportant le radical fā-. Si fā-bula présente le suffixe médiatif (cf. § 5.1.), fā-ma est construit avec le suffixe –ma de nom d’action et désigne d’abord la rumeur qui se propage avec le risque de déformer l’image qu’elle donne de la réalité. Est -cundus celui qui a le talent de s’exprimer avec abondance, ce qui, note avec justesse E. Benveniste (1969, 137), ne se confond pas avec les qualités d’éloquence. L’ īn-fā-ns, explique E. Benveniste (1969, 137), est celui qui n’a pas la capacité de maîtriser la chaîne des mots. Le fā-s, en synchronie, est la manifestation de la parole divine en tant que prescription positive où la puissance du mot s’impose à la réalité pour dire ce qu’elle doit être. Parmi ses emplois anciens, fā-rī signifie « prophétiser », par exemple chez Ennius, à propos de Cassandre :

  • Enn. (Sc. 58 éd. Vahlen) : Namque Apollo Fatis fandis dementem inuitam ciet
    « Car Apollon m’invite à annoncer le destin, démente, malgré-moi. »

Fari signifie aussi « dire avec solennité », par exemple à propos du préteur :

  • Varr. L. 6, 29 : Dies fasti, per quos praetoribus omnia uerba sine piaculo licet fari .
    « Les jours fastes sont ceux pendant lesquels les préteurs ont le droit de prononcer toutes les formules sans encourir d’expiation. »

Dans les deux cas, il s’agit d’une parole bien différente du simple échange car c’est une énonciation qui, par son mouvement propre, dépasse ce qu’elle dit dans l’instant.

5.3.2. Les noms d’action

Le substantif fabulatio a le sens de « récits vains » chez Augustin (In psalm.118). Le composé préfixé confabulatio « colloque » est rare et tardif.

Le diminutif fabella est attesté avec la valeur de « court récit ». Cependant, chez Cicéron, fabella peut signifier « pièce de théâtre minable », avec une nette visée dépréciative, et cela au moins dans deux cas, Lettre à Quintus 2, 16, 3 et Pro Caelio 64, où Cicéron évoque l’« intrigue » ourdie par Clodia :

  • Cic. Cael. 64 : […] uelut haec tota fabella ueteris et plurimarum fabularum poetriae poetria .
    « […] comme cette méchante pièce composée par une vieille théâtreuse qui en a fait bien d’autres. »

Sur fabella a été créé fabellatio.

5.3.3. Les noms d’agent

Le nom d’agent fabulator signifie, chez Sénèque (Ep. 122), fabularum narrator « raconteur d’histoires » et, chez Aulu-Gelle (Gell. 2, 29, 1), « auteur de fables ». Il n’a alors aucune connotation péjorative.

En revanche, Augustin emploie (et crée peut-être) le nom fabulo, -onis avec le sens de « fabricant de mensonges » :

  • Aug. Haer. 88 : Fabulones qui fabulas uanas easdemque longas perplexasque contexunt.

5.3.4. Les adjectifs

L’adjectif fabulosus peut présenter les valeurs suivantes :
1) « se référant à la mythologie »
2) « semblable aux fables mensongères »
3) « se rapportant à d’autres récits que les mythologiques »

Quant à l’adjectif fabularis, attesté à partir de Suétone, il a le sens de « légendaire ».

5.4. Associations synchroniques dans le lexique latin

La polysémie de fabula le fait entrer dans une riche synonymie partielle5). S’il est le seul terme pour désigner la pièce de théâtre et fonctionne à ce titre comme hypéronyme de tragoedia et comoedia, aux sens de « récit inventé », « fiction mythologique », il entre en relation avec différents termes ou syntagmes comme res ficta et error :

  • Liv. 34, 2, 3 : Equidem fabulam et fictam rem ducebam esse, uirorum omne genus in aliqua insula coniuratione muliebri a stirpe sublatum esse.
    « Je considérais vraiment comme une fable, une fiction cette suppression de l’espèce des hommes par une conjuration de femmes, dans une île. » (traduction J.-F. Thomas)
  • Tac. D. 29, 1 : Horum fabulis et erroribus uirides statim et rudes animi imbuuntur
    « Ce sont leurs contes et leurs superstitions qui imprègnent ces âmes toutes fraîches et neuves … » (traduction J.-F. Thomas)
  • Minuc. 23, 1 : Has fabulas et errores et ab inperitis parentibus discimus et, quod est grauius, ipsis studiis et disciplinis elaboramus, carminibus praecipue poetarum, qui plurimum quantum ueritati ipsi sua auctoritate nocuerunt.
    « Ces légendes et ces erreurs, non seulement nous les apprenons de parents peu avertis, mais, ce qui est plus grave, l’étude et l’enseignement eux-mêmes nous en donnent une connaissance plus poussée, surtout les chants de poètes, qui par leur autorité ont fait le plus grand tort possible à la vérité. » (traduction J. Beaujeu, 1964 CUF).

Dans la désignation du récit légendaire, fabula est proche de fama, mais en général une différence existe. Si la fabula est comprise comme “a-réelle” et peut être critiquée à ce titre, la fama ne fait pas question, elle est admise globalement dans un patrimoine culturel :

  • Cic. Tusc. 1, 28 : Ex hoc et nostrorum opinione ‘Romulus in caelo cum diis agit aeuum’, ut famae adsentiens dixit Ennius …
    « De là vient que, dans l’opinion romaine, ‘Romulus est au ciel, il passe sa vie avec les dieux’ ; ainsi s’exprime Ennius, d’accord avec la tradition populaire … » (traduction J. Humbert, 1970, CUF)

Au sens de « conversation », il entre en relation avec disputatio et sermo :

  • Petr. 39, 1 : Interpellauit tam dulces fabulas Trimalchio ; nam iam sublatum erat ferculum, hilaresque conuiuae uino sermonibusque publicatis operam coeperant dare.
    « Trimalcion coupa court à ces aimables entretiens. On venait en effet de desservir le plat et les convives, sous l’effet du vin et du brouhaha des conversations, tendaient l’oreille … » (traduction J.-F. Thomas)

Une différence s’observe entre la disputatio comme confrontation d’idées et la fabula qui peut être plus souple, plus légère :

  • Tac. D. 2, 1 : … ut fabulas quoque eorum et disputationes et arcana semotae dictionis penitus exciperem …
    « […] c’est au point que je recueillais pieusement même leurs conversations familières, leurs entretiens sérieux et leurs plus secrets exercices de parole […] » (traduction H. Bornecque, 1947, CUF).

Quand il s’applique au récit, fabula rencontre narratio, historia etargumentum, mais leurs relations dépendent de la polysémie des uns et des autres. Narratio est le terme générique fédérant fabula ainsi qu’historia et argumentum :

  • Cic. Inv. 1, 27 : Narratio est rerum gestarum aut ut gestarum expositio. Narrationum genera tria sunt …Fabula est in qua nec uerae nec ueri similes res continentur … Historia est gesta res, ab aetatis nostrae memoria remota … Argumentum est ficta res quae tamen fiei, potuit.
    « La narration (narratio) consiste à raconter les faits comme ils se sont passés ou comme ils ont pu se passer. Il y a trois genres de narration … Le récit légendaire (fabula) est une narration qui contient des éléments qui ne sont ni vrais, ni vraisemblables … L’histoire (historia) raconte un événement qui a eu lieu à une époque éloignée de la nôtre. La fiction (argumentum) est une histoire inventée, mais qui aurait pu arriver. » (traduction G. Achard, 2002, CUF).

Mais fabula peut avoir comme synonyme narratio au sens de « récit mensonger, inventé » :

  • Apul. M. 4, 27, 8 : Sed ego te narrationibus lepidis anilibusque fabulis protinus auocabo.
    « Du reste, je saurai bien te distraire par de jolies histoires et des contes de bonne femme. » (traduction P. Vallette, 1969, CUF)

De même, fabula se différencie d’historia car ce dernier désigne ce qui a une base réelle ainsi que l’illustrent les textes de Cicéron, Inv. 1, 27 cité précédemment et :

  • Aug. Civ. 18, 8 (à propos de Minerve) : Quod enim de capite Iouis nata canitur, poetis et fabulis, non historiae rebusque gestis est applicandum.
    « Quant à sa prétendue sortie de la tête de Jupiter, comme on le chante, il faut l’attribuer aux fables des poètes, non à la vérité historique. » (traduction G. Combès, D. de Brouwer, 1960, CUF),

mais fabula est rejoint par historia dans la désignation du récit inventé :

  • Apul. M. 2, 12, 5 : Nunc enim gloriam satis floridam, nunc historiam magnam et incredundam fabulam et libros me futurum.
    « J’aurais alors une brillante gloire ; je serais, d’autre part, le héros d’une longue histoire, d’une fable incroyable, et l’on en ferait un ouvrage en plusieurs livres. » (traduction P. Vallette, 1962, CUF)

Il n’est pas indifférent que l’influence synonymique de fabula sur narratio et historia au sens de « récit inventé » s’observe en particulier chez Apulée, dont Les Métamorphoses sont constituées par une dynamique de récits imbriqués et reposant sur la fiction.

La relation entre fabula et certains lexèmes dépend étroitement du sens, si bien qu’elle est soit hiérarchique (hyponyme, hypéronyme) soit horizontale et synonymique. La synonymie, dans son existence même, interfère avec la polysémie : c’est une propriété de la synonymie partielle.



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1) Sur ce type de formation, voir G. SERBAT (1975 ; 2002, 337-349).
2) Les dérivés secondaires, dont la voyelle présuffixale est majoritairement -ā-, sont attestés à toutes les périodes : incūnābulum chez Plaute, uēnābulum chez Cicéron, mandibula chez Tertullien (G. Serbat 1975 ; 2002) ; ce type ayant perdu sa productivité, sa reprise chez Apulée,notamment, est artificielle.
3) Sur la morphologie du mot, voir aussi G. HAVERLING (2011, 225-257).
4) L’étude des manuscrits ne permet pas de les éliminer ; en effet, dans le vers 237 de l’Epidicus, le manuscrit le plus fiable, le manuscrit A, donne l’actif fabulem, alors que les palatins portent fabuler.
5) Voir Cl. MOUSSY (2011, 48-49).