exĭgĕre

(verbe)




2. Morphologie

2.1. Indications grammaticales

exĭgō : 1ère pers. sg. indicatif présent ; 2e pers. sg. : exĭgĭs ; 3e pers. sg. : exĭgĭt ; 1ère pers. pl. : exĭgĭmus ; 2e pers. pl. : exĭgĭtis ; 3e pers. pl. : exĭgunt.

exĭgĕrĕ : infinitif présent actif ;

exēgī : 1ère pers. sg. parfait indicatif ;

exāctŭm : supin.

Le verbe exĭgō est un préverbé en ex- du verbe simple ăgĕre, verbe thématique de la troisième conjugaison (analysable en ăg-ĕ-re), qui appartient au vocabulaire fondamental du latin. En effet, il a une très haute fréquence, a des emplois comme verbe-support, et peut servir comme hyperonyme des verbes d’action.

Le verbe simple ăgĕre offre un radical latin ăg- au thème d’infectum et ēg- au thème de perfectum avec une opposition ă vs ē qui porte à la fois sur la qualité et la quantité de la voyelle. Le préverbé exĭgere a donc, de manière attendue, au thème d’infectum un ĭ, qui représente la fermeture de la voyelle ă en syllabe intérieure ouverte (M. Niedermann 1953, p. 18), et au thème de perfectum un ē avec un parfait exēgī.

Le supin āctum et le participe parfait passif āctus, -a, -um du verbe simple ăgere ont probablement un a long (selon la « loi de Lachmann » : *ăgt…> *āct… avec assourdissement de [g] en [k] et allongement compensatoire de la voyelle a). De manière attendue, le préverbé exigere a connu le même processus phonétique : supin exāctum, participe parfait passif exāctus, -a, -um.

2.2. Variantes morphologiques

En latin tardif, on relève diverses formations de parfait à voyelle brève (Fulg. Aet. Mund. p. 149, 22 : exigerat ; Avell. p. 1452, 83 : exiguit). Certaines formes supposeraient un verbe en i long *exĭgīre relevant de la quatrième conjugaison (cf. TLL).

2.3. Formation du lexème

Le verbe ex-ĭgere est un préverbé en ex- du verbe ăgĕre. Le ă du verbe simple, devenu en syllabe intérieure ouverte après l’addition du préverbe ex-, fut soumis au phénomène de fermeture (apophonie) des voyelles brèves en syllabe intérieure ouverte. Il s’est fermé en ĭ, phénomène usuel montrant que la formation du verbe exĭgĕre est ancienne en latin et qu’elle eut lieu avant l’époque littéraire (fin du -IIIe siècle av. J.-Ch.).

L’occlusive sonore [g] qui termine le radical latin s’assourdit au supin au contact de l’occlusive dentale sourde initiale du suffixe -tu- ainsi qu’au participe parfait passif devant l’initiale consonantique en dentale sourde du suffixe *-to-, pour passer à [k]. Cela entraîne un allongement compensatoire de la voyelle qui précède (selon la « loi de Lachmann »).


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