exāmĕn, -ĭnis (n .)

(substantif)



3. Distribution dans les textes au cours de la latinité

3.0. Généralités

3.0.1. Premières occurrences dans les textes ou inscriptions

Hormis un fragment d’Ennius transmis par Cicéron,

  • Enn. Trag . Frg. 69-72 :
    Iamque mari magno classis cita
    Texitur, exitium examen rapit :
    Adueniet, fera ueliuolantibus
    Nauibus complebit manus litora

    « Déjà sur la vaste mer on bâtit une flotte rapide ; elle porte un essaim de désastres ; une horde sauvage viendra et couvrira le rivage de navires aux voiles battantes. »

la première occurrence du substantif examen se trouve chez Plaute :

  • Pl. Truc. 313-314 :
    Iam quidem hercle ibo ad forum atque haec facta narrabo seni ;
    Neque istuc insegesti tergo coget examen mali

    « Par Hercule ! je cours de ce pas au forum, je raconterai toutes ces choses au vieillard ; et je ne laisserai pas s’accumuler sur mon dos l’essaim de coups de bâton qui se prépare.» (traduction J.-F. Thomas)

Il est remarquable que ces deux premières occurrences présentent un emploi métaphorique qui relève de l’« animation » expressive ou plaisante de malheurs anticipés par le locuteur.

3.0.2. Répartition et distribution des occurrences dans les textes au cours de la latinité

Cf. §4.2.D. : si la fréquence moyenne d’examen est relativement stable au cours de la latinité, ses différentes valeurs sémantiques connaissent une nette stratification chronologique du point de vue de leur apparition dans les textes.

Les premières occurrences d’examen concernent uniquement le sens concret « essaim, troupe » (§4.2.A.) ; à partir de l’époque augustéenne interviennent concurremment les sens liés au processus de pesée (§4.2.B.) ; enfin, dans la littérature chrétienne, s’ajoutent les emplois qui relèvent de la notion de iudicium, c’est-à-dire « examen, analyse » (§4.2.C.).

3.0.3. Fréquence comparée des formes flexionnelles

3.1. Distribution diachronique (périodes d’attestation)

Période Nombre d’occurrences Fréquence relative
(pour 1 000 000 mots)
IIIe - IIe s. av. J.-C. 2 8
Iers. av. J.-C. 25 14
Iers. ap. J.-C. 89 33
IIes. ap. J.-C. 11 10
IIIes. ap. J.-C. 17 26
IVes. ap. J.-C. 121 20
Ves. ap. J.-C. 234 20
VIes. ap. J.-C. 195 32
VIIes. ap. J.-C. 59 30
Total 753 23

3.2. Distribution diastratique (diaphasique)

Le substantif examen est surtout usité en poésie, ce que facilite sa structure métrique, et, pour des raisons évidentes, dans la prose technique engagée dans la description de la nature du +1er s. (Pline l’Ancien, Columelle), avant d’acquérir son sémantisme de processus intellectuel dans la prose savante chrétienne.

3.3. Distribution diatopique (dialectale, régionale)

3.4. Distribution par auteur, par œuvre

Conformément à la répartition évoquée en § 3.2, examen est quasiment absent de la prose classique (4 occurrences chez Cicéron, fréquence relative 4 ; 0 occurrence chez César), où il n’a jamais le sens d’« examen, analyse ».

On trouve principalement examen chez les poètes augustéens (Virgile : 5, fréquence relative 57 ; Horace : 4, fréquence relative 89), puis dans la prose technique de description de la nature (Columelle : 41, fréquence relative 375 ; Pline : 18, fréquence relative 45), les poètes flaviens (Stace : 8 occurrences, Silius Italicus : 22 occurrences), et enfin les Pères de l’Église (Ambroise : 41 occurrences, Augustin : 67 occurences). Chez ces derniers, il accompagne l’essort du verbe exāmĭnāre dans son sens de « mettre en œuvre un processus de discernement intellectuel ».



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